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PHOTOS. On a passé une nuit aux urgences du CHPG

Mis à jour le 02/09/2019 à 09:48 Publié le 02/09/2019 à 09:30
Le CHPG

Le CHPG Photo Jean-François Ottonello

PHOTOS. On a passé une nuit aux urgences du CHPG

Ouvertes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, les urgences voient tous les jours se présenter des situations pas toujours évidentes. Comment se passe une nuit dans ce service si particulier ?

Il est 19 h 30, le calme règne dans le service des urgences du Centre Hospitalier Princesse-Grace. Inhabituel pour un vendredi soir. Même les professionnels sont surpris. Habitués à travailler en flux tendu, ils expliquent ce calme par le simple fait que "les touristes sont repartis et les autres ne sont pas encore revenus".

L’occasion de discuter et d’en apprendre davantage sur le quotidien de l’équipe de nuit. Récit.

Accidentés de la route

Peu de monde certes mais les "box" du service sont pourtant occupés. Il y a plus d’une heure maintenant que les pompiers de Monaco ont transporté Eric et Muriel, victimes d’un accident de la route.

"On était à moto, la roue avant a glissé, on a été propulsé", explique le motard, qui ne comprend pas comment cela a pu arriver. Il est plus amoché que sa comparse. Avec une fracture de la malléole interne et externe, les médecins le savent d’avance, une intervention chirurgicale sera obligatoire.

"Il faut tout de suite mettre un plâtre pour immobiliser la cheville et la remettre dans l’axe. C’est une priorité immédiate comme l’articulation est touchée", précise-t-on. Pour soulager la douleur, de la morphine est administrée au patient qui se relaxe peu à peu, conscient qu’il a échappé au pire.

Dans la salle d’à côté, Muriel, qui était derrière lui sur la moto est plus en forme. "Les médecins m’ont nettoyé le corps car j’avais du goudron partout", dit-elle. Elle part faire des examens plus poussés qui diagnostiqueront une luxation du pouce.

Les médecins regardent de plus près les résultats d’un scanner pour avoir le bon diagnostic.
Les médecins regardent de plus près les résultats d’un scanner pour avoir le bon diagnostic. Photo Jean-François Ottonello
Une équipe de huit professionnels travaille la nuit pour assurer l’accueil et la prise en charge des patients.
Une équipe de huit professionnels travaille la nuit pour assurer l’accueil et la prise en charge des patients. Photo Jean-François Ottonello

L’objectif pour les professionnels: éviter le choc anaphylactique. Sur les écrans dans la salle de contrôle, ils veillent sur le rythme cardiaque et la tension de la patiente. Son cas inquiétant le Dr Laterrere, il prépare l’ampoule d’adrénaline pour que l’état de la patiente se rétablisse.

L’infirmière cherche où le frelon européen a piqué la patiente.
L’infirmière cherche où le frelon européen a piqué la patiente. Photo Jean-François Ottonello
La patiente inhale du gaz Entonox pour ne pas sentir la douleur quand les médecins manipulent son pouce.
La patiente inhale du gaz Entonox pour ne pas sentir la douleur quand les médecins manipulent son pouce. Photo Jean-François Ottonello

Pendant une période de plat, les médecins et infirmières nous racontent les anecdotes du quotidien en plaisantant.

"Heureusement qu’on rigole, c’est ce qui nous permet de décompresser", lâche Nathalie. Mais ils évoquent aussi un certain ras-le-bol sur des venues injustifiées aux urgences.

"L’été on a le droit aux brûlures de méduses et épines d’oursins alors que les solutions sont de frotter avec du sable pour l’un et mettre un corps gras sur l’autre. De la vaseline, de l’huile, du beurre, mettez ça sur une épine et elle partira toute seule. Nous ne retirons pas les épines car ça peut entraîner des infections par la suite", déclare le docteur Mallet-Coste.

"Les gens viennent aux urgences car c’est accessible à tous et qu’ils peuvent avoir une batterie d’examens mais parfois nous ne sommes pas habilités pour certains problèmes…", déplore une infirmière.

La soirée se finira sans avoir vu un seul camion de pompiers. Un peu de répit ne fait pas de mal pour ces équipes confrontées parfois au pire.

Les bobos les plus fréquents

Des traumas à la cheville ou au poignet. Que ce soit de la simple luxation à la fracture, ce sont des blessures très courantes auxquelles font face tous les jours infirmières et médecins.

Les douleurs abdominales en tout genre, de la diarrhée aux œdèmes et autres complications. Les AVP, traduire accident sur la voie publique. Des cas qui deviennent de plus en plus fréquents. Des consultations "psychologiques".

Tout ce qui peut être lié à des crises d’angoisses, du stress… Les infirmières constatent des patients de plus en plus jeunes et toujours plus nombreux.

Une mécanique bien huilée

Si certaines nuits sont calmes, d’autres poussent généralement les professionnels de la santé à tenir un rythme très soutenu. C’est dans ces cas-là que leur organisation méticuleuse aide à garder le cap.

Après s’être présenté à l’accueil, le patient sera tout d’abord vu par l’infirmière organisatrice de l’accueil, incarnée par Nathalie de 14 h à minuit au CHPG. Véritable lien entre l’accueil et le service, l’IOA permet de gérer le flux. 

"On demande pourquoi les patients viennent, on évalue de prime abord pour trier les priorités. C’est essentiel de faire le tri, que ceux qui nécessitent des soins très rapidement passent avant un plus petit bobo", explique Nathalie. Quand à 21h la secrétaire de l’accueil quitte son poste, c’est elle qui prend le relais et assure l’administratif en plus de ses tâches habituelles.

Un test sanguin est réalisé pour vérifier que la patiente est à jour avec son  vaccin contre le tétanos à la suite de son accident de moto.
Un test sanguin est réalisé pour vérifier que la patiente est à jour avec son vaccin contre le tétanos à la suite de son accident de moto. Photo Jean-François Ottonello
Chaque patient est amené en salle pour la consultation.
Chaque patient est amené en salle pour la consultation. Photo Jean-François Ottonello

Une fois installés dans les salles, les patients peuvent parfois attendre de longues minutes avant d’être pris en charge. "Ce qui prend le plus de temps c’est d’attendre les résultats car ils m’ont pris rapidement, j’étais étonnée", confie une patiente.

Là aussi les priorités entrent en jeu grâce à un code couleur affiché en office. "En gris ça annonce une prise en charge normale, en vert rapide, en jaune très rapide et en rouge immédiate", détaille le docteur Laterrere.

"Certaines blessures méritent une prise en charge plus rapide que d’autres, c’est logique. On demande aux patients de faire preuve de patience c’est vrai, mais on fait tout pour que cela ne dure pas trop longtemps. Tout dépend aussi de la charge de travail que l’on a nous aussi. Quand on vient aux urgences, on sait que l’attente peut être parfois plus longue que prévu", ajoute une infirmière.

Après avoir été vus en premier lieu par les infirmières, les patients sont examinés par le médecin qui va prononcer les examens à réaliser.

Dès lors, les patients peuvent partir pour un scanner, une radio ou subir d’autres soins comme la pose d’une perfusion par exemple. Les soins terminés et le bilan fait, les patients peuvent rentrer chez eux ou être orientés vers un autre service si leur cas le nécessite.

Des hôtesses interprètes

Les hôtesses parlent anglais, italien, espagnol, russe et portugais.
Les hôtesses parlent anglais, italien, espagnol, russe et portugais. Photo Jean-François Ottonello

Au CHPG, à l’accueil des urgences, vous trouverez sur votre droite, Sabine ou l’une de ses collègues. Elles sont hôtesses interprètes. Un poste créé par Stéphane Valeri à l’époque où il était conseiller de gouvernement pour les Affaires Sociales et la Santé.

Leur rôle : aider et guider les patients étrangers.

"On est les interlocutrices des patients étrangers. Cela permet aussi de les apaiser quand ils arrivent d’avoir quelqu’un qui parle leur langue", explique Sabine.

Au-delà de la salle d’attente, elles sont aussi réquisitionnées par les médecins ou infirmières si besoin pour les aider à communiquer lors des soins. "On peut aussi être appelées si d’autres services ont besoin de nous mais, normalement, nous ne sommes qu’aux urgences".


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