Sols connectés et bracelets anti-fugues : la modernité au service du troisième âge à la maison de retraite Cap Fleuri 2 de Monaco

La nouvelle maison de retraite monégasque, située à Cap-d’Ail, a été inaugurée ce vendredi matin par le prince Albert II. Elle abrite 78 pensionnaires et est dotée de technologies innovantes.

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Thibaut Parat Publié le 10/12/2022 à 13:05, mis à jour le 12/12/2022 à 13:18
Le prince Albert II a visité l’une des 78 chambres.

À l’entrée visiteurs de la maison de retraite, avant même de prêter attention aux décorations de Noël et aux clichés géants de la Principauté et de la Côte d’Azur, près de cent portraits attirent mécaniquement l’œil.

Ce sont les protagonistes d’un dossier médico-social monégasque qui a mis dix années à aboutir : la nouvelle résidence du Cap Fleuri 2, nichée en territoire français, avenue du Trois-Septembre à Cap-d’Ail.

L’inauguration par le prince Albert II, hier matin, six mois après l’ouverture de cet EHPAD, marque donc l’épilogue d’une décennie d’atermoiements pour remplacer le bâtiment originel (la Villa Sanitas érigée en 1 880), lequel ne répondait plus au besoin des pensionnaires, en l’occurrence des Monégasques ou résidents de la Principauté depuis au moins 30 ans.

C’est ainsi le processus de démolition-reconstruction qui a été préféré avec une façade reconstituée à l’identique, comme imposé par le plan local d’urbanisme de Cap-d’Ail. Un défi relevé par les architectes Daniel et Patrick Raymond.

78 lits sur 4 niveaux

Bâti sur cinq niveaux souterrains de parking, le Cap Fleuri 2 abrite 78 lits sur quatre étages. Un lieu de vie, doté d’un service hôtelier, mais surtout un lieu de soins où la dépendance des résidents y est élevée avec une prévalence des troubles cognitifs, à l’instar d’Alzheimer, et de nombreuses polypathologies.

Reposant sur la complémentarité entre la filière EHPAD et celle hospitalière, le projet médical prévoit par exemple le développement des téléconsultations entre les EHPAD et le CHPG, pour apporter une expertise médicale, évitant ainsi au résident de se déplacer.

Des désagréments pendant l’été

Au gré de sa visite, menée notamment par Damien Aimé, attaché de direction, le souverain a découvert les salles d’activité et de restauration, les unités d’hébergement, la chapelle, la boutique de la Croix-Rouge monégasque. La nouvelle résidence du Cap Fleuri est aussi pourvue d’une salle de bains thérapeutique, de deux salles de kinésithérapie et d’agréables terrasses.

Un modernisme et des technologies innovantes, notamment dans les chambres (lire ci-dessous), qui ont provoqué, dans la foulée de l’emménagement, certains désagréments pour le personnel et les résidents : des stores récalcitrants, car reliés au réseau domotique, et une climatisation défectueuse en pleine canicule. « Il s’agit d’un système innovant de plafonds rayonnants [pour éviter l’inconfort des flux d’air, N.D.L.R.] que l’on maîtrise mal, reconnaît Benoîte de Sevelinges, directrice du CHPG, sollicitée sur le sujet. Le sujet s’est évanoui avec les baisses de température mais on travaille avec la Direction des Travaux Publics pour comprendre le problème et le résoudre avant l’été prochain. »

Le défi du vieillissement

À terme, le Cap Fleuri 2 sera relié par une liaison extérieure au Cap Fleuri 1, dont le désamiantage a débuté avant sa demolition-reconstruction. Les deux maisons de retraite, dont les prestations seront homogènes, abriteront au total 208 lits. « À l’issue de la reconstruction du Cap Fleuri 1, 12 lits installés provisoirement au Cap Fleuri 2 seront transférés afin de rendre l’ensemble des espaces communs et de convivialité disponible pour les résidents et leurs proches », fait savoir Benoîte de Sevelinges.

L’enjeu de ce renouveau immobilier pour la filière gérontologique est immense : faire face au défi du vieillissement. En effet, 26 % de la population a plus de 65 ans et près de 4 700 personnes ont plus de 75 ans en Principauté.

D’ici 2040, d’ailleurs, trois EHPAD devraient être construits intra-muros pour accroître la capacité de 360 lits.

Jean-François Ottonello ; Stéphane Danna/Dir Com ; Gaëtan Luci / Palais princier.

Des dispositifs innovants comme les sols connectés et les bracelets anti-fugues

« Ce bâtiment décline toutes les nouvelles technologies qui paraîtront indispensables dans 5 ans, 10 ans, 20 ans », a expliqué, lors de son discours, Benoîte de Sevelinges, directrice du CHPG.

Des innovations mises au service de la sécurité des résidents, dont certains souffrent d’importants troubles cognitifs et ne sont plus autonomes. Exemple : un sol connecté, dissimulé sous le parquet, dans chaque chambre. « On l’a paramétré pour détecter les chutes et donner l’alarme au bureau des infirmières. Il dispose d’autres fonctionnalités, que l’on va déployer progressivement, comme la détection d’humidité, en cas d’eau renversée au sol ou d’incontinence », détaille Damien Aimé, attaché de direction au Cap Fleuri 2. Ce qui permet notamment, la nuit, de ne plus déranger les résidents dans leur sommeil en multipliant les visites de contrôle. « S’il y a une alerte, on peut intervenir très rapidement, confie Benoîte de Sevelinges. On a aussi la possibilité de placer un algorithme d’intelligence artificielle capable de savoir si un pensionnaire se rend beaucoup de fois aux toilettes, laissant penser qu’il souffre d’une infection urinaire. » Des rails pour lever les patients ont, aussi, été installés tout comme des bandes lumineuses pour faciliter les déplacements dans l’obscurité.

Enfin, sur prescription médicale uniquement, une quinzaine de résidents souffrant de troubles cognitifs ont été équipés d’un bracelet connecté. « On a défini tout un périmètre, plus ou moins large selon leur autonomie, dans lequel les résidents peuvent vaquer à leurs occupations en toute liberté. Au-delà, une alerte est donnée. Une puce dans le bracelet permet de les localiser facilement. »

Une salle de restauration se trouve à chaque étage.
Le prince Albert II et Benoîte de Sevelinges, directrice du CHPG, ont dévoilé une plaque historique.

Le Cap Fleuri 2 en chiffres

Capacité
Le bâtiment abrite 78 lits, occupés par 61 femmes et 17 hommes. La moyenne d’âge des pensionnaires est de 88 ans.

Personnel
Une équipe de 95 agents veille au bien-être des résidents : infirmiers, aides-soignants, animateurs, agents polyvalents et administratifs et, enfin, service hôtelier.

Vieillissement de la population à Monaco
26 % de la population a plus de 65 ans. Près de 4700 personnes ont plus de 75 ans. Depuis 2006, l’âge d’entrée en institution est passé de 80 à 87 ans.

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