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Stoppées pendant la pandémie, les visites du Casino de Monte-Carlo ont repris: suivez le guide !

Depuis le 1er avril, les visites du célèbre monument de la Principauté ont repris. Vous ne tenterez peut-être pas votre chance, mais entrez dans la légende par la grande porte.

Julie Baudin Publié le 06/04/2022 à 10:30, mis à jour le 06/04/2022 à 13:02
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Le Casino de Monte-Carlo est un lieu où se mélangent les styles architecturaux. Photo Jean-François Ottonello

Plus célèbre monument de la Principauté avec le Palais princier, le Casino de Monte-Carlo est un lieu où se mélangent les styles architecturaux. Un lieu de jeu aussi, de chance et malchance.

Un lieu d’argent et de sommes pharamineuses. Un lieu où se croisent depuis toujours des personnalités de haut rang. Enfin, un lieu de secrets bien gardés et d’anecdotes les plus folles.

Au cœur de ce joyau de la Belle Époque, depuis le 18 février 1863, date de son inauguration, chaque mise est une invitation éventuelle au plaisir du gain. Ce casino légendaire, certainement le plus riche d’Europe par son patrimoine et sa décoration, ouvrage des ciseleurs et orfèvres les plus réputés, domaine de la préciosité et vitrine d’un art de vivre d’une époque révolue, est aussi un lieu qui se visite.

Tout commence par l’entrée monumentale à laquelle on accède par la mythique Place du Casino. Le parcours suggère ensuite un mouvement rotatif. Comme s’il voulait encore entraîner le visiteur dans ses tourbillons de folies bourgeoises.


Savoir+
Les visites du casino, qui avaient été arrêtées pendant la pandémie, ont repris depuis le 1er avril jusqu’au 30 septembre. Elles se font de 10h à 13h.
Tarif : 17 euros avec audioguide.

 

Le décor somptueux

Le Salon Europe, premier lieu de jeu réalisé par l’architecte Dutrou en 1865 Photo Jean-François Ottonello.

Passé l’Atrium au décor somptueux de marbre, d’or et de bronze et aux 28 colonnes de style ionique (toutes en stuc sauf une en marbre, à vous de la trouver), on pénètre dans la Salle Renaissance puis dans le Salon Europe.

Nous voilà au cœur des jeux. C’est le premier lieu de jeu réalisé par l’architecte Dutrou en 1865. Il sera transformé en 1878 par Charles Garnier en "salle Mauresque", puis refait en 1898 par Henri Schmit qui cède aux goûts de l’époque: colonnes, vastes plafonds à verrière, dorures à profusion, lustres monumentaux en cristal…, rien n’est oublié.

Une dernière restauration en 1968, lui a légué son nom actuel. En 2012, la salle a été entièrement rénovée et accueille désormais les jeux américains.
Aux murs, des fresques aux thèmes champêtres et au plafond de sculpturales fumeuses en trompe-l’œil. Leurs regards enjôleurs suivent le promeneur dans toute la pièce.

Et quelques œils-de-bœuf. Ces ouvertures servaient alors à observer la salle de jeu, le fils de François Blanc, Camille, s’y cachait pendant des heures afin de surveiller ses employés et les joueurs.

Les salles 

Les Salles Touzet Photo Jean-François Ottonello.

Les Salles Touzet (ci-dessus), du nom de leur architecte, ont été inaugurées en 1890 et rénovées en 1988. Elles font penser au hall d’une somptueuse gare. Elles donnent sur la Salle Empire qui ouvre sur la Salle Médecin (ci-dessous).

 

Elle est l’unique salle construite par un architecte monégasque, François Médecin. Outre les chars romains réalisés en trompe-l’œil au plafond, cette pièce renferme les plus beaux lustres en cristal du Casino.

La Salle Médecin Photo Jean-François Ottonello.

À l’origine elle abritait le cercle privé des joueurs de haut vol afin de les protéger des regards indiscrets.

D’illustres personnages de films ont foulé le sol de cette salle, à commencer par le plus célèbre des agents secrets, James Bond. Deux films ont été tournés ici, Jamais plus jamais en 1983, et GoldenEye en 1995.

James Bond, incarné par Sean Connery puis Pierce Brosnan, traverse la Salle Médecin pour se rendre à sa table de jeu. D’autres films ont pris pour décor le casino de Monte-Carlo: La Paix des Anges avec Jeanne Moreau en 1963, Ocean’s Twelve avec Brad Pitt et George Clooney en 2004, Coco en 2008 avec Gad Elmaleh, le dessin animé Madagascar 3 en 2009 et enfin Turf en 2011 avec Alain Chabat.

Les femmes
à l'honneur

La magnifique Salle Blanche, conçue à l’origine comme un salon de conversation Photo Jean-François Ottonello.

Au cours de l’histoire du Casino, le nombre de visiteurs n’a cessé d’augmenter, de nouvelles salles ont été ouvertes où on respire une atmosphère de privilèges que les personnages en vue se chargent d’entretenir. Au premier plan sont les femmes.

La magnifique Salle Blanche, conçue à l’origine comme un salon de conversation, en est le témoin direct. Cette salle est aujourd’hui le cœur battant du Casino avec son lounge bar. On raconte qu’elle doit son nom de Salle Blanche en raison de la couleur du sable que firent déverser au sol, il y a quelques années, des princes arabes venus jouer à la roulette.

Par cette salle, on accède à la Salle Rose, aujourd’hui salle de restaurant. Elle fut conçue et réalisée par Henri Schmit en 1903 sur ordre et selon les indications de Camille Blanc.

 

Elle était destinée aux joueuses et joueurs qui ne pouvaient se passer de fumer puisqu’il était alors interdit de fumer au Casino de Monte-Carlo, suite à une tentative de chantage relative aux habitudes d’un croupier qui laissait tomber ses cendres au sol.

L'œuvre de Paul Gervais

Au mur de la Salle Blanche, le tableau de Paul Gervais ne passe pas inaperçu. Photo Jean-François Ottonello.

Au mur de la Salle Blanche, le tableau de Paul Gervais ne passe pas inaperçu. Les trois plantureuses Grâces florentines de la Belle Époque arborent les visages des trois femmes les plus courtisées de l’époque: Émilienne d’Alençon, Liane de Pougy et la Belle Otero. Cocotes, courtisanes de haut vol et excentriques, elles défrayent à cette époque la chronique par leurs extravagances et leur train de vie scandaleux entretenu par de riches hommes d’affaires et des têtes couronnées.

On fait d’elles les pionnières de l’émancipation féminine. La plus célèbre est la Belle Otéro, une talentueuse danseuse espagnole volcanique qui fait tourner les têtes des hommes les plus influents tels que le Roi d’Angleterre Édouard VII, le Roi des Belges Léopold II ou encore l’Empereur du Japon.

Elle a 18 ans quand elle entre pour la première fois dans le Casino, elle gagne ce jour-là 700.000 francs. Elle laissera 30 millions sur le tapis vert du Casino de Monte-Carlo où en un seul soir elle perdit 1 million de Francs or.

Malheureusement cette adepte du jeu va y laisser sa fortune colossale amassée auprès de ces illustres amants.

Quasi centenaire, en 1965 elle finit ces jours seule et entourée de ses souvenirs à Nice. Désargentée, le Belle Otéro échappera à l’indigence grâce à la Société du Casino de Monte-Carlo qui pourvoira à son loyer jusqu’à sa mort.

 

L'origine de la salle de jeu Garnier

La salle de jeu Garnier, la Salle des Amériques fut dessinée par Charles Garnier et inaugurée en 1881. Photo Jean-François Ottonello.

La salle de jeu Garnier, la Salle des Amériques fut dessinée par Charles Garnier et inaugurée en 1881. Transformée en 1969, elle doit son nom actuel à l’installation de jeux américains tel que le Craps et le Black Jack.

Le 15 mars 1969, à l’occasion de sa réouverture, on donne le bal des Têtes en présence du couple princier, Rainier et Grace Kelly, costumé en Empereurs de Chine.

La roulette,
le pari gagnant du Casino de Monte-Carlo

La roulette a fait la réputation du Casino de Monte-Carlo, surtout lorsque celle-ci était interdite en France. Photo Jean-François Ottonello.

La roulette a fait la réputation du Casino de Monte-Carlo, surtout lorsque celle-ci était interdite en France. Ici, on dit d’elle qu’elle est une magicienne qui vous transforme tantôt en nabab tantôt en mendiant.

Même si le hasard ne fait pas souvent bien les choses pour le parieur. Tout le monde n’a en effet pas l’incroyable réussite d’un Charles Deville Wells qui, au cours de l’été 1891 à Monaco, fit sauter la banque à la roulette en empochant un million, puis trois millions de francs or, ce qui lui a valu par la suite le surnom de Monte-Carlo Wells.

Têtes couronnées, hommes d’affaires, célébrités et courtisanes, de nombreuses personnes influentes ont misé leur fortune au Casino de Monte-Carlo et ont parfois perdu beaucoup.

Certains tout leur patrimoine. Des artistes et des écrivains connaîtront aussi ces moments de désespoir à l’image de Fiodor Dostoïevski. Dans son roman Le Joueur il décrit d’ailleurs la dépendance et les comportements maladifs de ceux qui deviennent addicts.

Le saviez-vous?

Un après-midi, alors qu’un homme venait d’essayer de se tuer et que son arme lui avait été arrachée, François Blanc se précipita vers le désespéré et lui cria: "Monsieur, vous n’êtes pas un gentleman. Si vous désirez vous tuer, je vous prie de le faire chez vous et non dans les jardins de mon Casino."

De ce jour, la vente d’armes à feu et de poisons fut interdite à Monaco.

Offre numérique MM+

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