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Sur la Toile, les lieux touristiques se dévoilent

Mis à jour le 11/08/2019 à 10:01 Publié le 11/08/2019 à 10:00
De gauche à droite : le port Hercule baigné par un feu d’artifices ; la plage de la Mala à Cap-d’Ail ; les fonds sous-marins à Monaco ; le Jardin Exotique.

Sur la Toile, les lieux touristiques se dévoilent

Sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, les clichés de vacances pullulent. Casino, jardin exotique, plage de la Mala... La Tête de Chien, un spot prisé, est parfois victime de son succès

Certes, la carte postale a toujours la cote, toutes générations confondues. Mais, très logiquement, la façon de rendre compte de ses pérégrinations a muté d’un siècle à l’autre. Aujourd’hui, en un clic, on poste son dernier cliché de vacances sur les réseaux sociaux. Pour garder une trace éternelle sur la Toile ou simplement frimer devant proches et inconnus. Et c’est sur l’un d’eux, Instagram, que l’on déniche les plus esthétiques, les plus travaillés. Parfois fichtrement retouchés, il est vrai, quand son utilisateur s’avère prisonnier du diktat du « like ».

« Cela peut dénaturer un lieu »

En tapant le hashtag (1) #Monaco, on retrouve des images incarnant un Monaco fortement stéréotypé. Ici et là, des touristes posant devant de gros bolides, au volant d’un bateau ou un verre à la main en tenue de gala. Parmi les lieux les plus prisés devant lesquels il faut s’afficher, on retrouve sans surprise le Casino Monte-Carlo et les ports Hercule et Fontvieille. Monaco-Ville, aussi. Mais, étrangement, le palais princier semble loin derrière les autres endroits mythiques de la Principauté.

Autres lieux extrêmement convoités des voyageurs : la plage de la Mala et le sentier des Douaniers à Cap-d’Ail. Mais surtout la Tête de Chien. Sur les hauteurs de la Turbie, cet endroit perché domine la jungle urbaine monégasque et permet même d’avoir un œil sur le Cap Ferrat. Pour s’y rendre, il suffit de crapahuter quelques mètres sur les rochers. Un spot qu’on qualifie, dans le jargon des réseaux sociaux, à fort potentiel « instagrammable ». Comprendre, à l’esthétique raffinée et susceptible de générer pléthore de « likes », de « J’aime ».

« On retrouve deux écoles, analyse Thibault Touzeau-Cohen, blogueur voyage de la région et expatrié à Montpellier. Il y a ceux qui vont choisir un endroit parce qu’il y a une histoire, une expérience derrière ou bien parce qu’ils sont photographes et qu’ils veulent capter un moment, une scène, un paysage. Et puis, l’autre école, ceux qui vont recopier des photos déjà faites dans un lieu-dit instagrammable. Comme la Tête de Chien. »

Une façon de faire que celui qui a fait du voyage sa passion et son métier cautionne de moins en moins. « Je ne suis pas fan de cette approche car, si ça permet en effet aux gens de repérer des lieux pour visiter, cela peut surtout dénaturer un lieu et le dégrader d’un point de vue écologique, explique-t-il. Même si cela existe depuis la création de la photo, c’est un peu de l’égotrip de vouloir être devant un paysage populaire. » À Nans-les-Pins, dans le Var, les autorités avaient dû intervenir suite à un afflux inhabituel de touriste venus découvrir les sources de l’Huveaune, occasionnant des comportements inciviques. Quelques heures auparavant, un internaute avait partagé des clichés de ce lieu idyllique sur une page Facebook suivie par... 153 000 personnes.

« Mieux gérer l’afflux à la Tête de Chien »

Si l’éperon rocheux de La Turbie n’est pas interdit au public, une réglementation plus stricte pourrait voir le jour dans le futur. « Il y a quelques années, le préfet a pris un arrêté de protection de biotope, explique Jean-Jacques Raffaele, maire de la Turbie. La politique vers l’avenir tend à interdire les voitures de monter là-haut. On travaille avec l’État, le comité biotope et l’Office national des forêts pour sécuriser le lieu naturel. Il y a des espèces protégées qui ont été inventoriées. L’idée serait de canaliser les gens sur des chemins bien précis pour qu’ils ne piétinent pas certaines zones. On ne va pas fermer la Tête de Chien mais on va mieux gérer l’afflux. Oui, il y a une dégradation potentielle de l’environnement. »

La Tête de Chien, un spot que l’on qualifie « d’instagrammable ».	(Captures d’écran Instagram)
Monaco au petit matin, vu de la Tête de Chien.
Le port de Fontvieille n’est pas en reste.

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