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Single collection , la musique d'une vie en série

Depuis plusieurs mois, le néo Mentonnais Julien Perrin offre à voir des portraits vidéos de personnes qu'il croise dans son quotidien, prenant pour fil rouge un morceau qui leur est cher

alice rousselot Publié le 06/10/2018 à 05:07, mis à jour le 06/10/2018 à 05:07
Jean-François Ottonello et captures d'écran «Single collection»

Une personnalité, une musique, une histoire. C'est au nom de ce triptyque (rythmique) que Julien Perrin, vidéaste installé à Menton depuis deux ans, s'est lancé dans un projet à la fois humble et audacieux : proposer à des quidams de se confier, face caméra, sur le rythme d'une chanson qui les a marqués. Projet que seul un amoureux transi de la musique pouvait envisager. Même s'il aura fallu dix ans pour qu'il se concrétise, harmonieusement.

« À l'époque, j'étais en coloc avec un ami, un autre Julien, qui avait une culture musicale dantesque. Il m'a fait découvrir pas mal de choses. On s'organisait des soirées d'écoute. J'adorais comment il me parlait de ses choix. » L'idée germe de s'inspirer de la facon de de « l'autre Julien » pour parler musique sans sombrer dans l'exercice de l'« interview posée ». En invitant plutôt les volontaires à raconter « une musique qui leur parle ». Et, par extension, à se raconter.

« Faire connaître les gens »

 

Julien Perrin tournera quelques vidéos à Paris. Mais le recrutement demeure difficile. Le projet stagne. « Quand je suis arrivé à Menton - d'où ma femme est originaire - j'ai commencé à rencontrer des gens. Notamment Christophe, avec qui j'ai reparlé de ce projet. C'est lui qui m'a poussé à le reprendre. » Lui qui lui a, ensuite, soufflé d'autres pistes, aussi. Derrière ses cagettes de patates, au marché, le premier Mentonnais à avoir été immortalisé par Julien maintient : il fallait que « Single collection » sorte du tiroir où il était resté planqué. « Son projet est énorme, je lui ai dit de ne rien lâcher, clame Christophe, poussant la chansonnette pour une cliente. J'aime son côté Depardon, le fait de mettre les gens en exergue, et surtout en valeur. Avec les autres personnes qu'il a filmées, je l'ai vu faire preuve de délicatesse, de pudeur à magnifier. »

Et c'est du même Depardon que Julien Perrin veut s'inspirer dans son travail. Via un angle d'attaque documentaire. Une longue phase d'approche. À l'instar du grand photographe qui disait de son travail qu'il consiste à « faire le lampadaire ».

« C'est ce qui fait que les gens à qui je propose d'être filmés acceptent, reprend Julien. Ils ne veulent pas que ça frise du TF1. Le but, c'est qu'ils se dévoilent tout en gardant une distance. Quand mon père a vu les premières vidéos, il m'a dit qu'il trouvait ça bof. Qu'il n'apprenait rien. Mais ce n'est pas l'idée. Je veux faire connaître les gens plus que la musique. » Des personnalités locales, dans un premier temps. Même si « Single collection » a vocation à se déployer dans toute la France. Autour de musiques toujours très différentes. « Je refuse la notion de "bon goût". Il n'y a aucun jugement à avoir. De même, je ne privilégie aucun support : iPad, Youtube, Vinyl, peu m'importe. Au contraire, ça dit quelque chose sur les gens… », souligne Julien. Attaché à ce que cette « collection de singularités » mentonnaises - aujourd'hui composée de Christophe, Nicolau, Valérie, Olivier, Richard, Marc, Frédéric, Fathi et Natalia - se développe à l'infini. Pourquoi pas avec quelques surprises à la clé. « J'aimerais un jour que quelqu'un qui ne supporte pas la musique se porte candidat… »

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