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Quand le Studio Harcourt investit l'Hôtel de Paris

Mis à jour le 21/10/2016 à 05:12 Publié le 21/10/2016 à 05:12
La suite 321 de l'Hôtel de Paris a été transformée en plateau de tournage éphémère.
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Quand le Studio Harcourt investit l'Hôtel de Paris

Customisée par Maserati et Dom Pérignon cet été, la suite 321 du bâtiment Belle-Epoque reçoit jusqu'à lundi ceux qui souhaitent se faire tirer le portrait par le mythique studio photo

On y pénètre à pas de loup, dans un silence monacal que seul le clic typique d'un appareil argentique entrecoupe.

D'emblée, le charme du lieu subjugue. Une suite habitée, chaleureuse et tamisée. Loin d'être oppressante, la galerie de portraits Harcourt déposée sur les murs dégage une exquise sensation de bien-être. Lovée dans un sofa, entre l'iris perçant de Cate Blanchett et l'œil tendre de Mélanie Laurent, Laurence Aina, en charge du développement international du Studio Harcourt, acquiesce. « Quand on entre dans un de nos studios, on a l'impression de vivre avec toutes ces stars de cinéma, elles ont un regard bienveillant sur les visiteurs. » Un sentiment quasi mystique, fruit d'un décorum étudié et répondant à un thème ancestral : le cinéma.

Depuis mercredi, la suite 321 de l'Hôtel de Paris est une capsule temporelle. Une porte vers un monde en noir et blanc fidèle aux codes Harcourt. Au sol, les fils s'entremêlent au pied de perches et autres accessoires indispensables pour retranscrire la fameuse « Lumière Harcourt » dont les faisceaux dansent sur un cube où, jusqu'à lundi, de riches anonymes défileront pour se faire tirer le portrait. « Nous avons l'habitude de monter des studios éphémères dans les hôtels et palaces du monde entier mais nous n'avions jamais été aussi loin que ce projet avec la SBM, où l'on a vraiment décidé de retranscrire tout l'univers de Studio Harcourt pour que les gens, quand ils entrent dans la suite, aient l'impression de mettre le pied dans la magie Harcourt », se félicite Laurence Aina.

Une magie goûtée par les plus grands de ce monde, souvent familiers de Monaco et exposés du salon à la chambre de l'hôtel Belle-Epoque. Karl Lagerfeld, Novak Djokovic, Alain Ducasse… un éventail de talents immergé dans un univers bicolore. Binaire mais pas ordinaire.

« La qualité du regard »

Photographe depuis dix ans pour la mythique entreprise de photographie parisienne, Didier Bizos attend sereinement sa première cliente dans une suite entièrement remodelée pour l'occasion, de la peinture à l'ameublement. « Ils ont fait un beau travail, ça fait un bel effet. Il y a des regards extérieurs, intérieurs, des regards caméra qui se croisent… » Leur point commun : l'expressionnisme, le langage des yeux. « Le regard est d'une importance capitale, on travaille véritablement sur l'intensité que va dégager un regard et, normalement, tout le reste va être oublié. Si on regarde bien, tout est flou à part les yeux. C'est ça qui nous importe, la qualité du regard qui dit quelque chose de la personne qui est photographiée », précise Didier Bizos.

Et si les regards de stars ont bâti la renommée de Studio Harcourt, la « qualité » du regard n'est pas l'apanage des grands acteurs, si charismatiques soient-ils. « En règle générale, les acteurs détestent les photos. Donc on prend notre temps, on se rencontre, s'apprivoise au fur et à mesure pour que la personne s'ouvre un peu. Mais c'est le même processus pour une star qu'un anonyme. »

Si l'instantané a le goût - et le coût - du luxe (comptez 1 690 euros pour un portrait solo), le carnet de rendez-vous de l'équipe artistique sur ce séjour monégasque est déjà bien rempli d'anonymes désireux de détenir un portrait intemporel. « On fait surtout des portraits de famille, de couples. Ce week-end, on a une famille avec un petit bébé de 20 mois. L'idée, c'est toujours de laisser une trace indélébile. Il y a une volonté de transmettre de génération en génération. À Paris, on a régulièrement des dames de 80 ans qui viennent avec leur petite-fille pour leur offrir un portrait parce qu'elle-même l'avait fait à leur âge », confie Laurence.

« On sculpte la lumière »

Un savoir-faire made in France vieux de 80 ans et qui n'a pas souffert de la concurrence du numérique, personne n'osant marcher sur les plates-bandes d'un pan du patrimoine photographique français. Harcourt, une griffe et un ADN inviolables selon Didier. « On a des réunions tous les 15 jours entre photographes et avec le président Francis Dagnan pour ne pas s'en écarter ou, quand on s'en écarte, savoir pourquoi. » Une perpétuelle remise en question pour préserver l'équilibre savant entre un regard et une lumière. « La lumière Harcourt, c'est une lumière qui existait dans les années 30, il n'y avait pas d'autres moyens. C'est une lumière très spécifique, très ponctuelle où tout est d'une précision redoutable. On travaille au millimètre, c'est-à-dire qu'une ombre mal placée, c'est tout de suite un défaut dans l'image, visible même par les non spécialistes. »

Préposé au subtil exercice d'éclairage, Nicolas Le Provost décrypte cette « approche cinématographique ». « On sculpte la lumière différemment sur chaque modèle. Après, c'est une alchimie avec le photographe, on doit presque deviner avant ce qu'il veut. » Et jouir d'un cadre aseptisé. « En terme de luminosité, il nous faut des pièces très sombres, qu'on puisse obstruer. On travaille avec des temps de pose très longs et la lumière du jour est vraiment notre ennemie. »

« On travaille beaucoup dans le sur-mesure (lire ci-dessous) avec une clientèle fortunée. C'est un peu la haute couture de la photographie », conclut Laurence.

Jusqu'à lundi soir à l'Hôtel de Paris, sur rendez-vous (horaires flexibles). Portrait solo : 1 690 euros. Suite ouverte aux nuitées, du 25 octobre au 21 janvier.

Renseignements et résa au 06.85.86.56.00.


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