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Un petit-déjeuner salé sur le thème de la qualité de vie

Mis à jour le 19/06/2019 à 10:07 Publié le 19/06/2019 à 10:07
Stéphane Valeri à la tribune.

Stéphane Valeri à la tribune. Conseil national

Un petit-déjeuner salé sur le thème de la qualité de vie

Les échanges ont été vifs hier entre Marie-Pierre Gramaglia et Stéphane Valeri à la JCEM

Il n’y avait que des viennoiseries au menu mais Stéphane Valeri et Marie-Pierre Gramaglia semblaient avoir mangé du lion, hier.

Le premier, à la tribune, était l’invité de la Jeune chambre économique de Monaco (JCEM) pour intervenir sur la qualité de vie en Principauté, réclamant au gouvernement « davantage d’audace » dans ce domaine. La seconde, parmi les invités, n’a guère apprécié le ton de la conférence du président du Conseil national, lui répondant sur plusieurs sujets d’achoppement.

Stéphane Valeri a choisi la qualité de vie comme thème fondamental, « afin de tout faire pour qu’elle arrête de se dégrader ». À la tribune, il a détaillé tous les points noirs en Principauté, avant de chercher un équilibre entre le développement économique et la régulation des chantiers. Parmi ses propositions : décaler des chantiers non bruyants en soirée ou le week-end, imposer les sarcophages acoustiques aux promoteurs, développer les navettes maritimes. Et même lancer le téléphérique depuis le Jardin exotique jusqu’à Fontvieille. Il ne s’était pourtant jamais montré favorable au projet qui permettrait d’utiliser à bon escient le parking de dissuasion en construction. « Je ne suis pas enthousiaste mais c’est une mesure rationnelle », souffle-t-il.

Les travaux

Premier achoppement ? Les travaux de voirie qui ont duré sept mois au bas du boulevard du Jardin-Exotique. Pas acceptable pour Stéphane Valeri. « Nous sommes entrés dans le Guinness des records. Parfois il y avait plus d’ouvriers pour faire la circulation que pour travailler. On ne peut pas bloquer la circulation sept mois pour 200 mètres de travaux. »

Marie-Pierre Gramaglia lui répond : « Ce sont des travaux très longs car nous avons mutualisé toutes les interventions des différents concessionnaires dans ces tranchées. Et nous ne pouvons pas ouvrir plus de 30 mètres linéaires dans une chaussée à la fois, de manière à permettre le passage des camions de pompiers. »

Argument rejeté : « Toutes les explications techniques que l’on va nous donner ne sont pas recevables par les élus des Monégasques. »

La gratuité des bus

Sur le sujet de la gratuité des bus, le débat s’est crispé un peu plus. Stéphane Valeri veut rendre gratuits les bus, de manière à inciter les automobilistes à les emprunter. « On a 20 ans de retard sur ce sujet », plaide-t-il, citant les exemples de villes comme Aubagne ou Dunkerque où la fréquentation a été largement dopée par la gratuité.

Une « fausse bonne idée, selon Marie-Pierre Gramaglia. Depuis 2014, la gratuité a augmenté de façon considérable ; 18 000 personnes en bénéficient à Monaco (scolaires, seniors), mais la fréquentation a baissé. Preuve que la gratuité des bus n’aura aucune incidence sur la circulation et aura un coût de 5 millions d’euros par an pour la Principauté, que nous pourrions investir dans d’autres équipements. »

« De la démagogie ! »

Un argument, là encore, pas recevable pour Stéphane Valeri : « Donc au Luxembourg, qui va décréter la gratuité sur son territoire, ce sont des abrutis ? Les villes scandinaves qui pratiquent cette politique, des débiles ? Pourquoi vous faites cette gratuité pour afficher une image de ville modèle pour la journée de l’Environnement si vous n’y croyez pas ? On a investi 5 millions d’euros à Beausoleil pour les escalators et nous en sommes satisfaits, on ne peut pas mettre la même somme à Monaco ? »

Quelques applaudissements dans la salle. « C’est de la démagogie », lui répond Marie-Pierre Gramaglia. Nous voulons investir là où ça apporte quelque chose. La gratuité des bus, ça n’apportera rien. Les ratios recettes sur dépense des villes que vous avez citées le prouvent, vous ne sortez que les éléments qui vous intéressent. D’ailleurs, Paris a renoncé à la gratuité des transports en commun. »

Réponse de Stéphane Valeri : « On en reparlera au Conseil national, et on va vous trouver 5 millions d’euros dans le budget de l’État de dépenses beaucoup moins utiles, que le gouvernement pourrait économiser, et les transférer pour une année en faveur de la gratuité des bus. »

Dans la salle, on mesure les difficultés qu’ont le gouvernement et le Conseil national à se comprendre, parfois. « On s’aime beaucoup mais c’est la force de nos institutions », désamorce Stéphane Valeri.

Des idées ont fusé, tout de même. Beaucoup de bruit pour rien ? L’avenir le dira.

Marie-Pierre Gramaglia.

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