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Quinze mois avec sursis requis pour avoir volé l'Etat

Mis à jour le 12/03/2018 à 05:08 Publié le 12/03/2018 à 05:08
	(Archives photo Cyril Dodergny)
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Quinze mois avec sursis requis pour avoir volé l'Etat

Deux Monégasques risquent quinze mois avec sursis pour avoir volé de l'argent au préjudice du service des Titres de circulation.

Deux Monégasques risquent quinze mois avec sursis pour avoir volé de l'argent au préjudice du service des Titres de circulation.

« C'est scandaleux ! Vous êtes monégasques et vous volez l'État ! Le statut protecteur du pays ne vous suffit-il pas ? La loi prévoit une peine de dix ans de réclusion pour ceux qui détournent de l'argent au niveau administratif. C'est un crime ! Vous aviez de la chance de travailler pour la Principauté. Comme Madame avait une formation bancaire, elle s'est aperçue de la faille informatique dans le service des Titres de circulation. À vous deux, c'est quelque 3 000 euros qui ont disparu des caisses du département concerné… »

Au cours de ses réquisitions, le procureur Cyrielle Colle laisse exploser sa colère. Debout, elle porte avec insistance son regard sur les deux fautifs côte à côte à la barre et leur reproche le système astucieux pour s'emparer des sommes en numéraires.

34 annulations de factures payées en espèces

En finalité, la magistrate réclame quinze mois d'emprisonnement assortis du sursis pour chacun, afin de sanctionner le comportement indécent des prévenus entre décembre 2016 et mars 2017.

Tout part d'une plainte de la chef de service contre les deux employés.

Cette femme est avertie par la comptable de trente-quatre annulations de factures payées en espèces sans les rééditer afin de récupérer le montant des règlements versés.

Au cours de l'enquête, cette femme de 28 ans, aujourd'hui licenciée et au chômage, reconnaît les manœuvres frauduleuses à hauteur de 2 416 euros.

À l'audience, la coupable justifie ses vols à cause des difficultés financières pour aider son beau-père resté en Amérique du Sud. Elle a bien alerté tous les services sociaux de la Principauté, mais sans rien obtenir. Après avoir rappelé la manière d'effectuer les prélèvements malveillants épars et néanmoins fréquents, le méthodique président Jérôme Fougeras Lavergnolle, demande à l'intéressée de s'expliquer.

« Je regrette mon comportement ! Mais je n'ai repéré aucune faille dans le système de comptabilité. J'incitais seulement les clients à régler les factures en argent liquide. J'ai tout remboursé par chèque… »

En revanche, le fonctionnaire, âgé de trente ans, conteste les treize factures annulées pour un montant de 504 euros. Le président n'élude pas l'éventuelle complicité d'une liaison amoureuse.

Le prévenu réfute cette participation intentionnelle.

« Non, c'est fini ! Sur les faits, je suis souvent amené à quitter mon poste. On a pu en profiter pour faire des malversations. Peut-être est-ce une cabale de la part de la comptable. Elle a pu faire des manipulations à partir de son poste. D'autant que je m'entendais assez mal avec la chef de service. Sans oublier que les tiroirs-caisses ne sont pas verrouillés : tout le monde peut se servir. »

Pour la partie civile, Me Hervé Campana évoque « la trahison envers l'employeur. Quelle coïncidence étrange que tout cesse dès l'instant où Monsieur aide la comptable à retrouver les erreurs. Même son identifiant disparaît ! Condamnez les deux personnages in solidum à rembourser les 504 euros, 2 000 euros de frais de justice et autant pour le préjudice moral. »

Dans les plaidoiries, la défense va s'élever contre la peine requise et des demandes de l'État. Me Arnaud Cheynut : « Les faits n'ont pas mis le service de la Circulation en péril. Ma cliente a tout perdu. Comment va-t-elle financer son foyer ? Diminuer le quantum. »

Me Thomas Brezzo : « Rien ne démontre la responsabilité de mon client. L'erreur est humaine et un bug informatique doit être pris en compte. La relaxe ! »

Le tribunal a mis l'affaire en délibéré et rendra sa décision mardi 20 mars, à 9 heures.


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