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Terre "fertile" de Monaco

Après deux ans de «combat», Jessica Sbaraglia récolte les premiers fruits de son ambitieux – et salutaire – projet d’agriculture urbaine. Bientôt, Monaco pourrait fourmiller de plantations bios

La rédaction Publié le 04/07/2016 à 11:09, mis à jour le 04/07/2016 à 11:11
AGENCE MONACOINAUGURATION TERRE DE MONACO A LA FONDATION ALBERT II DE L'AGRICULTURE URBAINE EN PRINCIPAUTE - INAUGURER PAR LE PRINCE ALBERT
Photo M.A.

Entre les personnes qui m’ont dit “non ce n’est pas possible” et “non ce n’est pas rentable”, j’ai dû me battre pour mon idée. Aujourd’hui, nous comptons quinze clients pour un ensemble de plus de 1000 m2 sur la Principauté. Des terrasses, balcons et alentours de bâtiments, dédiés au maraîchage bio.» Dressée sur une botte de paille au pied de la villa Girasole, Jessica Sbaraglia déflore un premier bilan de sa société, Terre de Monaco, au milieu de ses plus fidèles supporters et partenaires.

En inaugurant quelques minutes plus tôt son potager à la Fondation Albert II (lire ci-dessous), le prince vient d’acter la réussite d’un audacieux pari lancé voilà deux ans par cette jeune Suisse. Un défi personnel porteur d’une promesse environnementale pour Monaco et ses communes limitrophes, rayon d’action de la start-up.

Présentée comme «la première société de l’histoire qui a pour but de faire de l’agriculture urbaine» en Principauté, Terre de Monaco pourrait en effet changer le paradigme environnemental et consumériste d’un État jusqu’alors réputé pour sa surdensification. Son but: investir un maximum d’espaces privés en friche pour les optimiser en parcelles maraîchères.

Tendre à une autonomie, une autosuffisance alimentaire – partielle – et ainsi tordre le cou aux diktats contemporains de l’industrie agroalimentaire. Pour cela, deux possibilités: un usage purement privatif.Terre de Monaco vous aide à constituer un potager sur votre balcon ou terrasse et vous accompagne dans son entretien et/ou en vous délivrant des cours; ou alors, pour les surfaces supérieures à 100 m2, notamment les toits des entreprises, Terre de Monaco s’engage à vous verser un « petit» loyer, ou à vous rétribuer en nature, contre mise à disposition du site. Une option d’ores et déjà levée par le Monte-Carlo Bay qui revendra le produit de ses futurs 360 m2 de culture.

 

Prometteuse joueuse de tennis helvète avant de se blesser, Jessica Sbaraglia a mis à profit la force de caractère inhérente à son statut de sportive de haut niveau pour obtenir un diplôme d’une école supérieure de commerce, avant de se confectionner un impressionnant CV en une décennie.

De l’horlogerie à la communication sur la Formule E, en passant par la réalisation d’un trimaran à géométrie variable, l’ancienne mannequin a vécu à cent à l’heure avant d’être rattrapée par sa Madeleine de Proust, la terre.

Car la fibre écologique de la nouvelle «Dame nature» de la Principauté a poussé sur le terreau familial.Un terrain dans la partie jurassienne du canton de Berne, à Moutier.«Nous avions un potager avec des lapins, des poules, pour que nos enfants puissent dire un jour “je mange ça et je sais d’où ça vient”. Chez elle, c’est devenu une passion.Chez les autres, c’est resté à l’état de savoir», relate Nino, papa électricien de Jessica.

Installée depuis 2010 à Monaco, Jessica décide de replanter ses ongles manucurés dans le sol à la vue des toits – paradoxe exquis – vides du quartier de Fontvieille. Quelques mois de travail acharné suffiront à «parfaire ses informations» sur l’agriculture urbaine ou la permaculture.

 

« C’est invraisemblable. Je découvre chez elle une volonté que j’avais plus jeune. Chaque fois que j’ai entrepris quelque chose, je n’ai jamais arrêté en chemin», témoigne Nino. Un papa ému, tapi dans l’ombre jusqu’au salut, trémolo dans la voix, de sa fille lors de l’inauguration du potager de la Fondation Albert II. «Merci à ma famille, en particulier mon papa qui m’a donné la passion du potager et qui a toujours répondu présent à chaque instant de ma vie.»

Rappelant que son opération de financement participatif avait permis de recueillir 26500 euros – contre un objectif de 25000 euros –, permettant ainsi l’aménagement du potager de la villa Girasole et l’achat de matériel, Jessica Sbaraglia a ensuite détaillé «l’âme» de Terre de Monaco. «Sensibiliser les gens à manger sainement, local, et contribuer à l’écologie. Et, par ce biais, à sensibiliser leurs enfants.»

Jessica Sbaraglia s’est d’ailleurs offert les services d’un ingénieur agronome et d’un jardinier pour donner envergure et crédit à Terre de Monaco. Silence, ça pousse!

Le potager de la Fondation Albert II comme labo

C’est un laboratoire, une vitrine.Le prince Albert II a inauguré, mercredi dernier, le potager de la villa Girasole, en présence des partenaires et donateurs de Terre de Monaco.

 

D’une trentaine de mètres carrés, cet écrin vert regorge de variétés anciennes de fruits et légumes de saison.

Chaleureusement remercié par Jessica Sbaraglia pour sa « confiance indéfectible », le souverain a reçu un panier contenant courgettes ou piments rouges de cet espace certifié bio.

Le prince a également eu la primeur, tout comme le vice-président de la Fondation, Bernard Fautrier, de goûter aux fleurs comestibles tel le basilic cannelle. L’occasion pour Jessica de saluer l’ensemble des équipes de la Fondation Albert II pour leur soutien « alors que je n’étais qu’une petite graine ».

Avec son système de récupération des eaux de pluie, son compost de bois et ses cultures hors sol, le potager est un showroom idéal pour convaincre les particuliers et permet de prouver qu’avec les bonnes méthodes, nombre de contraintes – comme le désherbage régulier – peuvent être évitées.

Offre numérique MM+

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