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PHOTOS. Rencontre avec les commerçants qui ont fait (re)vivre Tende après la tempête Alex

Mis à jour le 12/05/2021 à 15:56 Publié le 12/05/2021 à 17:30
L’activité commerciale reprend vie au coeur du village de Tende.

L’activité commerciale reprend vie au coeur du village de Tende. Photo E.O.

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PHOTOS. Rencontre avec les commerçants qui ont fait (re)vivre Tende après la tempête Alex

Alors que le Carrefour Express vient d’ouvrir et qu’il redonne vie au village après sept mois sans épicerie, les Tendasques n’oublient pas pour autant les commerçants et artisans qui se sont démenés et ont bousculé leur manière de travailler pour remédier à ce manque et répondre aux besoins des habitants. Ces derniers sont soulagés eux aussi que Tende ait retrouvé une supérette. Tour d’horizon de ceux que nous avons rencontrés.

Tende: Le Bar des Sports, premier QG de la crise

La bonne humeur et l’esprit de solidarité de Jean-Marc Baldi et de son frère Maurice ont été d’un grand secours pour les habitants au lendemain de la tempête Alex.
La bonne humeur et l’esprit de solidarité de Jean-Marc Baldi et de son frère Maurice ont été d’un grand secours pour les habitants au lendemain de la tempête Alex. Photo Murielle Prigent

Jean-Marc Baldi ne s’est pas immédiatement rendu compte de l’ampleur du désastre, car ce soir-là, en raison de glissements de terrain autour de leur maison, lui et sa petite famille ont choisi d’aller dormir au centre du village, chez sa maman.

Il pense que l’eau, l’électricité et les réseaux vont être rapidement rétablis mais, dès le samedi matin, il voit défiler les clients les uns après les autres dans le café-tabac, qui dressent l’inventaire des dégâts colossaux et prennent des nouvelles de ceux qu’ils n’ont pas encore pu joindre. Il réagit immédiatement en mettant à disposition son groupe électrogène pour recharger les téléphones - le réseau ne reviendra que le dimanche après-midi: "Il y a eu jusqu’à 48 téléphones branchés en même temps!".

Pendant le premier mois, le bar deviendra l’un des lieux où se retrouveront les bénévoles, du village et d’ailleurs, afin de se répartir les tâches de déblaiement, de nettoyage et d’entraide à la population.

Mais aussi pour trouver du réconfort et profiter de l’indéfectible bonne humeur du gérant qui, avec son frère Maurice, ne ménage pas son énergie et est resté ouvert tous les jours depuis le 2 octobre (un seul jour de fermeture pour des obligations personnelles).

Aujourd’hui, on y vient toujours volontiers pour un café à emporter, un brin de discussion et parfois acheter ses cigarettes, un jeu ou un article de la boutique.

La quincaillerie Guido & Cottalorda s’est adaptée aux besoins des sinistrés

Au sein de la quincaillerie, Sophie Cottalorda et Pascale Filippi ont su adapter leurs produits aux besoins des habitants sinistrés.
Au sein de la quincaillerie, Sophie Cottalorda et Pascale Filippi ont su adapter leurs produits aux besoins des habitants sinistrés. Photo Murielle Prigent

Au lendemain de la tempête, le magasin de bricolage, bazar, équipement et cadeaux a été rapidement pris d’assaut avec notamment l’explosion des ventes de bougies, de piles ou encore de petites bouteilles de gaz. "Nous avons été obligés d’ouvrir seulement le matin car nous n’avions plus d’approvisionnement…", confie Sophie Cottalorda, la gérante.

Pascale Filippi, vendeuse, se souvient de l’organisation à ce moment-là: "On ne pouvait plus rien recevoir à Tende, donc c’est Sophie, qui habite à Breil, qui réceptionnait les marchandises à son domicile et qui les amenait à la boutique quand elle venait travailler, aux horaires des convois."

L’entreprise s’est elle aussi adaptée à la demande des habitants sinistrés en proposant à la vente des produits courants qu’on ne trouvait plus au village, comme du papier-alu, de cuisson, cellophane…

Et une nouvelle corde a été rajoutée à son arc depuis le 6 avril: les employées, qui ont été rejointes dernièrement par Sandra et Léa, rendent un précieux service à la population (et toujours avec le sourire !) en assurant (jusqu’à aujourd’hui) l’accueil de La Poste jusqu’à la fin des travaux.

La Fée Capeline: la laine a réchauffé les coeurs meurtris

Toute l’équipe de cet atelier-boutique a réconforté les habitants et remis au goût du jour le travail du tricot.
Toute l’équipe de cet atelier-boutique a réconforté les habitants et remis au goût du jour le travail du tricot. Photo Murielle Prigent

Pour les villageois, passer à "La Fée Capeline", feutrière installée sur l’avenue principale, c’était bénéficier de la belle chaleur humaine distillée par Émilie Oliver et son employée, Judith, dans la boutique qui abrite également l’atelier.

Émilie se souvient, amusée! "Au moment de la catastrophe, les bénévoles, qui venaient de la Côte n’imaginaient pas à quel point il pouvait y avoir un écart de températures entre le littoral et Tende, qui se trouve à quelque 800 mètres d’altitude. Alors, nous avons vu débarquer des personnes qui venaient acheter des écharpes, des bonnets et des gants, on a été dévalisées!"

Plus insolite: "Beaucoup de seniors se sont (re) mis à tricoter, ils me disent que ça les détend..."

Et, à en croire les pelotes de laine de brebis brigasque aux couleurs flamboyantes en vente dans le magasin, cela leur met certainement aussi de la gaieté au cœur!

Florentine vient de rejoindre l’effectif de la boutique-atelier et confirme, tout en appliquant un bleu lumineux sur un chapeau en cours de fabrication, l’apaisement que peut procurer le travail autour de la laine: "J’ai toujours rêvé de faire ce métier!".

Alors, Mesdames, Messieurs, si le cœur vous en dit, à vos pelotes!

Saint-Dalmas: la boulangerie Bergallo et la boucherie Lorilleux toujours présentes!

Bruno et Christine Bergallo ont continué à fabriquer du pain tous les jours. Aujourd’hui, ils doutent de l’avenir sans le passage des Italiens...
Bruno et Christine Bergallo ont continué à fabriquer du pain tous les jours. Aujourd’hui, ils doutent de l’avenir sans le passage des Italiens... Photo Murielle Prigent

Après que la tempête a détruit tous les accès routiers dans la Roya, un des premiers soucis de Christine et Bruno Bergallo a été l’approvisionnement en farine afin de continuer à fabriquer du pain frais pour la population. "Grâce à l’intervention de Valérie Tomasini et de Francis Tujague (conseillers départementaux, N.D.L.R.), le problème a été réglé immédiatement, la farine est arrivée par hélicoptère".

Le boulanger-pâtissier a ensuite enchaîné les fournées tous les jours, tandis que sa femme accueillait la clientèle, sans fermeture jusqu’au 5 novembre, date à laquelle la boulangerie des Merveilles (Tende) a pu prendre le relais.

Mais depuis la catastrophe, la clientèle se fait plus rare; celle qui manque le plus, ce sont les Italiens qui transitaient entre la Côte et le Piémont et s’arrêtaient volontiers pour acheter quelques douceurs "made in France"…

"Il n’y a qu’à voir pour le lundi de Pâques: d’habitude, nous servons une centaine de personnes, là nous en avons eu à peine vingt! L’accès vers l’Italie, par le tunnel du col ou par Vintimille, c’est vital pour nous, là, on ne sait pas comment on va s’en sortir… Heureusement, les bénévoles des Week-ends solidaires et autres et les ouvriers, qui travaillent sur les chantiers viennent prendre leurs sandwiches pour la journée. Mais aujourd’hui, nous sommes obligés de fermer deux jours dans la semaine...".

Raphaël Lorilleux et son épouse ont pu continuer leur activité et même faire office d’épiciers !
Raphaël Lorilleux et son épouse ont pu continuer leur activité et même faire office d’épiciers ! Photo Murielle Prigent

Reconnaissante des actions entreprises par la Carf et le Département pour la reconstruction de la vallée, Christine souhaiterait cependant une meilleure communication, notamment sur les prévisions de fermetures de la route, qui ont un impact non négligeable sur l’organisation de l’activité de tous les commerçants et artisans.

Pour Raphaël et Aurore Lorilleux aussi, le principal souci après la tempête a été de se faire livrer et cela a été un soulagement pour leur clientèle quand ils ont pu de nouveau exposer dans la vitrine réfrigérée leurs excellentes pièces de boucherie.

Ils ont également assuré, deux fois par semaine, un service d’épicerie dans le local du fromager saisonnier de Tende, Jean-Claude Martin. On pouvait y trouver des produits frais et de première nécessité qui manquaient cruellement à l’époque: du lait, des œufs, des fruits et légumes… "Heureusement qu’ils étaient là!" clament les habitants reconnaissants.

Depuis sa boutique, Serge Salaün a réconforté les sinistrés et les bénévoles en leur fournissant repas, petits-déjeuners, courses...
Depuis sa boutique, Serge Salaün a réconforté les sinistrés et les bénévoles en leur fournissant repas, petits-déjeuners, courses... Photo Murielle Prigent
Le bougnat: Serge sur tous les fronts!

"Lui, on se demande quand il dort!" plaisante un client de la boutique. 

Il est vrai que, dès les premiers jours, Serge Salaün était présent partout: les petits déjeuners à la salle du Temps libre pour accueillir les bénévoles, les repas chauds pour leur redonner des forces, les sandwiches pour ceux qui mangeaient sur le pouce, c’était lui.

Le dépôt de pain dans son magasin de restauration rapide et de produits régionaux "Le Bougnat" resté ouvert, c’était encore lui.

Et les courses qu’il ramenait à une flopée d’habitants quand il partait en expédition sur le littoral pour s’approvisionner, toujours lui!

Mais Serge "trouve ça normal de s’entraider" et distribue infatigablement les plaisanteries qui remontent le moral en même temps que le café qui rebooste les corps et il tient à remercier "la Carf, qui est là pour nous livrer tous les jours depuis la DZ de Breil jusqu’au haut de la vallée. Sans eux, je sais pas comment on ferait!".

Jean-Christophe Cassio retrouve les fleurs après avoir œuvré pendant toute la crise pour la propreté du village notamment.
Jean-Christophe Cassio retrouve les fleurs après avoir œuvré pendant toute la crise pour la propreté du village notamment. Photo Murielle Prigent
Flor’Roya: au service de l’environnement

Jean-Christophe Cassio et sa femme Virginie, eux non plus, n’ont pas compté les heures pour venir en aide à la population suite à la tempête : en plus de leur boutique restée ouverte, les deux commerçants ont œuvré sans relâche à la salle du Temps Libre (devenue le point de livraison et de stockage des dons qui arrivaient par hélicoptère).

Jean-Christophe a assuré sa fonction habituelle de pompes funèbres et, aucun personnel de la Carf (en charge du ramassage des déchets) ne pouvant rejoindre le village, il s’est attelé, avec plusieurs autres habitants, au ramassage des poubelles avec son tracteur et sa remorque, l’agglomération leur proposant un contrat ponctuel pour cette mission.

À présent, il retrouve sa clientèle toujours fidèle également le mercredi sur le marché et communique ses nouveaux arrivages de végétaux via les réseaux sociaux, où ils sont très suivis.

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