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Ses brèves des urgences cartonnent sur la Toile

Mis à jour le 01/03/2020 à 11:25 Publié le 01/03/2020 à 11:25
Jean-Pierre Torres présente son « journal d’un urgentiste », sorti en novembre dernier.

Jean-Pierre Torres présente son « journal d’un urgentiste », sorti en novembre dernier. C.G.

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Ses brèves des urgences cartonnent sur la Toile

Aujourd’hui médecin généraliste à Sainte-Maxime, Jean-Pierre Torres a créé, il y a sept ans sur Facebook, la page « Perles du Samu » dédiée aux urgentistes, suivie par 45 000 personnes

Jouer avec les maux ». Cette jolie expression couchée sur son livre « Cinquante fragments de vie » sorti en novembre dernier (1) illustre parfaitement l’esprit de son ouvrage et de sa page Facebook « Perles du SAMU ».

Celle d’un médecin grenoblois qui fut urgentiste pendant 25 ans et médecin du SAMU pendant plus de 20 ans. Une fonction comme un sacerdoce qu’il a profondément aimée, mais a finalement quitté « pour les mêmes raisons que les urgentistes font grève aujourd’hui ».

Soignants face à l’administration

Les raisons de cette colère, il les comprend et les explique : « A l’hôpital, on est maltraité par l’administration. Il y a d’un côté les soignants très investis dans leur métier, qui aiment les gens. On ne peut pas choisir la médecine sans être empathique. Et de l’autre côté, il y a l’administration qui raisonne en termes de rentabilité. C’est radicalement opposé. Profiter de notre faculté de dévouerment pour nous en demander toujours plus, c’est dégueulasse ».

Installé depuis 2015 comme médecin généraliste à Sainte-Maxime, Jean-Pierre Torres a tourné cette page douloureuse et néanmoins passionnante.

Si intense qu’il en a emporté un bout avec lui, sous forme d’anecdotes consignées sur sa page Facebook « Perles du SAMU » créée en 2013.

L’idée de raconter sa profession lui est venue après avoir vécu une histoire ubuesque, comme ce métier peut en receler (anecdotes à lire dans l’encadré ci-dessous).

« Au début, on était un sur la page : moi-même. Puis les copains du SAMU s’y sont mis aussi. Il y a tant à raconter. Les amis ont suivi, puis les sapeurs-pompiers, les infirmiers (es) et très vite, ça a fait tâche d’huile ».

Aujourd’hui, la page est suivie par 45 000 personnes et alimentée par le vaste monde des urgences : des aides-soignants aux internes, en passant par les ambulanciers ou les sapeurs-pompiers.

Mais si cette page s’inscrit dans la continuité, c’est aussi grâce à l’exigence de son fondateur sur la forme : le respect de l’anonymat. Aucun nom ou lieu ne doivent être dévoilés, sauf ceux qui ont fait la une, le parti pris de la bienveillance, de l’empathie et de l’éthique pour rédiger son anecdote, aucune tolérance pour l’insulte et, enfin, une écriture dans un français soigné et respectueux et surtout pas en style texto : « Notre langue est si belle ».

Un état d’esprit qui s’est révélé fédérateur et a donné l’envie à beaucoup de se lancer et de faire passer des émotions.

« Cette page n’est pas un exutoire. Elle est là pour montrer notre quotidien, les réalités de notre métier avec ses drames et ses joies, ses moments intenses et ses fous rires ».

À cette charge émotionnelle, les contributeurs de la page y opposent la dédramatisation : « Pour faire baisser la pression, on se fait souvent des tours entre nous. C’est important de rire dans un tel environnement. Cela n’empêche pas le respect ».

Le médecin confesse adorer l’humour potache, de carabin. Cet humour omniprésent dans le fil de la page Facebook l’est aussi dans le livre tiré de ses histoires les plus marquantes : « les fidèles étaient friands de mes récits que je relate tous les 2 000 abonnés supplémentaires. À force de recevoir des messages privés les réclamant, j’ai décidé de me lancer. Ce sont eux qui m’ont poussé à réaliser cet ouvrage ».

Passage de relais

Une belle aventure qui lui a permis de montrer la face méconnue des services d’urgence : « que les gens se rendent compte des situations dans lesquelles on peut se trouver. Je suis parti du SAMU il y a 6 ans : un jour, j’arriverai au bout de mes histoires. Mais l’important pour moi c’est la relève et faire passer des messages : j’alerte par exemple sur les dangers de la ceinture de sécurité ventrale à l’arrière d’une voiture. Je donne aussi des conseils aux jeunes médecins : faites attention à vos équipes, toutes fonctions confondues. Appuyez-vous sur leur expérience. Si certains messages passent et qu’ils continuent sur cette voie, alors j’aurai gagné ».


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