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Trouver des solutions lorsque la vessie fuit

Mis à jour le 12/01/2020 à 10:19 Publié le 12/01/2020 à 10:19
Difficile de savoir combien de personnes souffrent de fuites urinaires : beaucoup (trop) n’osent pas en parler. Dommage car des solutions existent.

Difficile de savoir combien de personnes souffrent de fuites urinaires : beaucoup (trop) n’osent pas en parler. Dommage car des solutions existent. Ax. T. et illustration M. Alesi

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Trouver des solutions lorsque la vessie fuit

Soins L’incontinence urinaire concerne nombre de femmes et peut gâcher la vie. Pourtant la rééducation périnéale, les traitements médicamenteux ou chirurgicaux donnent de bons résultats

Arrêter le jogging, programmer ses sorties en fonction des wc accessibles sur son parcours, craindre d’éternuer... Les problèmes d’incontinence urinaire peuvent avoir des répercussions majeures sur le quotidien. Certes il ne s’agit là que d’une pathologie fonctionnelle sans répercussion sur la santé. Pour autant, elle ne doit pas être minimisée car elle peut induire un stress important voire de l’anxiété ou de la dépression tant elle joue sur le mental. « Nombre de femmes sont concernées, que ce soit après un accouchement ou à la ménopause. Mais beaucoup hésitent à en parler, alors qu’il existe des solutions. »

Les Drs Hervé Quintens et Aurélie Floc’h, urologues au CHPG (centre hospitalier Princesse-Grace), ont adopté une approche globale. Car l’incontinence urinaire n’est pas cantonnée à la sphère urologique ; d’autres aspects entrent en jeu dans la survenue de ces fuites tant redoutées : le surpoids notamment, la constipation ou encore l’imprégnation hormonale. « Nous sommes en train de réunir une équipe multidisciplinaire dédiée à ce trouble, composée d’urologues, de gastro-entérologues, de gynécos, de kinés, etc. La collaboration entre tous ces professionnels va permettre une meilleure prise en charge du patient », résume le Dr Quintens, chef du service d’urologie de l’établissement.

Un calendrier mictionnel

Première étape de la prise en charge : l’interrogatoire. « Il s’agit d’abord d’identifier de quel type d’incontinence il s’agit : d’effort (les fuites surviennent par exemple lors du port de charges, en éternuant, en pratiquant un sport - c’est la plus répandue) ; liée à une hyperactivité vésicale (la patiente décrit un besoin urgent et incontrôlable d’uriner) ou mixte, détaille le Dr Floc’h. Pour établir le diagnostic, nous nous basons sur un calendrier mictionnel : pendant deux jours, la personne note les heures auxquelles elle va aux toilettes et les volumes d’urine. »

Grâce à certains examens, à l’instar d’un ECBU (examen cytobactériologique des urines) qui permet d’identifier une éventuelle infection ou d’un bilan urodynamique (pour jauger la manière dont se vide la vessie), le médecin va pouvoir éliminer d’autres pathologies possibles. Et lorsque le diagnostic d’incontinence urinaire est formellement posé, il peut proposer une prise en charge individualisée à la patiente, qui dépendra de son mode de vie, de ses contraintes mais aussi de ses attentes. « Des mesures hygéno-diététiques peuvent déjà être adoptées telles que la diminution de la consommation de thé, café, alcool et tabac mais aussi le traitement de la constipation. »

Rééducation périnéale

S’agissant d’une incontinence d’effort, premier traitement réside dans la rééducation périnéale. Un kiné spécialisé va aider la patiente à remuscler son périnée, qui a pu être malmené lors d’une grossesse ou dont les tissus se sont un peu relâchés en vieillissant. « Dans la majorité des cas, cela donne de bons résultats, souligne le Dr Quintens. Mais parfois, les fuites ne disparaissent pas totalement. Tout dépend alors de la demande et du ressenti de la patiente. On peut s’en tenir à cela, mais si elle ne supporte vraiment, pas la moindre goutte d’urine, on peut alors proposer quelques séances supplémentaires de kiné, ou opter pour un traitement chirurgical. »

L’opération classique consiste en la pose d’une bandelette sous-urétrale, qui va soutenir l’urètre et permettre la bonne vidange de la vessie. « Attention, prévient le Dr Floc’h, la bandelette ne donnera des résultats que si l’indication est préalablement bien posée. » Ce dispositif n’aura donc pas d’intérêt s’agissant d’une incontinence liée à une hyperactivité vésicale. « Dans ce cas de figure, la rééducation périnéale pourra être proposée (lire encadré). »

Il reste que, quel que soit le type d’incontinence, il est important de prendre conscience qu’elle peut être maîtrisée. Non, le port de protections urinaires ne vous rendra probablement pas aussi guillerette que la dame de la publicité. Avant d’en arriver là, pourquoi ne pas essayer de les éradiquer, ces fuites qui vous gâchent tant le quotidien ?

Lorsqu’il semble impossible de se retenir d’uriner, c’est que la vessie souffre d’hyperactivité. La première chose que les médecins peuvent suggérer est une prise en charge basée sur les thérapies comportementales et cognitives. « L’objectif est d’aider la patiente à prendre conscience de sa vessie, qu’elle peut attendre avant de retourner aux toilettes où elle est déjà allée une demi-heure auparavant... Un travail de réassurance va permettre de diminuer le stress qu’elle peut ressentir », indique le Dr Quintens.

Si malgré cela, si la rééducation périnéale ne change pas grand-chose alors il est possible de prendre des médicaments (des anticholinergiques ou des bêta-3 agonistes) qui auront pour effet d’atténuer les contractions de la vessie. Toutefois, ils peuvent entraînent des effets secondaires tels que la sécheresse de la bouche, la constipation, etc. Parfois, il faut essayer l’une puis l’autre molécule pour trouver ce qui convient le mieux à la patiente.

Autre possibilité : la stimulation tibiale postérieure. Pour résumer, deux électrodes posées à l’arrière de la jambe vont délivrer de petites impulsions électriques qui stimulent à leur tour les muscles du plancher pelvien. Il suffit de le faire pendant 20 minutes par jour. L’avantage : la méthode est naturelle et non invasive.

Si encore une fois, les résultats ne sont pas satisfaisants, reste l’option chirurgicale. La première est la neuromodulation des racines sacrées (grâce à l’implantation d’une électrode à la troisième racine sacrée). L’inconvénient : le geste est plus invasif. Dernière possibilité : l’injection de toxine botulique dans la vessie qui aura pour effet de la « bloquer ». L’inconvénient : l’effet ne dure que 6 à 9 mois.


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