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Poubelles On donne 65 % de ce qu'on jette

Mis à jour le 17/04/2016 à 05:07 Publié le 17/04/2016 à 05:07
Carrefour Lingostière a donné 274 tonnes de denrées aux associations en 2015.
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Poubelles On donne 65 % de ce qu'on jette

Si la grande distribution n'est pas le premier des gaspilleurs (sur l'ensemble de la chaîne, du producteur au consommateur, ce sont ces derniers qui jettent le plus), les volumes brassés sont énormes.

Si la grande distribution n'est pas le premier des gaspilleurs (sur l'ensemble de la chaîne, du producteur au consommateur, ce sont ces derniers qui jettent le plus), les volumes brassés sont énormes.

Chaque jour, une moyenne surface jette aux alentours de 30 kilos de nourriture. La loi, qui oblige tous les supermarchés de plus de 400 m2 à mettre en place une convention de dons avec une association agréée dans un délai d'un an, a-t-elle le pouvoir de faire bouger les choses ?

Rendez-vous est pris à 8 heures, devant Carrefour Lingostière. À l'intérieur de l'hypermarché, une nuée d'employés s'active dans les rayons. Les néons blancs irradient fruits et légumes colorés qu'on arrose généreusement. Ici, on vend le beau, le rond, le frais.

Un sas et le décor bascule. Dehors, le vent est transperçant. Une employée en habits bleus scanne des boites qu'elle entasse dans un chariot. Puis un second. Une partie est stockée dans une chambre froide, le reste dans un espace grillagé. Des caisses remplies de légumes suivent le même chemin. Du choux-fleur, des champignons, en grande quantité. De la salade, conditionnée. Ils attendent d'être collectés par une association.

Quelques minutes plus tôt, les premiers employés ont vidé les rayons. Retiré les denrées dont la date limite de consommation expire le jour-même. Mais pas que. « On a une charte qui fixe les durées », précise Laurent Sintes, chef de la sécurité, qui coordonne le don aux associations. Les yaourts sont retirés cinq jours avant la DLC. Les crèmes fraiches ou légères, sept jours. Des standards qui multiplient les potentiels déchets, mais aussi les opportunités de donner.

Carrefour assure que la politique du groupe est exemplaire en la matière. « On a commencé les dons aux associations en 1999-2000. » La javellisation des poubelles ? « On ne l'a jamais fait », jure encore Laurent Sintes.

Chez Carrefour Lingostière, en 2015, les dons ont représenté 274 tonnes (250 en 2014) dont 113 pour le Secours populaire, 126 pour Les Cœurs du Campanin et 34,5 pour la Banque alimentaire. L'équivalent de 550 000 repas. Enorme ? Pas tant que cela, à l'échelle du magasin. Sur les 4 595 tonnes de fruits et légumes qu'il a brassées en 2015, 95 ont été données, soit 2 %. Des dons défiscalisés à hauteur de 60 %, selon la législation en vigueur en France. Comment ? « On calcule un prix moyen au kilo selon les rayons », répond Laurent Sintes. Au rayon boucherie, l'un des plus chers, il est de 6 e.

9 heures.

Le camion réfrigéré des Cœurs du Campanin passe le grillage. L'association, qui gère une épicerie solidaire à Menton, compte quelque 500 bénéficiaires et distribue chaque année environ 150 tonnes de nourriture. Ce jour-là, 183 kilos de légumes sont chargés dans la camionnette, 40 kilos de croissants et pains au chocolat, et 149 kilos de viande. « On donne environ 65 % de ce qu'on jette », évalue Laurent Sintes. Le reste ? « Des choses périmées qu'on a ratées dans les rayons, et ce qu'on ne donne pas pour des raisons d'hygiène, de la crème fraîche, de la farce, de la viande hachée… Tout ce qui a été conditionné sur place. » Dans la benne destinée à la méthanisation, s'entassent des légumes « trop abimés pour pouvoir être donnés ».

Qu'est-ce que change la loi, en vigueur depuis un mois? « Pour nous rien, répond Laurent Sintes. On va continuer à faire ce qu'on fait. »

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