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Sandrine Flury : l'artiste qui aimait les défauts

À l'occasion du Forum des Artistes, qui se poursuit jusqu'au 17 juin à l'auditorium Rainier-III, l'artiste fascinée par les objets, la superposition comme la déformation, livre sa vision des choses

Sarah Ciampa Publié le 09/06/2018 à 05:25, mis à jour le 09/06/2018 à 05:25
Sandrine Flury, auteur de la photographie « Monaco Tremble ».
Sandrine Flury, auteur de la photographie « Monaco Tremble ». S.C.

C'est un chaleureux atelier, boulevard de Suisse, au Schuylkill. « J'habite dans la résidence et j'y travaille ». Pratique. Même si dans son petit atelier Sandrine Flury se sent parfois à l'étroit, « je suis obligée de faire mes grandes installations ailleurs, ici il n'y a pas la place ». Celle qui se décrit comme «artiste polyvalente», rêve d'un lieu de plain-pied avec de grands espaces vides. « Mais en tant que maman, c'est plus commode ici, je n'ai pas loin jusqu'à chez moi ». « Je n'ai pas toujours été là. Avant je travaillais à Nice ; puis à Cap-d'Ail. Et j'ai eu l'opportunité de m'installer au Schuylkill. Je n'allais pas refuser ».

Plasticienne résidente monégasque, elle fait partie des sculpteurs et peintres qui exposent à l'Auditorium Rainier-III jusqu'au 17 juin, dans le cadre du 4e Forum des artistes de Monaco.

L'enfant de Besançon, est arrivée sur la Côte d'Azur il y a longtemps maintenant. Résidente monégasque depuis 20 ans, elle a commencé par des cours d'arts plastiques à Menton, où elle a vécu, puis s'est dirigée vers des études de lettres, « mais je suis vite retournée à mes premières amours ». Nos passions ne nous quittent jamais.

 

Alors, elle débute une scolarité dans l'art. D'abord au Pavillon Bosio, l'école supérieure d'arts plastiques de la Mairie de Monaco. « J'ai fait un an préparatoire puis une première année de formation aux arts plastiques ».

Elle intégrera ainsi directement la Villa Arson, à Nice. « Là-bas il faut se créer une famille. Ils forment quantité d'artistes avec un univers propre à chacun. C'est très agréable de travailler dans ce genre d'école ». Comme les autres étudiants, Sandrine a pu y développer son talent personnel.

« Je suis maniaque»

« J'aime ce qui n'est pas droit. La bavure sur le papier, le trait décalé… J'aime les défauts. » Pourtant, elle le reconnaît, « je suis maniaque ». Et maniaque ou pas, elle se lâche.

Ces œuvres feraient hurler Monk… Photo floue, défaut d'imprimerie, stylos mordillés. « Le correctly perfect me parle moins. Les petits défauts, on les remarque. C'est ce qu'on retient le plus en général », souligne-t-elle. Pour Sandrine Flury, la valeur d'un objet est proportionnelle à son usure.

 

« Pour la fête du Prince, j'ai exposé une photo, "Monaco Tremble". J'avais peur qu'elle ne soit pas appréciée de tous mais bonne surprise j'en ai eu que des bons retours » L'artiste étonne. « Tout le monde ne comprend pas toujours mais c'est aussi une forme de provocation et j'aime ça ».

Il y a, dans le travail de Sandrine Flury, des références à Bertrand Lavier ou Marcel Duchamp. Elle considère ces deux artistes français comme des références ultimes. L'un, la touche particulièrement.

« Bertrand Lavier est un maître pour moi »

« Bertrand Lavier est un maître pour moi. Comme lui, je me sens très proche de l'objet. Je suis dans son courant ». Pas étonnant donc qu'elle s'inspire du maître. « Il y a quelques années j'ai réalisé des séries de photos, des superpositions de voitures de rallye que j'ai appelé Peugeot sur Alfa Romeo. C'est un clin d'œil à Bertrand Lavier… Lui aussi a joué sur la superposition en appelant ses œuvres "Brandt/Hoffner" ».

« Le monde de l'art n'est pas évident »

Indépendante, elle travaille seule mais aime partager sa passion. « Je donne des cours particuliers, en petit comité. Nous faisons de tout, du dessin, de la sculpture. Je varie les plaisirs. J'ai déjà collaboré avec différents établissements monégasques, FANB, le collège Charles-III et aux alentours ».

Elle a également travaillé avec l'association le Logoscope, présidée par Agnès Roux. « Ce sont des passages qui nourrissent mais il faut savoir prendre le large (...) Le monde de l'art n'est pas évident. Il faut se montrer, être présent aux vernissages. Quand on est maman c'est compliqué de tout gérer ».

 

Mais l'artiste relativise, aujourd'hui, elle se plaît à varier les formats. Elle vit chaque nouvelle exposition comme un tremplin et, qui sait , peut-être que cette année, c'est elle qui remportera le «Prix du public» du Forum des Artistes de Monaco.

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