“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Soutenez l’info locale et Monaco-Matin > Abonnez-vous

Pollution pétrolière en mer: et si c'était vrai?

Mis à jour le 28/04/2016 à 07:31 Publié le 28/04/2016 à 07:25
Un exercice anti-pollution s'est déroulé ce mercredi au large de la Principauté

Un exercice anti-pollution s'est déroulé ce mercredi au large de la Principauté Photo Michaël Alesi

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Pollution pétrolière en mer: et si c'était vrai?

Un exercice de grande ampleur, au large de Monaco, a mobilisé mercredi une vingtaine de navires, avions et hélicoptères français, italiens et monégasques, en simulant un déversement d’hydrocarbures

Une imposante silhouette se détache dans le lointain. C’est celle de l’Abeille Flandre. Ce remorqueur français, habitué aux situations critiques, a appareillé du port de Monaco, tôt mercredi matin. Le Jason, un bâtiment spécialisé dans la lutte antipollution, d’autres navires français, italiens ou monégasques aussi.
En tout, une vingtaine de bateaux, avions ou hélicoptères ont été mobilisés pour un exercice antipollution de grande ampleur organisé au large des côtes monégasques. Derrière ce grand rendez-vous annuel, il y a l’accord Ramoge.

«Cela peut arriver»

Les quarante ans de cette convention qui vise à coordonner les actions de la France, de l’Italie et de Monaco «en matière de préservation des eaux du littoral méditerranéen» ont été célébrés en grande pompe, mardi soir à Monaco.

L’accord prévoit notamment un plan d’intervention pour la lutte contre les pollutions marines accidentelles, RamogePol.

Un dispositif déclenché dans des situations comme celles qu’imagine le scénario de l’exercice d’hier. Un pétrolier et un roulier viennent de se percuter à sept nautiques des côtes monégasques. Des hydrocarbures commencent à se répandre dans l’eau.

«Malheureusement, cela peut arriver, lâche le capitaine de frégate Yann Bizien, le porte-parole de la préfecture maritime de la Méditerranée. Ce n’est pas courant mais ça peut arriver.»

Monaco signale alors aux autorités françaises et italiennes l’incident. Des moyens sont envoyés sur place, et la France «va devenir leader dans les eaux monégasques», poursuit Yann Bizien. La Marine prend notamment en charge la coordination des actions.

Conditions dégradées

Sur l’eau, l’Abeille Flandre vient au secours du ou des navires en détresse. Le Jason, lui, va déployer des systèmes de confinement des hydrocarbures et commencer à pomper le pétrole.

Le problème, c’est qu’au moment de l’exercice, les conditions météo au large de Monaco sont plutôt dégradées. Certains creux mesurent «deux à deux mètres et demi», les rafales de vent dépassent parfois les 25 nœuds. Les hommes et la technique vont arriver à leurs limites. Si la météo se détériore encore, impossible d’intervenir. «À un moment, en mer, on ne peut plus lutter», laisse tomber Yann Bizien.

Hasard du calendrier, l’exercice s’est déroulé quelques jours après la menace d’une marée noire, ce week-end du côté de Gênes (Italie). Une fois l’alerte donnée, dans la nuit de vendredi à samedi, la Marine a prépositionné le Jason à Nice et envoyé des avions au-dessus de la mer et du littoral.
De son côté, l’Italie a déclenché le plan RamogePol «par anticipation». Une application réelle, cette fois-ci.


L’exercice d’hier comportait également un volet terrestre. Les communes azuréennes qui le souhaitaient pouvaient y participer. Notamment à Villeneuve-Loubet où une cellule de crise a été mise en place (lire ci-dessous).

Lionnel Luca, maire de Villeneuve-Loubet : « On veut être dans la réactivité »

La mise en place d’un barrage flottant.
La mise en place d’un barrage flottant. Photo Dominique Agius

Se préparer à tout pour être réactif. Coordonné. C'est l'idée du test grandeur nature mené, hier, sur la plage de la Fighière, à Villeneuve-Loubet (1), dans le cadre du plan RamogePol d'intervention pour la lutte contre les pollutions marines accidentelles en Méditerranée.

Le scénario est simple : une collision en mer entre un pétrolier et un navire roulier provoque une pollution maritime par hydrocarbures (lire ci-dessus).

Il est 9 h 40 lorsqu'un message d'alerte parvient au chef de police Lionel Bricnet à la tête de l'Unité maritime littorale de Villeneuve : « Exercices - exercices - exercices. Collisions en mer de deux bateaux. Risque de pollution. (...) Plan RAMOGEPOL activé. Prière activer PCS. »

Sur ordre du maire de la commune, Lionnel Luca, le plan communal de sauvegarde (PCS) est immédiatement lancé. Une cellule de crise se constitue sur la plage de la Fighière. Composée de l'Unité maritime littorale, du Service environnement et du Groupement intervention pollution marine (GIPM), elle a pour objectif principal la protection des biens et des personnes.

Bond dans le temps. « On est déjà jeudi matin [un jour après la collision] », annonce Lionel Bricnet. La pollution atteint Villeneuve-Loubet. « Elle est bien réelle mais pas nocive, rassure-t-il. La nappe s'étend d'un kilomètre sur un kilomètre. C'est de l'écorce de riz. »

À bord d'un petit bateau, « des agents assermentés procèdent à des prélèvements réglementaires. »

Des barrages flottants et absorbants antipollution sont déployés. La « mise en protection de nos plages est décidée », précise Lionel Bricnet.

Équipés de combinaison, masque, gants et lunettes, les professionnels sécurisent et décontaminent le site. « Avec ce dispositif, on est capable de protéger de l'embouchure du Loup jusqu'à avant le port de Marina, précise Lionnel Luca. On s'est donné les moyens en hommes et en qualifications. Il est important que nous testions cela car il est plus facile de s'organiser quand tout est calme. C'est une priorité pour anticiper les pépins. Encore plus avec l'alerte du week-end dernier (lire ci-dessus). On veut être dans la réactivité. » En lien permanent avec le centre opérationnel départemental activé en préfecture, l'alerte a été maintenue jusqu'en milieu d'après-midi. Afin d'assurer au mieux la sécurité de l'environnement et des personnes.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.