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Un méga projet immobilier soulève l'opposition des riverains et des associations sur la Riviera française

Mis à jour le 16/02/2021 à 07:40 Publié le 16/02/2021 à 07:40
Le projet prévoit 134 logements sociaux et 125 logements en accession libre en résidence services seniors.

Le projet prévoit 134 logements sociaux et 125 logements en accession libre en résidence services seniors. (DR)

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Un méga projet immobilier soulève l'opposition des riverains et des associations sur la Riviera française

Dans le quartier de Grima à Beausoleil, sur l’ancienne carrière Laurens, un projet de 259 logements n’est pas du goût des riverains et associations. Une pétition a réuni 39.107 signataires. Le promoteur Nexity répond.

La protection et le devenir du quartier de Grima et de sa forêt ne datent pas d’hier. En tout temps, des voix se sont élevées pour défendre mordicus cette zone naturelle, nichée au-dessus de la Moyenne corniche, contre une potentielle urbanisation croissante.

Lucien Bella, par exemple, y a consacré plusieurs décennies de sa vie associative et politique. Un futur projet immobilier de 259 logements (dans le prolongement d’un parc naturel et paysager voulu par la municipalité), envisagé par le promoteur Nexity sur l’ancienne carrière Laurens, a suscité, le 9 janvier, une nouvelle levée de boucliers.

Un rassemblement de 80 personnes avait été organisé pour protester contre l’implantation de ce nouveau quartier résidentiel.

Le jour même, le collectif apolitique "Le trésor vert de Grima", à l’origine de la manifestation, écrivait une missive au maire de Beausoleil pour argumenter son opposition. Depuis, une pétition en ligne a comptabilisé 39.107 signataires.

De plus, des amoureux de Grima ont écrit leurs observations dans le cadre d’une enquête publique, clôturée il y a une semaine.

Une étape indispensable puisque le projet nécessite la révision du plan local d’urbanisme: le secteur étant, pour l’heure, toujours classé en zone naturelle.

Défrichement de 2,45 ha

Le potentiel défrichement de 2,45 hectares provoque l’ire d’Isabelle Tallarida et Claire Morvan, porte-parole du collectif.

"Il y a un potentiel d’accueil très important de la biodiversité, notamment dans les falaises. On pense, et on n’est pas les seuls, qu’il n’est plus raisonnable de construire sur une zone naturelle abritant des espèces protégées, à deux pas d’un des États les plus denses au monde, sans avoir examiné les autres solutions existantes en termes de logement", argumentent-elles, brandissant au passage l’avis de la Mission régionale d’autorité environnementale PACA (MRAe) datant de septembre dernier.

Outre la présence d’habitats et espèces protégées et patrimoniales, l’entité soulève la difficulté d’accès par la voirie communale existante, la non-desserte par les transports collectifs et de potentiels risques naturels (chutes de bloc et circulation des eaux souterraines).

"La MRAe recommande que des compléments substantiels soient apportés au dossier pour permettre une analyse approfondie et détaillée des conséquences du projet sur la biodiversité et sur le paysage mais aussi pour la mise en place des mesures d’évitement, de réduction d’impact et de compensation appropriées", peut-on lire.

"Enjeu de santé mentale"

Dans une réponse adressée à la MRAe, Nexity avait répondu point par point aux recommandations et réserves. Sur l’accessibilité et la desserte comme sur les risques naturels ou enjeux environnementaux.

Il est, entre autres, question de la mise en place d’une navette électrique par le gestionnaire de la résidence services seniors pour rallier le centre-ville de Beausoleil.

Quant à la construction de 217 places de parking, le collectif l’estime sous-dimensionné (sur ce point, Nexity affirme se baser sur les retours d’expérience des résidences seniors où l’utilisation de la voiture n’est pas majoritaire), impliquant "un enjeu de sécurité sur la voirie dans un secteur déjà saturé".

Elles évoquent aussi un "enjeu de santé mentale que représente la préservation des espaces naturels. On s’est rendu compte, lors du premier confinement, de l’importance et des bienfaits de se promener, de respirer."

Une concertation voulue

Sollicité, Nexity joue la carte de l’apaisement.

"On travaille sur des terrains nus donc, en effet, on vient changer l’environnement mais le maître-mot de notre approche, c’est la concertation, assure Lionel Seropian, directeur régional de Nexity. Les études ont mis en lumière les espèces à protéger et comment on pouvait adapter les aménagements des sites. On essaye d’être vertueux. On est tout à fait disposé à rencontrer les gens pour construire avec eux en prenant en compte les contraintes. Il y a un équilibre à trouver et celui-ci se fait dans l’échange et le partage des informations."

Steven Reynaud, l’interlocuteur local de Nexity, embraye: "Toute la partie basse du site, où les espèces sont protégées, devient naturelle et inconstructible. Il y a juste le fond de la carrière, où le projet va s’implanter, qui passe en zone urbaine."

Un quartier résidentiel de 259 logements

En friche depuis bon nombre d’années, l’ancienne carrière Laurens pourrait donc changer de visage. Qu’est-il prévu sur cette emprise foncière où la nature a repris ses droits ?

Le projet immobilier mené par Nexity porte sur 1,55 hectare dont 3.462 m² à construire – avec une superficie de plancher de 16.000m² – et 12.038 m² consacrés à l’espace naturel.

"On parle ici d’une opération en mixité sociale avec la réalisation de 134 logements locatifs sociaux, privilégiant le vivre-ensemble multigénérationnel, et 125 logements en accession libre en résidence services seniors. Il y aura des services de restauration, de soins médicaux, de portage de repas, un coiffeur, un ostéopathe, des animations", détaille Gérard Spinelli, maire de Beausoleil. La hauteur des deux bâtiments, de sept étages, masquera le front de taille de l’ancienne carrière.

217 places de parking et réaménagement de voies

La majorité du stationnement se trouvera en sous-sol: 217 places automobiles et deux-roues sont prévues, dont 13 en extérieur.

Il est également prévu de réaménager le chemin de la Turbie Supérieur afin de créer un accès sécurisé et compatible avec le projet, en réaménageant sa partie ouest et en créant un tronçon de voie nouvelle à l’est.

Que pense l’édile de la fronde du collectif ? "Construire crée des nuisances et des oppositions, reconnaît-il. Ce n’est pas une volonté politique délibérée de construire. On le fait pour répondre aux besoins exprimés par la population d’habiter Beausoleil avec des loyers raisonnables mais aussi pour répondre aux obligations légales de la loi SRU."

Entre 2020 et 2022, la ville est censée construire 487 logements sociaux. "L’intérêt de ce projet, pour nous, ce sont ces 132 logements sociaux. Si des personnes soulèvent des problèmes, on les examinera avec les services spécialisés. On regardera si le projet correspond à tous les critères, si toute la légalité est respectée. S’il y a un problème environnemental ou autre, on ne construira pas. L’État comprendra qu’on aura des contraintes."

L'avis de l'enquête rendu le 9 mars

Dans le cadre de l’enquête publique, les Beausoleillois ont eu 34 jours, du 7 janvier au 9 février, pour prendre connaissance du dossier et faire part de leurs remarques.

"J’en ai recensé 200, par mail, par courrier et sur le registre. J’ai remis le procès-verbal des observations à la municipalité le 11 février", détaille Alice Barbier.

La commissaire enquêtrice, missionnée par le tribunal administratif de Nice, a un mois pour rédiger un rapport et le remettre à la Ville de Beausoleil qui est le maître d’ouvrage du projet.

"Dans ce rapport, j’émets un avis favorable ou défavorable, rapporte la commissaire enquêtrice. Il doit être motivé par des raisons juridiques et financières. On retrouve deux conclusions motivées. La première : si oui ou non le projet est d’intérêt général. La deuxième : si oui ou non il est intéressant de modifier le Plan local d’urbanisme."

Et de préciser : "Mon avis n’est que consultatif. Le conseil municipal peut, quoi qu’il arrive, décider d’approuver le projet. Par exemple, s’il le fait alors que l’avis est défavorable, il sait pourquoi il risque d’être attaqué."

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