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Premières grosses chaleurs dans le département

Avec des températures enregistrées hier au-dessus de 30 °C sur le littoral et surtout dans l'arrière-pays, l'été a fait une entrée remarquée. Météo France prévoit une saison chaude

Thierry Squillario Publié le 24/06/2016 à 05:15, mis à jour le 24/06/2016 à 05:15
Photo Bouton et Archives NM

Coup de chaud sur la Côte. Hier, il valait mieux avoir fait réviser sa climatisation au bureau ou dans sa voiture. Et le pire, c'est que ça va durer encore aujourd'hui et demain. Avant de retrouver, progressivement, des températures normales pour un début d'été à partir de dimanche.

35,1 °C hier à Puget-Théniers

Car en parlant de normales, on était loin du compte hier. Jusqu'à 30,5 °C enregistrés sous abri à Nice quand un mois de juin se situe « normalement » aux alentours de 24,3 °C. Presque six degrés d'écart c'est beaucoup et ça se ressent. Mais c'est peu à côté des 35,1 °C atteints à Puget-Théniers où le mercure est plutôt coutumier des 26,7 °C en cette période. Pas un record non plus. Le 25 juin 2003, la station locale avait enregistré un 38,9 °C…

Phénomène soudain. « Ces premières chaleurs sont dues à la position de l'anticyclone qui couvre toute la partie sud de la France » explique depuis le centre Météo France d'Aix-en-Provence, Patrick Noterman. « Résultat, il pleut averse sur le nord où l'alerte orange est même déclenchée. Et ici, le ciel est complètement dégagé, il n'y a presque pas d'air et les températures sont montées en flèche ».

 

Mais que les phobiques du thermomètre se rassurent, « ce phénomène est momentané » précise le prévisionniste. « A Mandelieu, on a enregistré une maximale à 34,5 °C. Dans le Var, à Grimaud, on a noté 35,6 °C. Dans les Bouches-du-Rhône, on est jamais descendu sous les 30 °C aussi… Mais les premiers orages sont attendus à l'ouest de la région dès samedi et dans le haut pays niçois en soirée. Dimanche, tout en restant ensoleillé, on doit commencer à retrouver des températures de saison ».

Bientôt la canicule ?

Ces premiers coups de chaud sont-ils annonciateurs d'un été caniculaire ? Patrick Noterman n'a pas de boule de cristal. Mais il dispose de suffisamment de schémas et d'indicateurs à observer (comme les évolutions d'El Niño, des données météo planétaires et du réchauffement des océans, NDLR) pour établir quelques scénarios. « Il apparaît en effet, pour le sud de la France et en particulier le pourtour méditerranéen des anomalies de chaleur et un été plutôt sec. Nous restons dans de la probabilité et ne pouvons donc pas parler de canicule. »

La preuve, contrairement aux deux années précédentes qui avaient été successivement les plus chaudes de l'histoire de la météorologie moderne, ce début 2016 ne s'inscrit pas dans la même dynamique. Tant mieux : « En Paca, les mois de mars, avril et mai étaient tous sous les normales saisonnières. »

 

Pic d’ozone : le pire aujourd’hui

Hier, aux Ponchettes à Nice, l'ombrelle était de sortie...

C'était l'une des craintes redoutées par les observateurs d'Air Paca, l'organisme agréé par le ministère de l'Environnement, qui assure la surveillance de la qualité de l'air. Le cocktail entre les polluants émis par le trafic routier, une plus forte chaleur et une absence quasi-totale de vent a fait monter le taux d'ozone dans l'atmosphère. « Un pic de 160 microgrammes d'ozone par mètre cube a été enregistré ce jeudi à Nice », explique la responsable niçoise d'Air Paca, Florence Peron. Ce qui signifie une qualité d'air médiocre mais qui ne doit pas avoir d'incidences même sur les personnes vulnérables. « Ce qui n'est pas le cas lorsque le seuil de 180 est atteint », ajoute la spécialiste. « Et sans que nous puissions l'affirmer avec certitude faute d'unité de mesure, c'est l'alerte qui était donnée hier pour le moyen pays où il y a encore moins d'air que sur la bande littorale. »

A ce niveau-là, les personnes âgées, celles souffrant de maladies cardio-vasculaires ou les enfants de moins de 7 ans, peuvent souffrir des premiers symptômes : toux, irritations oculaires et crise d'asthme.

Aujourd'hui, malheureusement, la situation ne devrait pas s'améliorer. « Il va y avoir l'accumulation de la présence d'ozone d'aujourd'hui [lire hier] avec celle de demain [vendredi]. Même, si heureusement, dans la nuit, la présence d'ozone dans l'air diminue fortement. Ce n'est que lorsque la météo se fera moins chaude et qu'un peu de pluie tombera que l'alerte pourra être levée. Donc, normalement ce week-end. »

En attendant, pensez à limiter vos déplacements. Et à ne pas trop appuyer sur le champignon quand vous n'avez pas le choix.

 

Température propice aux méduses

Reconnaissable à sa couleur violette, la pelagia noctiluca est la méduse la plus répandue sur la côte méditerranéenne. Photo Hervé Lillini.

À part quelques échouages de vélelles le mois dernier, la Côte d'Azur a, pour l'heure, été épargnée par le péril bleu qui menace, chaque été, ses plages et ses baigneurs. Les méduses ont en effet eu tendance à proliférer ces vingt dernières années. Les scientifiques appellent ce phénomène la « gélification » des mers et des océans. Ces êtres gélatineux et parfois urticants ont tendance à prendre le dessus sur les autres espèces aquatiques. La faute à l'homme ! La surpêche ou encore la pollution sont autant de facteurs favorisant la prolifération des méduses. Ainsi le réchauffement climatique contribue à leur multiplication. Des eaux chaudes peuvent ainsi annoncer des échouages massifs. Mais, la température n'étant qu'un des éléments pouvant influer sur la reproduction des cnidaires leur arrivée reste difficile à prévoir. Tout dépend aussi de la salinité de l'eau, de son acidité…

Si une élévation brutale des températures, comme c'est aujourd'hui le cas, peut laisser craindre l'arrivée tant redoutée des pelagia noctiluca (la plus commune mais la plus urticante des méduses de Méditerranée, notre photo), rien ne sert de crier trop tôt… au loup des mers.

Le retour des moustiques

La chaleur ne fait pas que des insati sfaits.S’il y a bien une petite bête qui s’en réjouit : c’est bien le moustique.En particulier le Tigre dont les œufs déposés par les femelles auprès d’un point d’eau et au cours des dernières précipitations n’attendaient plus que ces poussées du thermomètre pour éclore.

« Comme le moustique commun, dit culex, qui a besoin lui aussi de chaleur pour sortir de l’égout où se développent les larves avant de vous piquer dans votre sommeil », détaille Pascal Delaunay, du service de parasitologie à l’hôpital l’Archet de Nice.

Seules précautions à prendre contre ce satané moustique qui va hélas de paire avec l’été : « Supprimer toutes les eaux stagnantes, type fond de pot de fleur.Et si vous possédez un bassin, disposez des poissons rouges qui mangent les larves.Pas des têtards! Ou alors utilisez un insecticide bio comme le BTI : bacillus thuringiensis israelensis. »

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