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Un jour de formation à marquer d'une pierre sèche

Mis à jour le 19/10/2018 à 05:02 Publié le 19/10/2018 à 05:02
À terme, les agents municipaux seront à même d'entretenir les murs.

À terme, les agents municipaux seront à même d'entretenir les murs. J.-François Ottonello

Un jour de formation à marquer d'une pierre sèche

Pour la première fois, des agents des communes de la Carf ont pu participer, mercredi, à un atelier de reconstruction d'un mur au parc du Pian. Un savoir-faire qui pourrait s'avérer très utile

Que celui qui ne s'est jamais exercé pose la première pierre. Au parc du Pian, mercredi, des agents municipaux - volontaires - ont participé à une journée de formation à la restauration de murs en pierres sèches. Un savoir-faire ancestral que la Communauté d'agglomération de la Riviera française (Carf) souhaite promouvoir. Pour des questions historiques, esthétiques, écologiques, mais aussi pratiques. Et pour cause : cette technique d'assemblage permet de prévenir les risques d'inondation.

Pour apprendre à la dizaine de participants les règles de cet art, deux groupes ont été constitués. D'un côté : les Mentonnais. De l'autre, des techniciens des espaces verts de Roquebrune, Beausoleil, Castellar et La Turbie. Pour les encadrer : un formateur du CAUE (Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement), Joël Serra, et un murailler professionnel, Alain Régis. Tous deux bien décidés à laisser les « élèves » mettre la main à la pâte. Sans pour autant les perdre de vue. « On casse la pierre avec un têtu, pas avec une massette », ne manque pas de faire remarquer Joël Serra au préposé à la création de petites roches pour combler.

Un véritable enjeu

« On monte un mur à la paysanne. On ne taille pas les pierres, ici. Cela se faisait davantage à l'est du département, dans des territoires historiquement plus riches », indique-t-il. Soulignant que l'excellence en matière de constructions en pierres sèches reste les contours du chemin de fer de Provence. Réalisés par des équipes d'Italiens qui venaient en tant que saisonniers. Quant à la méthode d'assemblage, elle est assez simple. « Nous avons d'abord tout démonté, puis trié. Ensuite, il a fallu refaire l'assise. Puis poser les premières pierres, avec des faces patinées de préférence - pour qu'il n'y ait pas de tâches blanches au milieu du mur, et parce que c'est plus simple à emboîter. Ensuite, on fait la rase. Puis on clave tous les quatre mètres pour solidifier. » Ne reste plus qu'à bien charger l'arrière du mur avec de petites roches. Par souci d'économie de l'effort, les plus grosses pierres sont installées à la base ou en haut de la construction. De manière à parer, aussi, aux assauts des sangliers.

Aux côtés des muraillers du jour, Alain Régis rappelle pour sa part un grand principe. « La pierre, on la prend et on la pose à plat. Si elle bouge, on la cale avec une autre. La force du mur, c'est le frottement entre les pierres. » Poser, caler, remplir. Un rythme ternaire qui entête le maître murailler.

Une formation grand public demain

Si la formation des agents municipaux - puis du grand public, demain - apporte clairement une première pierre à l'édifice, le projet de restauration de l'ensemble des ouvrages en pierres sèches constitue un vrai enjeu pour la Carf. Ne serait-ce qu'à l'échelle de la ville de Menton, d'autres chantiers pourraient être envisagés aux jardins Maria Serena ou Serre de la Madone.

« On fait actuellement un travail de recensement sur toutes les communes. Et on chiffre. Il ne sera pas possible de tout faire en interne, nous devrons faire appel à un groupement de professionnels, mais les agents formés pourraient gérer l'entretien », souligne Marine Leproust, chargée de valorisation du patrimoine culturel et touristique à la Carf. Ajoutant que pour envisager aller plus loin dans la démarche, il faudra solliciter des subventions. Les travaux en question représentant un coût considérable. « Beaucoup des communes sont intéressées, poursuit-elle. En termes de communication, c'est un atout de dire qu'elles entretiennent leur patrimoine. » Même quand il est - comme pour cet artisanat - immatériel.


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