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Rapport du GIEC à Monaco : des prévisions alarmantes

Mis à jour le 22/09/2019 à 10:24 Publié le 22/09/2019 à 10:24
Vendredi, dans l’auditorium Prince Pierre, 111 pays et 16 organisations observatrices étaient présents.

Rapport du GIEC à Monaco : des prévisions alarmantes

Au cœur de l’auditorium Prince Pierre à Monaco, les chevalets ont été placés par ordre alphabétique.

Au cœur de l’auditorium Prince Pierre à Monaco, les chevalets ont été placés par ordre alphabétique. 10 heures, vendredi, tout le monde est à sa place. Seize organisations observatrices et cent onze pays représentés qui, pour certains, ne sont pourtant pas franchement amis sur quelques sujets géopolitiques. Pour le coup, la raison de leur présence est fédératrice : le changement climatique. Et, plus précisément, la 51e session du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, plus connu sous l’acronyme de GIEC.

Jusqu’à demain, plus de 500 scientifiques et experts mondiaux plancheront sur le Rapport spécial centré sur les océans et la cryosphère 1) dans un contexte de changement climatique (2). Avant de le valider définitivement. Neuf cents pages desquelles sera extraite une note de synthèse - de 25 à 30 pages - présentée à la presse ce mercredi. Puis adressée aux décideurs politiques.

Tableau très sombre

Il y a urgence, on le sait. « Les prévisions du rapport sont alarmantes », confie le prince Albert II. Le dernier rapport du GIEC, en 2014, tablait, pour le pire scénario, sur une augmentation de la température moyenne globale de 4,8 °C par rapport à la période préindustrielle. Il y a quelques jours à peine, une centaine de scientifiques et ingénieurs parlaient, eux, de +6,5 à 7 °C en 2100 si la croissance venait à s’emballer frénétiquement.

« Nous avons besoin d’agir et d’agir vite. Pour cela, nous avons besoin de comprendre, de repères et bien entendu de solutions (...) Le monde a besoin d’une expertise scientifique transparente, objective, globale et contradictoire, a martelé, vendredi, le souverain lors de la cérémonie d’ouverture. Ce moment est important pour les défenseurs de l’environnement que nous sommes tous ici, car il faut répondre à ceux qui entravent notre action. Il nous faut convaincre tous nos contemporains de la nécessité de protéger les océans et glaces de ce monde. Il est important pour les humains, ici et ailleurs, pour ceux qui vivent aujourd’hui ou demain, car il en va des équilibres de notre monde, de son climat, mais aussi de sa biodiversité et, peut-être de notre survie. »

Le rapport de 900 pages, dont l’AFP (Agence France-Presse) a publié une synthèse fin août, dresse un tableau très sombre de l’état de cette immensité bleue qui couvre plus de 80 % de la planète Terre.

Les océans pourraient clairement devenir nos pires ennemis. Raréfaction des réserves de poissons, plus de dégâts causés par les cyclones et une hausse du niveau des mers qui pourrait déplacer, à terme, 280 millions de personnes dans le monde. Et ce, dans l’hypothèse (optimiste) d’un réchauffement limité à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle. « Les océans sont d’une importance capitale. Certains changements climatiques dureront, d’autres pourraient ne pas continuer. Cela dépend des choix et des décisions que nous prendrons », souffle Elena Manaenkova, secrétaire général adjoint de l’Organisation météorologique mondiale.

Un timing pas anodin

Justement, le timing de cette session et la publication officielle du rapport ne semblent guère anodins. « La pertinence politique est la marque de fabrique du GIEC et le calendrier de ce rapport ne saurait être plus pertinent », a glissé Hoesung Lee, président du GIEC. Les dirigeants du monde entier se réunissent (ce lundi, ndlr) à New York pour l’Assemblée générale des Nations-Unies et le Sommet sur le climat convoqué par le secrétaire général afin de stimuler les ambitions et accélérer les mesures de lutte contre le changement climatique. Ce rapport constituera également une contribution précieuse à la Conférence de Santiago sur le changement climatique. »

Une « COP 25 » d’ailleurs renommée « COP Bleue » par le pays hôte, le Chili. Lequel veut mettre en valeur le rôle joué par les océans - comme absorbeur de C02 - dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Andres Couve Correa, ministre des Sciences, de la Technologie, du Savoir et de l’Innovation au Chili, en a profité pour développer les mesures concrètes appliquées dans son pays comme la protection de 43 % de leur zone économique marine exclusive et une neutralité carbone d’ici 2050. Comme Monaco.

« Partager les informations sur nos océans et nos glaces entre pays, entre communautés, et l’établissement de stratégies de collaboration pour utiliser ces données est essentiel pour générer et coordonner les efforts mondiaux d’action climatique. Cela fait partie d’un défi urgent et incontrôlable qui ne connaît pas de frontières et qui révèle l’ampleur de l’intégration du climat et de la vie sur cette planète. Chacun doit faire partie de la solution », a-t-il justement conclu.

Jean-François Ottonello

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