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Un marquage de thons rouges au large de Monaco

Mis à jour le 26/07/2019 à 10:20 Publié le 26/07/2019 à 10:20
Au départ du Yacht-club de Monaco, une vingtaine d’unités et plus de cent pêcheurs participeront à ce tournoi de pêche sportive. Chaque poisson pêché sera relâché. Un marquage de thons rouges sera organisé avec un protocole spécifique à respecter. 	(DR)

Un marquage de thons rouges au large de Monaco

Demain, la Fédération de pêche en mer monégasque organise un tournoi de pêche sportive. L’occasion de placer des « tags » sur les thons rouges pêchés avant de les relâcher en milieu naturel

Attrapez, marquez, relâchez ! » Ainsi pourrait se résumer le triptyque du tournoi de pêche sportive qui se jouera demain au large de la Principauté. A six heures pétantes, près de vingt-cinq unités avec plusieurs pêcheurs à bord s’enfonceront dans l’immensité bleue au cœur d’une zone prédéfinie (1). But du jeu : pêcher et marquer le plus de poissons. Et plus la prise est imposante - une toise permet de la mesurer - plus le pêcheur engrange de points.

Spécificité du concours, aucun des poissons capturés - qu’il soit un thon rouge, un coryphène ou un lancier - ne finira dans l’assiette. « Aucun poisson n’est ramené au port sinon l’équipe est disqualifiée. Tous ceux attrapés sont systématiquement relâchés », explique Guillaume Benoit, vice-président de la Fédération de pêche en mer monégasque, organisatrice de l’événement.

Un protocole spécifique

Sensible à la pêche éthique depuis son réveil en 2017 - elle était en sommeil depuis 1991 - l’association profite donc de ce tournoi, deuxième du nom, pour participer à un programme de marquage du thon rouge. Une espèce jadis menacée. « Les stocks étaient menacés, plus que l’espèce elle-même, dans les années 2000 à cause de la surpêche alimentant le marché japonais, confie Bill François, un membre de la Fédération. Il ne restait que 15 % de la biomasse initiale. Aujourd’hui, les stocks sont revenus à des niveaux beaucoup plus importants qu’à l’époque. On ne sait pas si c’est dû à des phénomènes naturels ou aux restrictions appliquées à la pêche industrielle. »

Toujours est-il qu’un suivi scientifique de la population des thons rouges en eaux monégasques s’avère forcément précieux. Trois tags satellites financés par la Fondation Prince Albert II - censés tenir un an sur le poisson avant de livrer les données captées - ont d’ores et déjà été posés en 2018. Demain, ce seront une centaine de tags conventionnels, dits « Spaghetti », qui seront insérés dans la dorsale du poisson. Une petite tige d’une quinzaine de centimètres sur laquelle est indiqué le nom de l’organisme « récolteur », à savoir l’Iccat (2), ainsi que les coordonnées de retour en cas de nouvelle capture du poisson « fiché ». Et, rassurez-vous, l’insertion se fait dans les règles de l’art. « Il y a un protocole spécifique à respecter : n’utiliser qu’un hameçon (si possible dépourvu d’ardillons, NDLR), sortir le poisson avec une épuisette, lui couvrir les yeux pour éviter le stress, un tuyau pour l’oxygéner. Tout est filmé et scruté par l’organisation », prévient Guillaume Benoit.

Étudier et protéger le thon

L’objectif de ce marquage est de fournir à la communauté scientifique des données et informations sur le comportement des thons rouges. « Cela permettra de suivre le déplacement des populations et de connaître les stocks de thons rouges qui sont présents au large de nos côtes. Savoir si ce sont des poissons de passage, sédentaires ou s’ils viennent seulement ici pour se reproduire, poursuit-il. S’il s’agit du dernier cas, il faudra éviter ce qu’il s’est passé dans les années quatre-vingt-dix avec ces chaluts qui arrivaient au large de Monaco et qui faisaient des carnages en deux ou trois coups de filets. Au même titre que le sanctuaire Pelagos, ce serait bien de faire un sanctuaire pour les thons, du moins pour la pêche professionnelle. »

Mieux les étudier pour mieux les protéger, donc.


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