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Sacré-Coeur : le nouveau souffle du grand orgue

Menton En pleine rénovation après cinq longues années de mutisme, l'instrument résonnera bientôt dans l'enceinte de l'église pour célébrer mariages, enterrements et messes

Thibaut Parat Publié le 25/06/2016 à 05:12, mis à jour le 25/06/2016 à 05:12
Encore amputé de dizaines de tuyaux, le grand orgue du Sacré-Cœur de Menton résonnera bientôt de nouveau. « D'ici le dernier trimestre de l'année », espère très fort l'organiste.
Encore amputé de dizaines de tuyaux, le grand orgue du Sacré-Cœur de Menton résonnera bientôt de nouveau. « D'ici le dernier trimestre de l'année », espère très fort l'organiste. Cyril Dodergny

Il pousse les lourdes portes du Sacré-Cœur. Grimpe un étroit escalier en colimaçon. Jusqu'à son bébé. Le grand orgue, en pleine rénovation. Encore amputé de dizaines de tuyaux et de son clavier. « Je suis les travaux au jour le jour », souffle Dominique Baubet, l'organiste titulaire de la paroisse Notre-Dame des Rencontres depuis plus de deux décennies. L'homme de 67 ans est une sorte d'inspecteur des travaux finis. Sauf qu'ici, le relevage (1) orchestré par la maison transalpine Tamburini n'est pas encore achevé. « Il faudra sûrement attendre le dernier trimestre de l'année pour pouvoir jouer », espère l'organiste qui, pour l'instant, réchauffe les cœurs lors des enterrements, mariages, baptêmes et autres messes dominicales, au clavier d'un mini-orgue, niché à gauche de l'autel.

Peut-être pas le même coffre. Mais toujours ce même feu sacré lorsqu'il pianote sur les touches.

L'orgue, un ami sauvé du naufrage

 

Il contourne son voisin d'en haut. Caresse tendrement sa base en bois. « Ils font vraiment du bon travail », sourit-il, au chevet de celui qu'il considère comme « un ami » en convalescence.

Un ami « sauvé du naufrage ».

L'orgue, un être humain. Pas insensé comme pensée pour ce Roquebrunois. « Le moteur, c'est son cœur. Les soufflets sont les poumons. Et les tuyaux, les cordes vocales », prouve-t-il, un brin excité à l'idée de le faire résonner à nouveau.

Car depuis cinq ans, le grand orgue du Sacré-Cœur est resté muet comme une carpe. Usé par les affres du temps. Pas aidé par une restauration mal conçue dans les années soixante-dix. Encore moins par les vers qui prenaient un malin plaisir à ronger le sommier (2) et les pieds. « Ils venaient m'écouter, se marre Dominique Baubet, avant de reprendre un air grave. Quatorze ans que je tire la sonnette d'alarme. J'ai cassé les pieds à tout le monde. Quand on a voulu accorder l'orgue pour l'installation du curé précédent, ça sentait le roussi. Ca devenait dangereux et on risquait des déboires. »

Alors l'association pour le rayonnement des orgues du Mentonnais est sortie de son sommeil par cet hyperactif croyant. Les concerts se multiplient pour grossir la cagnotte afin de rénover la « bête ». Lui, au clavier accompagné par des musiciens et solistes professionnels, tous bénévoles pour la bonne cause. Il y a eu aussi les membres de la chorale et son chef de chœur. Mais aussi le père Guglielmi, très vite conscient des bienfaits d'une telle présence dans son antre.

Encore quelques mois de patience

 

Tous au chevet cet orgue, surplombant la nef du Sacré-Cœur depuis 1936, grâce à l'action du feu chanoine Bonfante. Sans cet élan de générosité, sans doute serait-il encore en train de dépérir. « On peut parler de coup de force, je connais des organistes qui ont attendu quinze années », déplore Dominique Baubet.

Maintenant, il faudra prendre son mal en patience. Le temps que tout soit assemblé. Le temps que le facteur d'orgue, « Maestro » Tamburini réaccorde l'instrument à vent, « jeu par jeu ».

L'orgue retrouvera, alors, son cachet d'antan. Sa musique mélodieuse de jadis. A faire pleurer dans les chaumières. « Ce jour-là, il faudra m'amener une bassine et des mouchoirs », annonce l'organiste titulaire.

« Écoutez, quand vous donnez tant d'année pour sauver un ami… »

Offre numérique MM+

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