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RÉCIT. Un de nos journalistes a passé le test du dépistage du coronavirus à Marseille, il raconte

Mis à jour le 27/02/2020 à 11:10 Publié le 27/02/2020 à 07:09
Dans les couloirs de l’hôpital de la Timone, il faut attendre plusieurs heures avant d’obtenir le résultat de ses analyses. Dans le même temps, des messages de prévention ont été diffusés sur les écrans de communication des autoroutes du Var.

Dans les couloirs de l’hôpital de la Timone, il faut attendre plusieurs heures avant d’obtenir le résultat de ses analyses. Dans le même temps, des messages de prévention ont été diffusés sur les écrans de communication des autoroutes du Var. O.B. et Patrick Blanchard

RÉCIT. Un de nos journalistes a passé le test du dépistage du coronavirus à Marseille, il raconte

Passé par l’Italie, un de nos journalistes est revenu avec des symptômes du coronavirus. Il a dû aller à l’hôpital de la Timone à Marseille. Après une longue attente et des résultats négatifs, il raconte

Plus de huit heures d’attente. Assis dans un couloir, posé sur une chaise, un masque sur le visage. Avec un mot en tête, celui du coronavirus. Olivier est journaliste à Var-matin Toulon. Durant ses vacances, il a passé quelques jours dans le Tyrol italien et à Milan. Ce lundi, il a commencé à se sentir patraque. "J’ai eu de fortes fièvres, avec des tremblements et de la toux. Cette nuit (entre mardi et mercredi), j’ai eu une grosse poussée. Ma compagne a insisté pour que j’appelle SOS Médecins", confie-t-il. Au téléphone, son interlocuteur lui demande de décrire ses symptômes et s’il a séjourné dans une zone à risques. Affirmatif. "Il m’a aussitôt conseillé d’aller à la première heure à la Timone à Marseille" (le centre hospitalier est habilité pour traiter le coronavirus). Arrivé à 9 h 30 au cœur de l’hôpital phocéen, Olivier a été orienté vers le pavillon IHU Méditerranée Infection.

Arrivé à 9h30, les résultats à 18h30

"J’ai d’abord rempli un questionnaire, puis ils m’ont fait deux prélèvements. Un au fond de la cloison nasale, l’autre dans la gorge. On m’a expliqué qu’il faudrait attendre trois à quatre heures avant d’avoir les résultats." Raté. Le verdict tombe à 18 h 30. Négatif. "C’est un automate qui détecte les signes du virus dans les prélèvements. Pour ceux qui se présentaient tôt, c’est allé vite. Mais au fil de la journée beaucoup de monde est arrivé."

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 En effet, comme Olivier, ils étaient une quarantaine, mercredi, dans les couloirs de la Timone, venus d’Avignon, Gap ou Toulon. Tous aiguillés en ces lieux par leurs médecins. "En parlant avec les gens, on s’aperçoit que les profils sont les mêmes : envoyés par SOS Médecins, le médecin traitant ou le SAMU. Certains n’auraient jamais dû être là. Mais si vous dites que vous avez séjourné en Italie, ou autre zone à risque, même avec un simple rhume, on vous envoie ici. Il y avait des gens en pleine forme qui se racontaient leurs souvenirs du Carnaval de Venise", sourit Olivier.

Lui était moins en forme, avec des poussées de fièvre. "À un moment, j’étais amorphe sur ma chaise. Il a fallu demander quelques médicaments pour encaisser l’attente. » À cela, on peut ajouter un plateau-repas servi le midi. Et du thé au fil de la journée. « Deux jeunes femmes revenaient d’un déplacement professionnel à Singapour. À leur retour, leurs collègues les ont quasiment obligés à venir se faire dépister. Un autre retraité m’expliquait que comme il toussait, sa femme lui a dit de venir ici."

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D’autres, lassés d’attendre, pestaient gentiment: "Si j’avais su que j’allais patienter toute la journée, je n’aurais pas parlé à mon médecin de mon voyage à Venise. Pour un simple rhume…"

Entre inquiétude et impatience, d’autres clamaient : "Nous sommes stupides, nous nous sommes constitués prisonniers". Oui, car une fois à l’intérieur de l’IHU, impossible de quitter les lieux sans avoir son résultat. Négatif évidemment.

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Quid si l’épidémie s’étend?

"Au final, nous avons vu deux infirmières et un médecin, qui d’ailleurs n’a pas été très clair dans ses explications. Mais ça donne l’impression d’être déjà à flux tendu, alors que nous sommes loin de la situation de l’Italie par exemple. Si les choses devaient s’aggraver, ça risque d’être compliqué. Là, nous étions déjà les uns sur les autres, cela ne semble pas adapté notamment pour les enfants", conclut Olivier avant de reprendre sa voiture pour regagner Toulon.

Vendredi, il lui faudra tout de même retourner chez le médecin pour savoir ce qu’il a vraiment et par la même occasion obtenir son arrêt maladie.

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