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Pour son nouveau service d'accompagnement à domicile, Menton recherche des relayeurs pour soulager les aidants

Mis à jour le 04/08/2020 à 19:04 Publié le 04/08/2020 à 21:00
À Menton Plus, plusieurs fois par semaine, des activités sont organisées pour les séniors.

À Menton Plus, plusieurs fois par semaine, des activités sont organisées pour les séniors. Photo Estelle Aubin

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Pour son nouveau service d'accompagnement à domicile, Menton recherche des relayeurs pour soulager les aidants

Le pôle senior du CCAS vient de lancer un nouveau service d’accompagnement à domicile. Une expérimentation sur trois ans, pour permettre aux aidants de s'évader quelques jours.

Le projet part d'un chiffre. De deux, même. À Menton, 4.000 habitants ont plus de 75 ans et 500 dépassent les 90 ans!

Parmi eux, certains ont perdu leur autonomie. Et souvent, ils sont soutenus au quotidien par des proches. Ceux-là, on les appelle les aidants. Ils préparent les repas, remplissent le frigo, passent le balai, paient les factures, leur font la toilette ou la conversation. Un rôle essentiel au chevet de ces personnes dépendantes. Mais, un rôle parfois épuisant.

C’est pourquoi, la Ville a décidé de créer un nouveau service d’accompagnement à domicile, sous l’égide du service Soins infirmiers à domicile du CCAS, pour prendre le relais de ces aidants familiaux.

"C'est pour les soulager ponctuellement que nous avons voulu mettre en place une équipe de relayeurs", explique patiemment Patricia Martelli, adjointe déléguée aux Affaires sociales.

Le temps qu’ils s’offrent quelques jours de repos, par exemple. Pour cela, la mairie de Menton, via son CCAS, vient de lancer un appel pour recruter deux relayeurs à temps plein et plusieurs autres vacataires (lire ci-dessous).

L'expérimentation du service durera trois ans, jusqu'à la fin 2022. La convention avec l'Agence régionale de santé (ARS) ayant été signée en décembre 2019.

"Pour l'instant, nous envisageons d'accompagner, sur tout le territoire de la Riviera française, une bonne dizaine de personnes âgées, le jour comme la nuit. Mais, seulement de manière ponctuelle. Les aidants pourront nous solliciter jusqu'à quinze jours par an".

Le principe de répartition est érigé en vertu cardinale. "C'est une société du partage, de confiance et d'entraide que nous voulons promouvoir", affirme Patricia Martelli. De grands mots pour une noble cause.

"Notre but est de procurer une bouffée d'air frais à tout le monde. Que le relayeur propose de nouvelles distractions. Et que l'aidant s'octroie un répit à l'extérieur, qu'il s'évade le temps d'un mariage ou de vacances, par exemple. Sans perturber l'aidé, qui va rester dans son lieu de vie".

Telle est la volonté politique de la mairie de privilégier le maintien à domicile des personnes âgées. Et d'être accessible à tous. Le tarif est fixé à vingt euros par jour.

Le reste est subventionné par l'ARS, à hauteur de 300.000 euros pour trois ans. Sans aucun doute, la vieillesse se fait sujet de société.

Conscient de la charge émotionnelle, le CCAS a choisi de mettre en place un suivi psychologique pour le triptyque aidant, aidé et relayeur.

"Souvent, l'aidant culpabilise de laisser son proche aux mains d'une personne extérieure. Et parallèlement, le relayeur peut avoir des difficultés à entrer dans l'intimité d'une famille. Nos deux psychologues vacataires auront pour fonction de recueillir leurs doutes", raconte Christine Davy, infirmière en charge de l'encadrement des relayés. "Nous voulons parier sur cette approche pluridisciplinaire". Pour que la mission sociale prenne toute son ampleur.

Savoir +
Dans le cadre du recrutement de deux relayeurs en CDD et de vacataires, les CV sont à envoyer à la mairie, à l’attention de Monsieur Le Maire, BP 69, 06 502 Menton cedex ou au CCAS - 4, promenade du Maréchal Leclerc de Hautecloque.
Mail

À gauche, la relayeuse Nicole Merchadier, accompagnée de son encadrante, l’infirmière Christine Davy.
À gauche, la relayeuse Nicole Merchadier, accompagnée de son encadrante, l’infirmière Christine Davy. Photo Estelle Aubin

Nicole Merchadier, une relayeuse passionnée

Nicole Merchadier a de grands yeux noirs et pétillants. Ils nous regardent, rieurs. Et nous apaisent. Sans voir le reste de son visage, caché derrière un masque, on devine vite qu’elle a l’altruisme dans la peau. Le sourire se dessine malgré tout.

Nicole Merchadier est aide-soignante depuis des lustres, nouvellement relayeuse et bientôt tutrice pour personnes majeures. Son métier est toute sa vie. Sa bonhomie, tout son visage.

"J’ai l'honneur d'entrer dans l'intimité de quelqu'un. Et de l'aider. Préserver ses repères, sa routine, son espace. J'essaie d'être discrète et disponible, raconte celle qui se compare aisément à un caméléon, c'est un métier sensible, porté sur l'autre. Je m’imprègne du quotidien de la personne aidée, j’observe ses gestes et ses silences. Pour répondre au mieux à ses besoins".

Une relation à deux, voire à trois, avec l’aidant.

"Ce serait la seule difficulté: savoir trouver sa place dans la famille, auprès de l’aidant. Rester humble tout en étant utile", ajoute timidement l’intéressée, à la peine quand il s’agit de trouver les difficultés du métier.

Cette fibre lui vient de loin. Probablement de son enfance, passée aux côtés de ses grands-parents.

"Je m'occupais de toutes les personnes âgées du village, leur amenais courses et fleurs et discutais longuement avec elles". Comme si cela avait toujours été naturel pour elle.

"Je fais tout pour qu’il y ait une vraie relation, authentique et intense avec les personnes dont je m’occupe. Que nous nous regardions à l’intérieur".

Aux petits soins, Nicole Merchadier leur cuisine ses plats typiques, effectue les tâches ménagères, ouvre les fenêtres, apprend à les connaître, écoute leurs histoires de vie, les rassure même.

L’ennui n’y a pas sa place.

"Je risque même de partir en retard, le temps s’arrête quand je suis avec les personnes que j’aide", avoue-t-elle, amusée. On la croit volontiers.

 

Deux CDD à temps-plein recherchés

Si le projet est ambitieux, la Ville doit encore recruter ses relayeurs ou accompagnateurs éducatifs et sociaux (H/F) pour son service Relayage.

Ils intègreront l’équipe de relayeurs du CCAS, en charge de remplacer l’aidant familial pendant toute la durée de son absence. "Nous avons publié deux offres d'emploi pour des CDD d'un an, à temps plein. Et nous voulons aussi engager plusieurs vacataires", assure le directeur du CCAS, David Claude.

Aucun diplôme particulier n'est requis, mais une expérience personnelle ou professionnelle avec des personnes âgées. Le salaire pourra s'élever jusqu'à 1.800€ net par mois, selon les compétences.


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