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Un Tannhäuser en français et en couleurs

Splendide représentation de l'opéra de Wagner, hier Salle Garnier

André PEYREGNE Publié le 20/02/2017 à 05:03, mis à jour le 20/02/2017 à 05:03
Dans la luxure de l'antre de Venus, à l'acte I.
Dans la luxure de l'antre de Venus, à l'acte I. Alain Hanel / OMC

Des fleurs, des fleurs, une scène couverte de fleurs. Et, dans la fosse, le fleuve voluptueux de la musique de Wagner qui commence à couler. Ainsi débute Tannhäuser, l'opéra qui est donné depuis hier en la Salle Garnier, dans l'histoire duquel le héros se vautre au début dans la luxure de l'antre de Vénus et ira, à la fin, chercher la rédemption à Rome.

Le spectacle qu'a mis en scène Jean-Louis Grinda, directeur de l'opéra de Monte-Carlo, est de toute beauté. Il n'y a pas de décor mais un écran hémisphérique qui englobe toute la scène et sur lequel sont projetées des images. Ce mélange de vidéo et de Wagner est saisissant. Les couleurs foisonnent. Les visions magnifiques abondent - jusqu'à ce tableau d'hiver, de neige, d'étoiles et de givre sur lequel s'achève le dernier acte. La réussite est totale.

Distribution de luxe

Le spectacle, qui a été donné hier devant une salle comble et en présence du prince Albert II, restera à plusieurs titres dans les annales de l'Opéra. Ce qui nous est proposé est la version française historique de cet ouvrage, créée à l'Opéra de Paris en 1861, qui suscita un scandale à l'époque mais pour laquelle Baudelaire cria au génie.

 

Entendre Tannhäuser en français, cela étonne au début. On a l'impression d'assister à un spectacle qui parle en Massenet et qui chante en Wagner. Mais on s'habitue. La musique de Wagner reprend le dessus et enveloppe le tout de sa magie.

Autre particularité du spectacle : la direction d'orchestre est confiée à une femme venue du baroque, Nathalie Stutzmann. Là, aussi, la réussite est totale. Nathalie Stutzmann obtient de son orchestre tout le lyrisme, toute l'ampleur qui conviennent, mais en insistant ici ou là sur tel accent, sur tel ralenti, sur telle ponctuation qui apportent sa signature, comme elle le ferait avec un ensemble baroque.

Les chanteurs. On a affaire à une distribution de luxe. En tête José Cura, à la voix héroïque. À ses côtés l'Elisabeth d'Annemarie Kremer, la Venus d'Aude Extremo, et le magnifique duo d'hommes de Jean-François Lapointe et William Joyner. Tous méritent autant de fleurs qu'il y a sur scène au début.

Enfin les chœurs. Magnifiques ! Wagnériens ! France-Télévision diffusera intégralement ce Tannhäuser. La France entière mérite de voir ce spectacle tout en Cura et en couleurs !

Offre numérique MM+

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