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Robert Rebutato, "l'apprenti" de Le Corbusier s'en est allé

Mis à jour le 19/02/2016 à 05:06 Publié le 19/02/2016 à 22:34
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Robert Rebutato, "l'apprenti" de Le Corbusier s'en est allé

Fils de Thomas, propriétaire de la guinguette l'étoile de mer sur Le Cap et ami de l'architecte suisse, il a grandi dans ses pas. Il s'est éteint mercredi à Paris, après avoir œuvré à l'édification du site Cap Moderne

À sa manière, il faisait partie du patrimoine roquebrunois. Et plus philosophiquement de l'histoire de l'architecture moderne. Robert Rebutato, figure liée aux sites classés Le Corbusier et Eileen Gray dans Le Cap Martin, est décédé mercredi, à Paris, des suites d'une longue maladie à l'âge de 79 ans. Et c'est une page de l'histoire de Corbu sur la Côte d'Azur qui s'est refermée avec lui.

Il ne s'en cachait pas d'ailleurs, sa voie et sa vie ont été intimement tracées dans les pas de l'architecte suisse, père des concepts modernes de la discipline. Parce qu'il l'avait connu et côtoyé depuis l'enfance. Proche, très proche. Comme un fils spirituel.

Robert, fils de Thomas, ce plombier de Beausoleil tombé amoureux du Cap Martin et d'une de ses plages en particulier. Pêcheur, il y emmenait sa famille et voulait y édifier un cabanon de réserve. Il acquiert à l'aube des années cinquante, une parcelle de 1.000 m2, mitoyenne de la villa blanche de Jean-Badovici (aujourd'hui E-1027). Il avait imaginé y construire 6 cabanons à vendre et n'en conserver qu'un seul. Mais l'histoire en a voulu autrement. En difficulté financière, Thomas Rebutato, ouvre finalement un restaurant dans son cabanon. Une guinguette baptisée l'étoile de mer.

Dans les pas du guide

Le premier client à fouler l'entrée sera un invité du voisin. Un certain Le Corbusier, accueilli par le petit Robert, alors âgé de 12 ans.

Et le maître bâtisseur de se lier d'amitié et d'affection avec les Rebutato. De prendre «Robertino», comme il l'appelait affectueusement, sous son aile. «Il m'a pris peut-être pour un gamin qu'il n'avait pas eu avec sa femme Yvonne», déclarait Robert Rebutato.

Et les étés ont passé à l'ombre des pins du Cap Martin. Dans l'ombre de Corbu, avec qui il échangeait, bavardait. Au côté duquel il a vu s'ériger le célèbre cabanon et les unités de camping pensées pour son père Thomas.

Jusqu'à en faire une figure tutélaire. Celle d'un guide. Adulte, Robert est devenu presque naturellement architecte. Cherchant sa voie professionnelle, c'est Le corbusier qui a fini par le lancer. Dans son étude parisienne et pour plancher sur le modèle de l'unité d'habitation de Firminy (site aujourd'hui classé aux monuments historiques). Selon la règle corbuséenne du Modulor ou l'espace vital en habitation. Là, Robertino retrouve «la famille» de Corbu qu'il a vu se fonder l'été au bord de la grande bleue. Les disciples du maître.

Transmettre

En 1965, alors qu'il travaille sur un projet d'hôpital à Venise, Robert apprend la mort de Le Corbusier. Un choc et un déclic. Patrimonial. Conserver et faire perdurer son œuvre. Préserver le site de son enfance pour en faire un cas d'école. Dès lors, il y mettra une bonne partie de son énergie.

En faisant le lien affectif et objectif entre le conservatoire du littoral, propriétaire de la Villa E-1027 et du Cabanon et la municipalité de Roquebrune-Cap-Martin qui se chargeront de réaliser une structure cadre et de rénover l'existant. Facilitateur d'un projet d'ensemble aussi, lorsqu'il cède au conservatoire les terrains de son père avec les unités de camping et la célèbre guinguette. Parce qu'il voulait réaliser un ensemble cohérent et ouvrir l'œuvre du Corbusier au plus grand nombre (une école est en projet sur site). Pari réussi en juin 2015, lorsque les unités bâties restaurées à grands frais, sont inaugurées sous l'appellation Cap Moderne. Une fierté pour cet homme discret qui affichait alors un sourire et une joie non feinte. Robertino ne verra pas la consécration de ce lieu de son vivant. L'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco a été demandée mais pas encore accordée.

«Il était le dernier témoin de la vie roquebrunoise de son «guide» Le Corbusier. C'est avec beaucoup de tristesse que j'apprends sa disparition. La dernière fois que nous nous sommes vus, c'était pour l'inauguration de Cap Moderne; Il fut l'acteur majeur de la valorisation de ce site, parce qu'attaché à l'œuvre de Le Corbusier et à sa transmission. Il manquera», estime Patrick Césari, maire de Roquebrune-Cap-Martin.

On gardera en mémoire aussi le souvenir d'un homme humble, paisible et sensible. Généreux dans l'échange et la transmission de son savoir.

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