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Pour le clergé monégasque, l'avortement doit être dépénalisé mais pas légalisé

Mis à jour le 21/12/2018 à 09:16 Publié le 21/12/2018 à 10:00
Monseigneur Bernard Barsi, archevêque de Monaco et Monseigneur Guillaume Paris, vicaire général.

Monseigneur Bernard Barsi, archevêque de Monaco et Monseigneur Guillaume Paris, vicaire général. Photo Cyril Dodergny

Pour le clergé monégasque, l'avortement doit être dépénalisé mais pas légalisé

L’archevêque Mgr Bernard Barsi et le vicaire général Guillaume Paris considèrent que la prison ne saurait être la seule réponse à apporter en cas d’IVG. Ils font des propositions

Le 12 novembre dernier, le Conseil national expliquait qu’il débattrait sur la dépénalisation de l’avortement en 2019. Ce ne fut pas vraiment une onde de choc, y compris auprès des fidèles de l’Église selon l’archevêque de Monaco Mgr Bernard Barsi, mais c’est évidemment un sujet délicat, sensible, dans un pays où la confessionnalité de l’État scelle les fondements de la Principauté.

Car l’église, faut-il le rappeler, considère l’interruption volontaire de grossesse comme un crime. Et, l’article 248 du Code pénal punit lourdement, par des peines d’amendes et de prison, le recours à l’avortement. Sauf que, selon Christophe Robino, conseiller national de la Majorité Primo! "jamais une femme n’a fait de la prison pour avoir pratiqué un avortement".

>>RELIRE. À Monaco, le Conseil national va relancer le débat sur la dépénalisation de l'avortement dès janvier.

Alors, les élus des Monégasques veulent mettre un terme à l’hypocrisie qui consiste à fermer les yeux sur les avortements pratiqués en France et… remboursés à Monaco! La proposition de loi vise à entériner que le délit d’avortement n’est pas caractérisé lorsqu’"à la demande de la femme enceinte, la grossesse est interrompue avant la fin de la douzième semaine de grossesse".

"Une approche sereine et dépassionnée"

Comme Mgr Bernard Barsi qui espère des "discussions apaisées", Stéphane Valeri, président du Conseil national, souhaite "une approche sereine et dépassionnée", a-t-il précisé le 12 novembre dernier.

Ainsi, le débat démarrera dès le mois prochain au sein de la commission des Droits de la femme et de la famille. Quant à la proposition de loi, initialement formulée en octobre 2017 par le conseiller Renaissance Eric Elena, elle sera examinée en séance publique avant fin juin.

Du côté de l’Église, on s’inquiète toutefois du processus qui consisterait à vouloir franchir une étape supplémentaire qui serait celle de la légalisation.

Monseigneur Bernard Barsi est catégorique: "La dépénalisation oui, la légalisation non." Voilà qui a le mérite d’être clair. "La législation actuelle n’est sans doute pas adaptée à la situation actuelle de la société", rajoute Mgr Guillaume Paris.

>>RELIRE. Droit des femmes, IVG, familles... Le Conseil national de Monaco fait des annonces.

Mais un pas de plus serait un pas de trop selon les termes actuels de la Constitution selon Mgr Bernard Barsi. "Le jour où on a commencé à isoler trois cas pour lesquels on autorise l’avortement [si la grossesse découle d’un acte criminel, qu’elle présente un risque pour la vie ou la santé de la femme enceinte et du futur enfant](*), on a mis le doigt dans un engrenage. Ce peut être des petits pas qui préparent la suite. Seulement nous sommes dans un pays un peu particulier avec la confessionnalité de l’État – article 9 de la Constitution. Il faut bien en prendre conscience."

[*Référence faite à la loi n° 1359 du 20 avril 2009 portant création d’un Centre de coordination prénatale et de soutien familial et modifiant les articles 248 du Code pénal et 323 du Code civil. Il est par ailleurs intéressant de noter que l’article 5 de ce texte réaffirme que "sera punie d’un emprisonnement de six mois à trois ans et de l’amende prévue au chiffre 3 de l’article 26, la femme enceinte qui se sera procurée l’avortement à elle-même ou aura tenté de se le procurer ou aura consenti à faire usage des moyens indiqués ou administrés à cet effet."]

Ce n’est pas lié au concordat, qui est un accord entre le Saint-Siège et l’État sur la place et la vie de l’Église dans le pays, comme cela existe en Espagne, en Allemagne, en Italie...

"Si nous devions aller plus loin, le législateur devrait alors prendre conscience que cela aurait des implications bien plus grandes que le domaine qu’il pourrait vouloir traiter. Car il n’est pas envisageable qu’un État de confession catholique puisse poser un acte qui va ouvertement à l’encontre de la foi catholique", explique Mgr Guillaume Paris.

Après les explications aux fidèles dans le n° 165 du trimestriel L’Église à Monaco, qui vient de paraître, l’archevêque et le vicaire général Guillaume Paris délimitent et expliquent le cadre qu’impose la confessionnalité.


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