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"Un texte inacceptable et perfide!" Les avocats ont manifesté à Grasse pour sauver le secret professionnel

Ce mardi midi, les avocats du barreau de Grasse ont manifesté devant le Palais de justice. La profession s’oppose à un article du projet de loi pour la confiance dans l’institution judiciaire qui menace le secret professionnel dans ses fonctions de conseil.

Gaëlle Arama Publié le 16/11/2021 à 14:40, mis à jour le 16/11/2021 à 19:40
Derrière le bâtonnier Me Fabrice Maurel, une quarantaine d’avocats ont manifesté ce mardi sur les marches du Palais de justice de Grasse. Photo Dylan Meiffret

"Secret professionnel protégé = confiance préservée". Une haie de pancartes bardées de ce slogan et d’un visage esquissé, doigt sur les lèvres, s’est formée ce mardi midi sur les marches du Palais de justice de Grasse. Une quarantaine d’avocats en robe ont manifesté pour sauver le secret professionnel dans l’exercice de leurs fonctions de conseil. La mine grave et dans le calme. L’inquiétude est palpable.

"Suspicion inacceptable"

"Ce projet de loi (article 56, 1 et 2) prévoit que les conseils dispensés par l’avocat ne seront pas couverts par le secret, en matière économique et financière. Le secret n’est pas un privilège au profit des avocats mais une garantie au service des citoyens" a alerté au micro Me Rosanna Lendom, porte-parole du SAF (Syndicat des Avocats de France). Le texte pourrait créer une défiance vis-à-vis de la profession. Car le secret ne pourra plus être opposé si les conseils des avocats, ont permis, de façon non intentionnelle, de commettre une infraction. "Inacceptable qu’on crée une suspicion de complicité dans la commission d’une infraction! L’action de l’avocat, c’est la base d’un État de droit" a lancé Me Romain Tafini, président de l’UJA (Union des Jeunes Avocats) de Grasse.

"L’avocat n’est pas l’ennemi de la vérité judiciaire"

Pour Me Fabrice Maurel, bâtonnier de Grasse, "le secret partiel n’est plus un secret". Et de rappeler "que l’avocat n’est pas l’ennemi de la vérité judiciaire".

 

"S’il y avait levée du secret professionnel, je me sentirais trahi, commente un justiciable devant le Palais de justice alors que les derniers fumigènes se dissipent. Comment être bien défendu dans ces conditions?"

Alors que le projet de loi est examiné ce mardi après-midi par l’Assemblée nationale, on sait qu’un amendement a d’ores et déjà été proposé. Mercredi, une quarantaine d’avocats du barreau de Grasse seront à Paris devant le Sénat où le texte doit être débattu.

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