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Plus de mille joueurs pour un "poker menteur" géant

Mis à jour le 05/05/2016 à 05:04 Publié le 05/05/2016 à 05:04
Le tournoi a vu défiler des stars comme Ronaldo, Patrick Bruel, ou des membres de l'élite mondiale du poker. En bas à droite, Edgar Stuchly, le président du European Poker Tour, et Eric Cicéro, le directeur du Casino Café de Paris et fin connaisseur du milieu des jeux.

Le tournoi a vu défiler des stars comme Ronaldo, Patrick Bruel, ou des membres de l'élite mondiale du poker. En bas à droite, Edgar Stuchly, le président du European Poker Tour, et Eric Cicéro, le directeur du Casino Café de Paris et fin connaisseur du milieu des jeux. Michael Alesi

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Plus de mille joueurs pour un "poker menteur" géant

En plein tournoi international de poker à la salle des Étoiles, plongée dans ce monde feutré, où il est plus question de lecture des hommes que des cartes. Décryptages

Ce qui frappe, c'est le silence. Trois cents joueurs de poker remplissent la salle des Étoiles du Sporting. Et pourtant, il n'y a aucun bruit. Sauf celui des jetons qui s'entrechoquent doucement les uns contre les autres.

« Le poker, c'est un monde studieux », commente Eric Cicéro, le directeur du Casino Café de Paris, représentant de la Société des Bains de Mer auprès de Poker Stars, les deux entités organisant le PokerStars and Monte-Carlo Casino European Poker Tour Grand Final, qui se déroule depuis le 26 avril et jusqu'à vendredi. Autour de ce fin connaisseur du milieu des jeux, des joueurs s'affrontent sur des rangées de tables. Quelque 80 tournois se déroulent dans le cadre de cet événement. Il y a notamment un événement « High Roller », avec un droit d'entrée à 100 000 euros.

Le « Main Event » est un autre gros moment du tournoi. Le gagnant, le meilleur des 1 098 joueurs sur la ligne de départ, empochera 960 000 euros, pour un droit d'entrée à 5 300 euros. Le joli retour sur investissement ne devra rien au hasard, ou presque.

C'est surtout « son analyse du jeu et des autres, selon Eric Cicéro, qui lui aura permis de remporter un peu moins d'un million d'euros. C'est un vrai jeu psychologique ». Où il est davantage question de lecture des autres que de lecture des cartes.

« Pokerface »

Autour des tables, il y a beaucoup de visages concentrés. Chez une majorité de joueurs, les yeux sont rivés sur les tables. Certains portent de petits chapeaux de feutre ou ont rabattu les capuches de leurs sweats sur le crâne, vissé des casquettes de base-ball sur la tête. D'autres portent des lunettes de soleil bien que tout se déroule en intérieur. « C'est cliché, sourit encore Eric Cicéro. Cela rentre plus dans le cadre du personnage que du jeu. Mais comme le fameux pokerface, c'est assez compliqué, certains mettent des lunettes pour qu'on ne voie pas leurs yeux .»

Le pokerface, justement. Le mot revient souvent, dans la bouche des connaisseurs. L'une des clés de la réussite au poker résiderait dans cet élément. « Le pokerface, c'est : "je ne laisse passer aucun de mes sentiments" », décrypte Thomas Lamatsch, le directeur du tournoi Poker Stars Europe. En trente ans de pratique, l'homme à l'impeccable costume gris a eu le temps d'apprendre à connaître le jeu.

Profilers du FBI

Tout se résume dans cette phrase : « Je dois deviner ce que tu penses que je pense. Le but, c'est de lire dans l'autre. » Le jeu de dissimulation et de déchiffrage des sentiments conduirait même certains joueurs à s'entraîner auprès de profilers du FBI américain… Selon lui, il faut faire passer un message aux autres joueurs, leur « raconter une histoire » qui dirait : « J'ai un meilleur jeu que le tien .» Le poker fait appel à la psychologie, à la connaissance des mathématiques et à la capacité à rester concentré : les parties s'étalent sur plusieurs jours, avec parfois huit à douze heures de jeu.

Justement, Thomas Lamatsch a repéré un joueur qui possède ces qualités. Il porte la barbe, a les bras recouverts de tatouages, et a enfoncé des écouteurs dans ses oreilles. Un peu avachi, l'homme triture ses jetons d'un air ennuyé. « Lui, c'est un très bon joueur de poker, souffle Thomas Lamatsch. On le voit à travers les mouvements rapides qu'il fait avec ses jetons. Et il ne s'ennuie pas. Il attend la prochaine main .» Quand celle-ci arrive, le joueur se redresse. Son regard se fait plus concentré, alerte. Il sera peut-être encore là vendredi, lors de la finale du Main Event. Le nom du vainqueur des 960 000 euros devrait être connu « vers 22 h ou 23 h », espèrent les organisateurs. En attendant, les parties se poursuivent. Et un grand silence enveloppe toujours la salle des Etoiles.


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