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PHOTOS. "On a fait ça par amour de Monaco": Pour leur voyage de noces, ils ont gravi le plus haut sommet d'Afrique

Mis à jour le 08/03/2020 à 11:08 Publié le 08/03/2020 à 11:08
Nathalie et Thierry Villette posent fièrement avec le drapeau monégasque au sommet du mont Uhuru, à plus de 5 895 mètres d’altitude. Ils auront mis cinq jours pour atteindre le sommet.

Nathalie et Thierry Villette posent fièrement avec le drapeau monégasque au sommet du mont Uhuru, à plus de 5 895 mètres d’altitude. Ils auront mis cinq jours pour atteindre le sommet. DR

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PHOTOS. "On a fait ça par amour de Monaco": Pour leur voyage de noces, ils ont gravi le plus haut sommet d'Afrique

Nathalie et Thierry Villette viennent de gravir le plus haut sommet d’Afrique en guise de voyage de noces. Ils ont dû se surpasser pour réussir une telle prouesse. Récit d’une aventure hors norme.

Il y a de folles histoires de vie qui réchauffent le cœur et forcent le respect et l’admiration. Celle des époux Villette est de celles-là.

Nathalie est une Monégasque de 49 ans, fonctionnaire à la division du contrôle de l’Expansion économique à Monaco, sportive dans l’âme et végétarienne.

Thierry est un Lillois de 52 ans, ancien chef cuisinier et, depuis huit ans, reconverti dans les cours d’hypnose, de magnétisme et de méditation qu’il enseigne aux écoles de Monaco, son pays d’adoption.

Récent auteur d’un ouvrage sur l’éveil de l’être, cet ancien participant de l’émission Koh-Lanta en 2012 se définit pourtant comme une "chèvre" en matière de sport quand il qualifie sa femme affectueusement de "pitbull".

Tout est parti d’une grenadine

"On s’est rencontrés grâce à la grenadine, plaisante Thierry. Il y a six ans, il y avait une salle de sport au Larvotto où Nathalie buvait sa grenadine le matin, et moi mon café dix mètres plus loin. Elle m’a fait du rentre-dedans pendant six mois, et nous voilà aujourd’hui mariés."

La semaine dernière, les deux époux sont rentrés de leur voyage de noces, le plus grand défi de leur vie : l’ascension du Kilimandjaro. L’idée leur est venue au retour d’un trip écolo au Zanzibar, à la vue du sommet.

Bien sûr, on ne grimpe pas le plus haut sommet d’Afrique, le mont Uhuru (5 895 m) sans entraînement. Deux mois de sport dans une salle monégasque munis d’un masque permettant d’habituer leurs corps à la raréfaction de l’oxygène à une telle altitude, et direction la Tanzanie.

S’ensuivent sept jours de périple, cinq pour monter, et deux pour descendre les parois abruptes de ce colosse africain.

Accompagnés de sept porteurs, d’un cuisinier et de deux guides, les voilà au départ de l’aventure à 1.800 mètres d’altitude avec dix kilos sur le dos.

Après deux jours d’ascension à un rythme allant de huit à seize kilomètres par jour - et un dénivelé positif de plus de mille mètres -, c’est au troisième jour que le plus dur commence pour eux.

Le vent, le froid et la méditation

Devant leur tente à 4.000 mètres, Thierry soigne le guide, pris de fortes migraines.

La journée, le jeune couple soumet son corps à rude épreuve. À 4.600 mètres, l’air devient rare, les premières nausées, hallucinations et migraines surviennent à cause du vent violent qui souffle inlassablement sur leur peau.

Manger et boire devient une véritable épreuve, tant cela demande d’efforts à un organisme qui se sent en permanence agressé.

La nuit, une fois redescendus à 3.900 mètres, la tente de fortune dans laquelle ils dorment est complètement gelée.

Emmitouflée sous quatre couches de vêtements, Nathalie raconte ne pas avoir totalement été épargnée par la violence des nuits à -20 degrés : "Je suis rentrée depuis une semaine et je n’ai pas encore récupéré l’usage de mes deux pouces, engourdis à cause du froid."

Et Thierry de surenchérir : "J’ai découvert le vrai froid et l’humidité. Avant ça, je n’avais jamais été plus haut que Valberg pour faire du ski. Vous imaginez le choc…"

Pour autant, aucun d’entre eux n’a songé arrêter, jamais. Pour garder foi en ses chances d’arriver jusqu’au sommet, Thierry avoue alors avoir médité tout en marchant. Une façon de se recentrer sur soi-même, tout en réussissant une vraie prouesse physique.

Ses talents de magnétiseur ont même été utiles à l’un des guides, pris de violentes migraines. "Je lui ai passé les mains comme je fais d’habitude et il s’est senti mieux peu de temps après", explique l’ancien cuisinier du Fairmont Monte-Carlo.

Tout au long de cette aventure, le couple avoue avoir "pris une claque et s’être senti minuscule face à la beauté du paysage, par la simplicité et la gentillesse de leur troupe d’accompagnants".

Nathalie et Thierry racontent aussi avoir été ébahis par les danses qu’effectuaient les porteurs autour d’un feu après une journée de quinze kilomètres de marche.

Une fois au sommet et les larmes de joie et de décompression séchées, sonne l’heure des cadeaux.

Thierry, qui avait demandé sa femme en mariage dans la neige un 31 décembre au soir, lui offre alors une bague - qu’elle s’est promis de ne plus quitter - un genou dans les neiges éternelles tanzaniennes.

Elle, comme un clin d’œil à leur histoire commune, lui fait cadeau, entre autres, d’une petite fiole de grenadine.

"On a fait ça par amour du pays"

« On a voulu montrer aux Monégasques qu’ils peuvent le faire aussi. »

C’est tout naturellement qu’après ceci, Nathalie retire de son sac un drapeau monégasque pour immortaliser l’exploit réalisé. "Dès le départ j’avais dit “On est là-haut, on y est avec le drapeau !” C’est mon pays depuis toujours et on est peu nombreux à y vivre alors si on arrive à faire de grandes choses et à amener le drapeau dans de tels endroits, c’est légitime de le faire. Il n’y a aucun égocentrisme là-dedans. On a fait ça par amour du pays et pour dire aux Monégasques qu’ils peuvent le faire aussi", explique-t-elle, non sans une certaine fierté.

Au final, après sept jours à gravir le plus haut sommet du continent africain, les deux jeunes mariés ressortent de ce voyage de noces plus épanouis que jamais, marqués par des découvertes extraordinaires tant sur le plan humain que naturel.

Ils se sont peut-être découvert un nouveau goût pour l’ascension des hauts sommets. "J’ai une copine de Koh-Lanta qui revient d’Argentine où elle a gravi l’Aconcagua (6.992 mètres ndlr), raconte Thierry. Ça me botte terriblement pour un prochain trip. J’aimerais aussi faire le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, mais d’une traite. J’ai la chance d’avoir une femme qui dit oui immédiatement quand je propose ce genre de défi alors j’y réfléchis… "

Peu importe où les mènera leur prochain voyage, leur plaisir reste avant tout de le réaliser ensemble, main dans la main et en harmonie avec la nature.

Et dire que tout cela part d’une grenadine…


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