Qui sont ces familles qui brillent au 45e Festival du cirque de Monte-Carlo

Depuis 1974, le Festival a vu défiler des générations de familles de cirque dont les nouveaux représentants se taillent cette année la part belle dans le programme de cette 45e édition.

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Cédric Vérany Publié le 23/01/2023 à 11:00, mis à jour le 23/01/2023 à 12:32
Bruno Togni et ses fauves, les princiaples vedettes de ce 45e édition du Festival du cirque de Monte-Carlo Photo François Vignola

Au Festival du cirque de Monte-Carlo, on a l’habitude de dire "tel père, telle fille" pour évoquer la filiation de présidence entre le prince Rainier III et la princesse Stéphanie.

Cette dernière défendant bec et ongles le travail effectué par son père pour donner au cirque ses lettres de noblesse et faire du chapiteau de Fontvieille, la piste aux étoiles la plus prestigieuse pour les familles de cirque. De génération en génération.

Et cette 45e édition, qui se poursuit jusqu’au 29 janvier, ne déroge pas à la règle.

Kris et Harrison Kremo à l’unisson

Tel père, tel fils : Harrison suit les pas de son père, le jongleur Kris Kremo, lui même formé en son temps par son père, Béla. Photo Manuel Vitali/Dir’Com’.

À l’image de cette passation de pouvoir qui se joue sur la piste entre Kris Kremo et son fils Harrison. Clown d’argent lors du 8e festival, Kris Kremo a participé au 20e, au 30e et au 40e anniversaire.

Accentuant à chaque fois sa précision dans l’art du jonglage. Une dextérité probablement transmise dans l’ADN de cette famille de cirque dont les ancêtres étaient icariens germano-hongrois.

Ce qu’il sait de la piste aux étoiles, Kris Kremo le tien de son père Béla, gloire de sa discipline avec lequel il a démarré en duo.

À 72 ans, il forme ce duo depuis 2018 avec son fils Harrison, dont la mère - Yelena Larkina - est aussi artiste.

"C’est un grand privilège d’être à Monte-Carlo, nous prenons beaucoup de plaisir", assure Harrison, 24 ans, qui espère au fil des représentations voir diminuer la nervosité pour gagner en plaisir "mais c’est assez stressant de performer devant la princesse Stéphanie".

René Casselly Junior en action avec sa partenaire Photo François Vignola.

René Casselly Junior, le petit génie

C’est un garçon qui cumule les atouts: une gueule à faire du cinéma, une agilité dans le corps qui lui permet d’accomplir des prouesses. Un "petit génie" pour le monde du cirque diront certains. Un enfant de la balle pour sûr, né dans une famille circassienne allemande. Chez les Casselly, on est artistes de père en fils depuis six générations. Et René Casselly Junior a suivi la voie tracée par ses parents Alexia et René Senior depuis l’âge de quatre ans, lorsqu’il effectuait son premier numéro sur poney.

La famille a déjà brillé à plusieurs reprises sur la piste monégasque avec ses numéros d’éléphants et de chevaux, couronnés d’un Clown d’argent, puis d’un Clown d’or en 2012. René a aussi ravi deux Junior d’or en 2012 et 2016 à la New Generation.

Monaco est en presque devenue la deuxième patrie de la famille Casselly, même si son étoile - René Junior -s’est taillée une célébrité massive, hors des chapiteaux, en Allemagne. Son adresse et sa télégénie l’ont conduit à participer et à remporter Danse avec les Stars et Ninja Warrior outre-Rhin. Deux émissions de télévision où la maîtrise de son corps est primordiale.

"C’est une vedette des temps modernes de la télévision, mais le voir en direct, c’est mieux", glisse le docteur Alain Frère, en expert. Ce brio a ébloui le public du chapiteau de Fontvieille. Avec ses partenaires Merrylu Casselly et Quincy Azzario, René réalise une colonne à trois sur le dos d’un cheval en action, portant ses deux partenaires à bout de bras.

"Comme j’ai toujours été le plus petit et le plus léger, j’étais normalement celui qui était au sommet lors de portés. Cela a été beaucoup de travail de changer de rôle et d’apprendre à être le porteur", sourit le jeune homme de 26 ans, qui rassure: "je suis un garçon qui aime tenter de nouvelles choses, j’aime les challenges".

Le trio a travaillé quatre mois pour mettre au point ce nouveau numéro: dompter la technique, sélectionner l’animal idéal comme partenaire (un cheval de trait autrichien capable de faire les cabrades), mais aussi choisir la musique, imaginer la chorégraphie.

Délesté de ses deux partenaires, René Casselly Jr s’offre même un double saut périlleux arrière, sur le dos du cheval pour clore le numéro, sans longe de sécurité. Un exploit pour les spécialistes de la discipline.

"J’ai toujours eu ce rêve depuis l’enfance d’arriver à faire ce double saut périlleux arrière sur un cheval, car je n’ai jamais vu personne le faire. Mais une idée, ça ne fonctionne pas forcément", lance-t-il humblement.

Père et fils, ont pris le temps de trouver le cheval idéal parmi le parc familial pour lui enseigner son rôle dans ce numéro.

"Et il a le talent naturel pour y arriver" confie l’artiste, qui a appris à gérer le facteur risque de faire équipe avec un animal. "Ce n’est jamais simple, on ne sait jamais comment ils vont réagir sur la piste. C’est toujours un risque que nous prenons, mais sans risque il n’y a pas de plaisir".

Le petit-fils de Fernando Togni, Bruno est l’une des vedettes de cette 45e édition Photo François Vignola.

Bruno Togni, dresseur ami

En 1974, Fernando Togni, patron de cirque italien a été un des seuls à suivre le prince Rainier III dans son idée de créer un festival de cirque à Monaco.

Un demi-siècle plus tard, son petit-fils Bruno est l’une des vedettes de cette 45e édition, où il évolue sur la piste avec une dizaine de tigres.

"Quand à 19 ans, il m’a dit qu’il voulait commencer à faire du dressage, je lui ai déconseillé en lui disant de rester jongleur, c’est le meilleur travail du monde. Une fois que tu as fini de répéter, tu ranges tes balles dans la mallette et tu n’as rien à faire", sourit le père de Bruno, Flavio Togni, qui est aussi, à ce jour, l’artiste le plus primé du Festival international du cirque de Monte-Carlo avec trois Clowns d’argent et un d’or à son palmarès.

Confiant "son émotion et son stress d’être sélectionné sur la piste du plus grand festival de cirque au monde", Bruno Togni est bien décidé à s’inscrire dans les pas de son père comme virtuose dans le dressage de fauves.

Il présente un numéro qui témoigne d’une grande complicité avec les bêtes, pour prendre le contre-pied de critiques sur le travail avec les animaux.

"Ce rapport que j’arrive à avoir avec les animaux, il s’acquiert d’abord avec de la complicité, en passant beaucoup de temps avec eux sans jamais les forcer. La symbiose, elle vient d’abord par l’amitié", assure le jeune dresseur.

Conscient aussi des risques d’une telle proximité avec des fauves. "Les accidents peuvent arriver, quand les animaux ne sont pas à l’aise. Ce que je garde toujours à l’esprit, c’est que ce sont des tigres, pas des animaux domestiques".

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