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Printemps des arts : le retour bouleversant du pianiste Gelber

Après des années d'absence, Bruno Leonardo Gelber a retrouvé son public, malgré la maladie, en présence de S.A.S. le Prince Albert II

André PEYREGNE Publié le 27/03/2017 à 05:21, mis à jour le 27/03/2017 à 05:21
Le grand pianiste Bruno Leonardo Gelber a fait son grand retour, hier, sur la scène de l'Auditorium Rainier-III, après des années d'absence en raison de sa maladie.
Le grand pianiste Bruno Leonardo Gelber a fait son grand retour, hier, sur la scène de l'Auditorium Rainier-III, après des années d'absence en raison de sa maladie. Alain Hanel

Ah, l'émouvant andante de la sonate « Aurore » entendu hier, au Yacht-club, en présence de S.A.S. le Prince Albert II, dans le cadre du Printemps des Arts !

Il y avait tant d'humanité dans les quelques simples notes du mouvement central de cette sonate de Beethoven que la salle en frémit d'émotion.

On assistait, avant-hier et hier, au bouleversant retour du grand pianiste Bruno Leonardo Gelber, après des années d'absence.

 

Cet artiste hors norme âgé de 76 ans, dont on se souvient des mémorables interprétations de concertos de Brahms ou de sonates de Beethoven, avait disparu de la scène depuis plusieurs années.

Mille personnes ont compris pourquoi, samedi soir, en le voyant arriver sur une chaise roulante sur la scène de l'Auditorium Rainier III. On eut le cœur serré.

On le vit s'installer précautionneusement sur son tabouret de piano, le visage, le corps et les doigts gonflés par la prise de médicaments - mais avec cette élégance vestimentaire qu'on lui a toujours connue.

Concerto héroïque

La poliomyélite, dont il souffrait depuis l'enfance et qui, jusqu'alors, le faisait arriver en scène en boitant, avait fini par amoindrir ses muscles au point qu'il ne puisse plus se déplacer par lui-même.

 

Samedi soir, il s'attaqua héroïquement au concerto l' « Empereur » de Beethoven qu'il a joué quatre cents fois dans sa carrière.

Ses doigts ne répondaient plus comme jadis, des gammes étaient écorchées, mais la sonorité était toujours là. L'Orchestre Philharmonique, sous la direction de Jean Deroyer, s'appliqua à lui apporter le meilleur accompagnement possible.

Le héros souffrant est toujours sur le champ de bataille dans les habits de l'Empereur.

On admira hier son courage à se lancer la sonate « Appassionata ».

Il ne pouvait plus enflammer comme jadis ses traits et ses arpèges, mais était toujours là au centre de la passion beethovénienne.

Respect !

De ce week-end pianistique on retiendra aussi les pièces de Janacek et Martinu, interprétées par le pianiste tchèque Ivo Kahanek, dans une Salle Garnier constellée d'étoiles par les éclairages de Joël Demazure, et le radieux concerto de Mozart joué par Jean-Efflam Bavouzet en l'Auditorium.

 

Toute une gamme d'émotions sur les pianos du Printemps des Arts.

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