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Seul, à quelques mètres du sommet, son crampon cède

Mis à jour le 06/01/2018 à 05:14 Publié le 06/01/2018 à 05:14
Le camp 2 sur une « Tour de granit » très étroite, s'élève au-dessus du vide.		(DR)

Seul, à quelques mètres du sommet, son crampon cède

Jean-Marc Nowak est parti sur la chaîne himalayenne du Népal pour franchir « une des plus belles montagnes du monde ». Il a été stoppé net par un problème de matériel

Jean-Marc Nowak vient de rentrer de Katmandou. Parti fin octobre pour gravir, en solo, l'Ama Dablam qui culmine à 6 856 mètres, il a été stoppé net par un crampon qui s'est brutalement rompu. Il n'était qu'à 250 mètres du sommet… « De mémoires d'alpiniste, ça n'est jamais arrivé. Mais il y a des choses plus graves non ? Il faut rester humble face à la montagne », explique-t-il.

C'était un nouveau défi comme seul Jean-Marc Nowak les raconte. Avec ses mots à lui. Toujours précis, simple, discret.

Soutenu par le prince Albert II et la mairie de Monaco - dont il est retraité (il a 61 ans !), il est de nouveau parti au pays des sherpas.

Un décor qu'il connaît parfaitement depuis les nombreuses années au cours desquelles il a arpenté les sommets les plus mythiques de la plus grande montagne du monde. Quand ce n'est pas pour contribuer à l'action de l'association monégasque Namaste en faveur des enfants de la région de Rigaon au Népal.

« C'est en remontant le Khumbu, au cœur du pays des sherpas, que l'on aperçoit la forteresse himalayenne qui se dévoile majestueusement. Cette montagne "sacrée", domine le village de Pangboche, où vit ce peuple himalayen si attachant. Sa pyramide de glace et de roc dégage une splendeur sans pareille. L'attirance irrésistible qu'elle exerce est unique. On est envahi par la lumière, la beauté et la sérénité des lieux ».

Sur le toit du monde, les températures oscillent entre -15 et -30° à cette saison. L'oxygène manque.

« Jusqu'à 6 000 m, la paroi est presque verticale »

« Le froid ne me dérange pas. J'ai une adaptation différente des Occidentaux. Mon organisme s'acclimate comme celui des sherpas. J'ai fait de grosses étapes. J'ai jugé que je me sentais bien. Je suis passé directement de 3 à 4000 mètres, puis 4 900 et 5 600… » Jean-Marc Nowak a donc sauté des paliers qui se font habituellement tous les 5 à 600 mètres au-delà de 4 000 mètres d'altitude pour éviter l'œdème pulmonaire.

Quand il arrive au camp de base, à 4 500 mètres, la température est de moins 30 degrés. « Jusqu'à 6 000 mètres, essentiellement rocheux, la paroi est presque verticale. Pour grimper au camp 2 se trouve l'un des passages les plus difficiles avec une escalade sur du bon granit. La dernière partie est exposée et verticale sur 30 mètres. L'ascension reste technique avec le vide de chaque côté. On installe le camp sur une "Tour de granit" très étroite, qui s'élève au-dessus du vide. »

« Le crampon bricolé a cédé à cinq reprises »

Puis il est face à l'ultime étape. « Je me suis couché vers 16 heures ; suis parti seul vers minuit et demi pour arriver au sommet au lever du jour. J'ai grimpé 150 mètres avec une lampe frontale. Il me restait dix mètres avant d'arriver sur la glace. Et là, mon crampon s'est soudain cassé. Je suis redescendu en rappel, en rageant un peu. J'ai bricolé la chaussure avec une sangle. Je double tout mon matériel. Mais ça, c'est un truc qui n'est jamais arrivé ! Je suis remonté. Il y avait une pente terminale à 50 degrés. Après les parois verticales, on a l'impression que c'est plat. Mais impossible. Le crampon bricolé a cédé à cinq reprises. J'étais à 250 mètres du sommet. J'ai descendu toute la montagne en rappel jusqu'au camp à 5 700 mètres. »

La déception de Jean-Marc Nowak n'a pas duré bien longtemps. « Je suis ensuite resté dix jours avec des amis tibétains. J'aime vivre leur vie. Ils ont de belles valeurs. On allait dans les monastères, on accompagnait les enfants à l'école, on discutait… Je n'ai peut-être pas fait le sommet mais c'était une grande satisfaction de porter les couleurs de Monaco aux côtés de cette population népalaise. »

De retour en France, Jean-Marc Nowak se partage entre La Turbie où vit sa famille et Saint-Martin de Vésubie. Et déjà, il organise 2018. « Je prépare un voyage au Groenland avec Stéphane, le fils de Paul-Emile Victor. Je compte ensuite aller en Antarctique. »

Une retraite comme il en est peu…


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