Propreté, exploitation, coût... la station d’épuration d’Antibes en question

C’est lors du dernier conseil communauté de la Commuanuté d’agglomération Sophia Antipolis que la station d’épuration d’Antibes a été évoquée. La question de l’assainissement de l’eau a permis de faire le point sur l’exploitation de la structure mais également sur le coût, les travaux et l’impact écologique de cette dernière.

Margot Dasque Publié le 28/12/2021 à 18:00, mis à jour le 28/12/2021 à 16:51
La structure bénéficie d’une capacité de dépollution pour 245.000 habitants: pour Biot, Antibes et pour la population en hausse lors de la période estivale. (Photo archives Sébastien Botella)

La goutte d’eau qui fait déborder le vase. Lors du dernier conseil communautaire de la communauté d’agglomération Sophia Antipolis, la question de l’assainissement a fait bondir Michèle Muratore. L’élue d’opposition a clairement fait part de son inquiétude quant à l’exploitation de la station d’épuration de la Salis d’Antibes.

Privé ou public?

La représentante de La gauche solidaire, écologique et démocratique sent comme une... odeur de suspicion quant au choix d’opter pour une délégation de service public. "Que vous préfériez donner ce service en gestion au privé, c’est votre position. Mais n’utilisez pas des arguments fallacieux inacceptables ", lance-t-elle au président Jean Leonetti en évoquant les compétences des agents du privé et du public qu’elle considère comme similaires. L’intéressé relève des éléments qu’il qualifie de "contre-vérités" dans le discours de son interlocutrice qui tance les dix ans de la délégation de service public: " Vous présentez la chose de façon très ambiguë. Il me semble que la Loi Sapin, qui était un ministre socialiste a fait en sorte d’assouplir le retour en régie (1). On l’a vu avec AzurArena par exemple. Avec l’office du tourisme au Palais des congrès également. Dans ces cas, on évalue le privé et le service public afin de les comparer. "

Dans la même veine, l’opposante assoit sa posture: " Le Spanc (service public d’assainissement non collectif) devrait être assuré en régie. " Ce à quoi le président argue la liberté de revenir en arrière: " Si la DSP ne répond pas à nos attentes on passera en régie." Ce qui ne semble pas être le cas à en croire les investissements réalisés par Véolia.

Trop cher?

Parlant argent, Jean Leonetti appuie: "Au total, sur la station de la Salis, 24 millions d’euros de travaux ont été effectués par le délégataire. Cela déséquilibrerait la ville d’Antibes et la Casa si cela devait être pris sur le budget." Pour rappel, la structure bénéficie d’une capacité de dépollution pour 245.000 habitants: " Cela nous permet d’absorber Biot mais aussi les moments où la population augmente. " Pour la conseillère, la régie dans les deux cas serait ainsi plus favorable pour les finances des citoyens. Contre la part fixe pour l’épuration, elle en appelle à un ajustement tarifaire. Un argument qui a du mal à passer pour le président qui aime à rappeler que l’eau qui sort des robinets "est la moins chère de France" (2): " Aujourd’hui, faire vérifier votre fosse sceptique coûte 30 euros. Avant, en régie, la même opération vous revenait à 150 euros." Un écart de prix, mais aussi un fonctionnement plus branlant à l’entendre: " Il y avait trois agents. Si vous avez un arrêt maladie, les choses se compliquent. Mais dans le privé, selon le contrat, le délégataire privé est obligé de mettre en permanence trois agents pour assurer le fonctionnement. Notre objectif reste: d’obtenir une meilleure qualité pour le meilleur prix. "

 

Une mer propre?

Évoquant l’impact environnemental des rejets en mer, avec notamment "le problème de l’émissaire" et la question de la récupération des eaux pour "le lavage des rues et l’arrosage des espaces verts", Michèle Muratore s’enquiert du volet vert. Avec 8.969.526m3 traités en 2020, la station a vu à sa sortie un projet en régie être mené l’été passé: l’installation d’un système de désinfection des eaux traitées pour veiller sur la qualité des eaux de baignade. "Ce système n’était pas dans le contrat initial mais sera inclus l’année prochaine ", assure le maire qui a investi 250.000 euros dans ces travaux.

1. Le texte a notamment limité dans le temps les DSP.

2. Il parle d’une eau à 1,46 euro le m3. Selon certains calculs, elle ne serait "la moins chère de France" que si l’on bénéficie d’un compteur individuel.

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