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Solar Impulse: larmes de joie à Monaco

Mis à jour le 25/04/2016 à 05:13 Publié le 25/04/2016 à 05:13
Hier vers 3 heures du matin, heure française, l'avion solaire a survolé le Golden Gate de San Francisco. Une image à couper le souffle !

Hier vers 3 heures du matin, heure française, l'avion solaire a survolé le Golden Gate de San Francisco. Une image à couper le souffle ! Solar Impulse

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Solar Impulse: larmes de joie à Monaco

L'avion solaire a atterri en Californie, hier à 8 h 45, heure française. Explosion de joie et d'émotions au centre de contrôle de Monaco où l'on se prépare déjà à un redécollage demain

Tout le monde retient son souffle dans la salle de contrôle. Il est 8 h 40, hier matin, au troisième étage de l'Auditorium Rainier-III à Monaco.

Dans un grand aquarium rempli d'ordinateurs, d'écrans de télévision, d'ingénieurs et de techniciens, tous les yeux sont rivés vers des points lumineux surgissant de la nuit californienne. Il est 23 h 40 en heure locale.

C'est l'image de Solar Impulse, cet avion de 22 mètres de long et d'une gigantesque envergure de 63 mètres. Quatre minutes plus tard, l'avion solaire pose ses roues sur le tarmac de l'aéroport de Moffett, tout près de Mountain View, dans la Silicon Valley.

8 h 45. Bertrand Piccard, le pilote de l'avion, lève le suspense en annonçant que tout va bien. L'atterrissage de Solar Impulse est réussi, après très exactement 62 heures et 30 minutes de vol.

Explosion de joie au centre de contrôle de Monaco, où sont mobilisées en permanence une quarantaine de personnes. On applaudit, on se congratule, on s'embrasse, on se prend dans les bras.

«Une grande réussite»

« J'en ai les larmes aux yeux, confie Raymond Clerc, le directeur de mission Solar Impulse, quelques minutes après l'atterrissage. Nous avons réussi à traverser le Pacifique en deux étapes. C'est fantastique de prouver que l'on peut réaliser ce genre d'exploit avec la seule énergie solaire. »

L'avion a décollé d'Hawaï jeudi dernier, à 18 h 16, heure française. De cette île où le projet fou de Bertrand Piccard de réaliser un tour du monde dans un avion alimenté uniquement par l'énergie solaire a été stoppé en juillet dernier, pour cause de surchauffe des batteries.

« Nos ingénieurs ont trouvé une solution. Ils ont mis au point un système qui permet désormais au pilote de régler la température des batteries, en actionnant des volets mécaniques, explique Raymond Clerc. C'est un avion expérimental, on apprend au fur et à mesure. On a bien progressé. Cette année, tous les vols d'essai se sont bien passés. Et celui-ci est une grande réussite. »

«Bertrand est de très bonne humeur»

Effectivement, le vol entre Hawaï et Mountain View s'est très bien déroulé, Bertrand Piccard bénéficiant d'une fenêtre météo exceptionnelle qui aura duré près de trois jours. « Bertrand a passé trois nuits dans le cockpit, détaille Alexandra Gindroz, de l'équipe Solar Impulse. C'était très long, mais il est en bonne forme et de très bonne humeur. »

D'abord, parce qu'il a pu dormir durant le vol, par tranches de vingt minutes. « C'est la bonne durée pour ne pas tomber dans un sommeil profond et rester opérationnel en cas de problème », note Alexandra Gindroz.

Ces siestes sont possibles lorsque l'avion vole en basse altitude. Pour réussir d'aussi longues traversées - celle-ci était la deuxième plus longue depuis le début de l'aventure -, l'avion solaire doit recharger ses batteries durant le vol. Solar Impulse fait le plein d'énergie solaire en journée, évidemment, en montant jusqu'à 9 000 mètres. Puis, quand les batteries sont rechargées et que le soleil se couche, l'avion se met à planer sans rien consommer. Parvenu en basse altitude, l'énergie des batteries lui permet alors de tenir jusqu'au lever du soleil. « C'est un véritable suspense pour le pilote que de gérer l'énergie pour passer la nuit », assure Alexandra Gindroz.

Redécollage mardi ?

C'est durant ces périodes de vol en basse altitude que Bertrand Piccard s'est donc offert des « turbos siestes », encadrées par les ingénieurs du centre de contrôle de Monaco.

Si le vol restera dans les annales, c'est aussi en raison d'un événement considérable qui s'est produit vendredi. Bertrand Piccard, en effet, s'est entretenu, en direct, avec Ban Ki-moon, pendant le sommet sur le climat à New York. Il a ainsi pu échanger avec le secrétaire général de l'ONU, en présence de nombreux chefs d'État, et défendre les énergies propres, la philosophie du projet Solar Impulse.

Et maintenant ? L'aventure continue.

Mardi, si la météo est clémente, l'avion solaire reprendra son envol en direction de Phœnix, en Arizona. L'objectif est de rallier New York avant la fin mai, puis de traverser l'Atlantique en juin pour rejoindre Abou Dabi et boucler ainsi son tour du monde. Avec toujours Monaco comme tour de contrôle de cet exploit planétaire.

Raymond Clerc : «On va essayer de passer tout près de Monaco»

Que ressentez-vous, quelques minutes après l’atterrissage?
J’en ai les larmes aux yeux de plaisir. Le décollage et l’atterrissage sont toujours des moments forts. Ce vol est incroyable. C’est le deuxième plus long depuis le début du projet, le premier de cette année. Alors, oui, je suis très ému. Vous savez, cela fait plus de dix ans que je suis dans cette affaire…

Comment s’est déroulé le vol?
Très bien. L’avion aura traversé le Pacifique en deux étapes. Ce vol était très important après le souci que nous avons eu au mois de juillet et qui nous a contraints à nous arrêter à Hawaï. Depuis, nos ingénieurs ont trouvé une solution pour faciliter le refroidissement des batteries. Au départ, nous avons eu peur que le vent au sol nous oblige à différer le décollage et nous fasse manquer cette fenêtre météo exceptionnelle. Heureusement, on a pu partir et les deux jours et demi de vol se sont parfaitement bien passés. Pour Bertrand, c’est un succès énorme, il le vit intensément. C’était son idée de prouver que l’on peut réaliser des exploits avec une énergie propre.

Et maintenant?
Cet après-midi (hier, NDLR), nous allons commencer les simulations du prochain vol, entre Mountain View et Phœnix. Le décollage pourrait avoir lieu mardi. L’objectif est d’arriver à New York le plus vite possible, idéalement fin mai. Il faut que nous puissions profiter d’une bonne fenêtre météo pour traverser l’Atlantique. J’espère en juin. La grande question sera ensuite de savoir si on peut passer au-dessus de Monaco. Lorsque l’avion décollera de Toulouse, on essaiera de le faire passer tout près d’ici. On est tellement heureux d’être à Monaco, dans les murs du prince, que l’on fera tout pour ça.

Au téléphone avec Ban Ki-moon et le prince Albert II

Ce coup de fil par liaison satellite, orchestré depuis le centre de contrôle de Monaco, restera l’un des grands moments du vol. Vendredi, Bertrand Piccard a ainsi pu s’entretenir avec Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, pendant le sommet au cours duquel l’accord de Paris sur le climat a été signé par 175 pays. «Tout le monde était très ému ici, témoigne Raymond Clerc, le chef de mission Solar Impulse. Bertrand nous a dit que c’était le plus beau jour de sa vie car il a pu délivrer son message au monde entier.»
Puis, dimanche, le pilote a passé vingt minutes au téléphone avec le prince Albert II, qui assistait au ePrix de Paris. Un Grand Prix de voitures électriques, un avion fonctionnant à l’énergie solaire: tout un symbole…


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