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Tests, masques, traçage… Comment Monaco prépare l’après

Mis à jour le 17/04/2020 à 15:44 Publié le 17/04/2020 à 11:11
Monaco dispose d’une belle fabrication locale de masques, comme ici, chez Bettina.

Monaco dispose d’une belle fabrication locale de masques, comme ici, chez Bettina. Photo D. Meiffret

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Tests, masques, traçage… Comment Monaco prépare l’après

Pour préparer la levée du confinement dans des conditions optimales, les autorités monégasques développent un plan d’action autour de trois axes majeurs. Des dispositifs à grande échelle.

La crise sanitaire du Covid-19 ne peut pas durer éternellement. Le temps avançant, les esprits, grisés par l’absence de nouveaux cas positifs à Monaco, se focalisent sur l’après.

Ce jeudi après-midi, le conseiller de gouvernement-ministre de la Santé et des Affaires sociales, Didier Gamerdinger, a tenu un point presse, toujours à distance, où commençait à se dessiner la silhouette d’un futur déconfinement.

Un signe qui ne trompe pas: les services de santé, qui étaient ces dernières semaines exclusivement dédiés au Covid-19, vont recommencer à recevoir des patients pour d’autres pathologies.

"Le plan de santé publique, c’est penser Covid, mais c’est aussi penser patient. Et penser au patient, c’est prendre en charge ses autres pathologies sans plus tarder", a détaillé Didier Gamerdinger. Une mesure qui ravira sans doute les praticiens, qui, un peu partout, commençaient à exprimer des inquiétudes sur la santé de leurs patients.

Sans aller jusqu’à dire que ça sent la libération, on peut d’ores et déjà envisager les conditions dans lesquelles se fera la "levée progressive du confinement".

Le conseiller a expliqué hier quelles mesures sanitaires allaient être prises et en a défini les contours. Si les détails de la mise en place restent encore à définir, c’est un plan autour de trois axes que le conseiller Gamerdinger a présenté: les masques, les tests, et le traçage. On vous explique tout.

Les masques

C’est le produit phare du moment. Jetables ou non, faits maison ou industrialisés, ces morceaux d’étoffe ou de papier font l’objet de toutes les attentions.

Si Monaco affirme avoir mis dès le départ tous les moyens dans l’acquisition de ces moyens de protection, les pays producteurs ne l’entendaient pas tout à fait de cette oreille : la France préemptait toute la production de ses usines, idem pour la Chine.

"Nous nous sommes tournées vers le Mexique, la Turquie, la Pologne… Mais les frontières se fermaient toutes au fur et à mesure", explique Didier Gamerdinger.

Slalomant entre les escroqueries et les fausses certifications, la Principauté a réussi à mettre la main sur des stocks de masques: 3,6 millions de masques chirurgicaux et 274.000 masques FFP2 sont aujourd’hui dans les réserves de l’État.

Plus de 9 millions d’euros de commandes sont également en cours. Les masques fabriqués par les sociétés Banana Moon et Bettina à Monaco ont aussi été commandés. "Nous achetons tout ce qui sort de ces productions, et ça, c’est une fierté nationale."

L’objectif : équiper tout le monde. Résidents et salariés, selon deux méthodes distinctes. Des masques en tissus réutilisables pour les résidents, et des masques en papier pour les salariés.

La mairie sera chargée de la distribution des masques en tissu pour les résidents, en commençant dès aujourd’hui par les personnes âgées de plus de 65 ans. Pour cela, la distribution s’appuiera sur les listes de résidents, plus accessibles, et plus stables que les listes de salariés.

Pour les salariés (qui sont encore 26 000 à venir quotidiennement travailler à Monaco, déduction faite de ceux en chômage temporaire et des télétravailleurs), ce sont les employeurs qui pourront s’approvisionner auprès de l’État très prochainement, à raison de deux masques par jour et par salarié.

"Les masques seront rétrocédés à prix coûtant." Dans les commerces de Monaco, les masques sont désormais vendus à des prix encadrés : 2,50 € pour les masques chirurgicaux, 7,50 € pour les FFP2.

Le masque sera-t-il obligatoire ? "A ce stade, notre position c’est de dire que le masque est très fermement recommandé, parce que nous sommes toujours en situation de confinement. Ça nous laisse trois semaines pour bien mener la réflexion pour savoir comment on s’y prend en termes de message public. Tout le monde aura été équipé. Si on équipe tout le monde, ce n’est pas pour laisser les masques dans les tiroirs."

Les tests

Une petite goutte de sang pour savoir si on a été exposé ou si on est porteur de la maladie. C'est le même genre de tests rapides qui sont utilisés pour le dépistage du VIH.
Une petite goutte de sang pour savoir si on a été exposé ou si on est porteur de la maladie. C'est le même genre de tests rapides qui sont utilisés pour le dépistage du VIH. Photo archive Michael Alesi

Lever progressivement le confinement implique d’être en capacité de tester les individus pour établir un bilan épidémiologique du Covid. Pour cela, deux possibilités : les tests rhino-pharyngés, dit PCR, dont 10 à 50 sont pratiqués quotidiennement à Monaco, et les tests sérologiques, qui ne sont pas encore disponibles.

Pour les tests PCR, la capacité de tests à Monaco devrait bientôt augmenter : "Le centre scientifique de Monaco dispose du matériel nécessaire pour les faire, il leur manque seulement les réactifs. Une fois qu’ils les auront reçus, ils seront en capacité de traiter une centaine de tests chaque jour."

L’autre piste, ce sont les tests sérologiques. Plusieurs produits sont actuellement sur le marché, sans qu’aucun n’ait pour l’instant été officiellement validé. "Ces tests permettent de savoir si vous avez été en contact avec la maladie, ou si vous êtes en train de la développer. Eh bien nous voulons les deux. Pour avoir un bilan crédible de l’épidémie, il faut cela."

La difficulté, c’est de trouver des tests sérologiques qui ne réagissent pas aux autres types de coronavirus, et qui pourraient donc ressortir positif même si vous n’avez pas eu le Covid-19.

Des vérifications sont donc en cours, en croisant les tests PCR et les tests sérologiques pour déterminer la fiabilité. "30 000 tests ont été commandés en Allemagne et sont en attente de validation. S’ils sont satisfaisants, nous en commanderons 20 000 de plus. 30 000 autres tests ont été commandés en Chine."

Les traçages

Pour enrayer l’épidémie, il faut être proactif. L’une des pistes envisagées est le recours aux nouvelles technologies, comme c’est le cas en France avec l’application “Stop Covid” pour "tracer" les nouveaux cas.

Les autorités monégasques envisagent donc plusieurs possibilités, avec l’aide de Frédéric Genta, le délégué interministériel chargé de la transition numérique. Que ce soit ce qui se passe à Singapour, en France, chez Google ou chez Apple, rien n’est écarté.

 "Il s’agira d’une application à installer sur les téléphones. Il est très clair que ce sera un système volontaire. L’idée, c’est d’avoir un dispositif qui utilise le Bluetooth du téléphone, et qui enregistre les autres téléphones auprès desquels l’utilisateur passe. Si à un moment donné, l’utilisateur est testé positif au Covid, alors il le signale à l’application, qui envoie un message à tous les téléphones auprès desquels l’utilisateur est passé pour leur signaler qu’ils ont été en contact avec une personne contaminée. C’est la même chose qu’une enquête épidémiologique de terrain, comme nous l’avons fait au début de l’épidémie, mais en version automatisée."


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