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Un "post" sur internet stoppe une vente solidaire pour les sinistrés de la Roya

Mis à jour le 05/12/2020 à 19:50 Publié le 05/12/2020 à 19:45
Une quantité astronomique de vêtements est encore sur les portants au gymnase.

Une quantité astronomique de vêtements est encore sur les portants au gymnase. Photo A.D.S

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Un "post" sur internet stoppe une vente solidaire pour les sinistrés de la Roya

Face à l’afflux de dons de vêtements et de petit électroménager, le maire de Breil-sur-Roya avait prévu une braderie au profit des communes sinistrées. Une polémique a coulé le projet.

Le gymnase de Breil, lieu de stockage des dons pour les sinistrés ces deux derniers mois, se retrouve au cœur d’une polémique qui résonne à grand bruit dans le landerneau breillois.

La vente des surplus de dons, qui devait se tenir ce week-end, a été annulée après que des messages sur Facebook ont mis en doute la moralité de cette vente.

Depuis deux mois, sans relâche, les bénévoles du gymnase reçoivent, trient, emballent des tonnes de denrées alimentaires, de produits d’hygiène, de vêtements, etc. En réponse à l’appel solidaire ou par initiative privée, un afflux sans précédent a permis de nourrir et habiller des centaines de sinistrés.

Vider le gymnase

Aujourd’hui, la commune a décidé de rendre au gymnase son but initial, la pratique du sport. Deux raisons à cela. D’une part, les associations humanitaires (Secours populaire et Aide humanitaire des pompiers) ont pris le relais pour aider les sinistrés. D’autre part, les enfants des écoles et collèges ont besoin d’un lieu pour pratiquer une activité physique ailleurs que dans la cour de l’école.

Afin d’écouler la quantité astronomique de vêtements, vaisselle et petit électroménager restants, ainsi que de gérer les 400 cartons de vêtements triés et déposés sur le quai B de la gare de Breil. Des cartons qui, après avoir été envoyés à une association dans le haut de la vallée, ont été refusés par celle-ci et retournés illico.

Le post qui divise les Breillois

Face à cette situation, la commune de Breil avait décidé d’organiser une vente à petits prix dont le bénéfice serait redistribué équitablement par la Carf aux communes sinistrées. Une vente solidaire, en somme, comme en font les associations humanitaires avec les dons qu’elles reçoivent.

C’était sans compter sur la réaction des réseaux sociaux à l’annonce de cette vente. Dès l’annonce de cette action, est apparu un message posté sur toutes les pages d’entraide de la Roya - en l’occurrence, huit ou neuf fois - remettant en question la moralité et l’honnêteté d’une telle décision: peut-on revendre ce qui a été donné et à qui iront les fonds ?

Les pour et les contre ont sauté sur l’occasion en enflant une polémique dont nul n’a besoin en ces temps difficiles. Ce post a ainsi alimenté une vague de soupçon, une croisade contre le travail des bénévoles, seuls vrais héros de cette malheureuse histoire.

Et maintenant ?

Jeudi, la Carf a sifflé la fin du combat. En se retirant de l’opération de redistribution équitable des bénéfices et en imposant à la commune d’ouvrir les portes du gymnase pour une distribution gratuite du surplus.

Dès lors, il ne reste plus que deux options : la distribution contrôlée et équitable, dont la date n’est pas encore fixée, ou le don aux associations. Encore faut-il qu’elles viennent récupérer quelque 500 cartons de vêtements et quasiment autant de vaisselle…

En tout, 500 cartons triés dont 400 refusés et retournés sont sur le quai B de la gare.
En tout, 500 cartons triés dont 400 refusés et retournés sont sur le quai B de la gare. Photo A. D.S
Fanny, Abdallah, Boris et les autres

C’est l’incompréhension chez les bénévoles du gymnase.

Depuis deux mois, celles et ceux qui ont choisi d’aider, qui ont donné leur temps et leur dévouement sans compter, se sentent déconsidérés.

"Cette vente, c’était une belle façon de conclure deux mois d’efforts. Les associations humanitaires font ça tout le temps, ce qu’ils ne donnent pas, ils le vendent pour alimenter leurs actions. Vous croyez que les jouets de la bourse humanitaire de ce samedi, ce sont des jouets qu’ils ont achetés ? Non ça provient de dons et personne n’y trouve à redire."

Les bénévoles ajoutent : "Quatre cents cartons que nous avons triés sont partis au Secours populaire dans la Haute Roya, ils nous les ont renvoyés : vous trouvez ça normal ? On nous fait un procès d’intention. Ce qui nous attriste le plus, c’est que sur le long terme, des personnes généreuses vont perdre la confiance qu’elles avaient en nous."

Voilà résumées en quelques phrases les réactions attristées des bénévoles après "la polémique des invendus".

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