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PHOTOS. Comment le casino de Monte-Carlo s'organise face à l'épidémie de coronavirus

Mis à jour le 28/08/2020 à 13:48 Publié le 28/08/2020 à 11:45
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PHOTOS. Comment le casino de Monte-Carlo s'organise face à l'épidémie de coronavirus

Depuis sa réouverture, le 5 juin dernier, le casino de Monte-Carlo a dû adapter l’expérience de jeux proposée aux clients. Les différents corps de métier de ce lieu mythique nous en parlent

Fin mai, le contexte morose de la crise sanitaire n’empêchait pas la Société des Bains de Mer de se plier à l’analyse, par écrans interposés avec la presse, de ses comptes annuels 2019/2020, tout juste clôturés. Une éclaircie au milieu de la grisaille (ses casinos, hôtels, restaurants et bars étaient alors toujours fermés, N.D.L.R.).

Un chiffre d’affaires en progression de 93,3 millions d’euros et une hausse de 8% dans le secteur des jeux. Sans s’improviser devin, il ne serait pas inconvenant d’avancer que le prochain exercice pâtira, au contraire, du contexte actuel.

En effet, après douze semaines sous cloche - une première depuis la Seconde Guerre mondiale - les casinos de la SBM peinent à retrouver leur activité d’antan. D’ailleurs, deux d’entre eux, le Sun Casino et celui du Monte-Carlo Bay, affichent toujours portes closes.

"Par rapport à la fréquentation, on préfère concentrer notre activité sur deux sites plutôt que de s’éparpiller, à savoir le casino du Café de Paris qui est le moteur des machines à sous [au nombre de 459, N.D.L.R.] et le casino de Monte-Carlo qui est notre image", confie Fabrice Di Franco de la Direction de l’exploitation des appareils automatiques. D’autant plus que 50% des gros joueurs - originaires du Moyen-Orient, d’Asie, d’Amérique et de Russie - sont aux abonnés absents, faute de vols internationaux vers Nice.

En présentant un plan sanitaire bien ficelé au gouvernement princier, les deux casinos ont pu rouvrir le 5 juin dernier. Avant leurs concurrents frontaliers. Une aubaine pour le groupe monégasque qui veut faire de la sécurité sanitaire un argument d’attractivité.

Certains de leurs homologues européens ont, d’ailleurs, encore le rideau baissé. Des mesures strictes au départ - par exemple : une jauge de 120 personnes maximum en même temps au casino de Monte-Carlo (capacité d'accueil de 986 personnes en simultané contre maximum 600 pour le casino Café de Paris en même temps, N.D.L.R.) ou l’impossibilité pour les clients de toucher les cartes - assouplies au fil des semaines.

Toujours avec l’accord préalable de l’État monégasque. Ce jeudi, nous avons rencontré les salariés appartenant à divers corps de métier évoluant sous les dorures et boiseries du casino de Monte-Carlo. Pour constater comment ce fichu virus avait bouleversé leur façon d’exercer leur travail au quotidien. Témoignages.

Maxime Julien, voiturier

 

Maxime
Maxime Photo Jean-François Ottonello

Sur la place du casino de Monte-Carlo, il est la première personne auquel le client est confronté. Son comportement donne une première image du groupe SBM. Dans son costume tiré à quatre épingles, Maxime Julien occupe la fonction de voiturier.

Lui et ses collègues ouvrent les portières et accueillent les clients qui, par leur statut de gros joueurs, se sont vus octroyer le droit de garer leur véhicule presque sur le perron du casino.

À la vue des badauds, toujours avides de grosses cylindrées.

"De par notre rôle de physionomiste, on connaît nos clients et on ne leur donne pas systématiquement un ticket ce qui, en ces temps, évite une potentielle transmission du virus. On porte des gants et on protège, grâce à un film plastique, le volant et le pommeau de vitesse.

On met également une housse sur le siège. Lors du rendu des clefs, désinfectées au préalable, on les place dans une enveloppe et c’est le client qui les récupère. Il n’y a pas de contacts."

Manuel Lino, surveillant aux entrées

Manuel Lino
Manuel Lino Photo Jean-François Ottonello

"À la porte du casino, on contrôle avec la scannette les clients voulant rentrer dans l’établissement, ainsi que leurs sacs, pour s’assurer qu’ils n’ont rien de dangereux sur eux. Depuis la crise sanitaire, on leur prend la température au niveau de la tempe.

Au-dessus de 38°C, on leur demande de patienter 15 minutes. Si la température n’a pas chuté après ce laps de temps, on passe la consigne à notre hiérarchie et on conseille au client d’aller voir le médecin. On leur refuse alors l’entrée. Mais ce n’est encore jamais arrivé. On leur demande aussi de porter le masque. Ils sont très collaboratifs. S’ils n’en ont pas, on leur en donne un."

Eric Pezzuoli, superviseur

Eric Pezzuoli
Eric Pezzuoli Photo Jean-François Ottonello

"En temps normal, j’ai pour mission de gérer la salle, le personnel et la relation avec les clients. Avec la Covid-19, on a une mission supplémentaire: faire respecter les mesures sanitaires. C’est strict et on risque gros si ce n’est pas respecté.

Le personnel doit les appliquer pour être crédible auprès du client, d’autant plus si on est amené à lui faire une remarque sur le port du masque. C’est arrivé d’avoir des clients récalcitrants sur ce point.

Si la situation venait à dégénérer, un surveillant général voire un spécialiste peut être appelé. Notamment quand il y a des comportements inappropriés. Cela nous est arrivé au casino Café de Paris, où deux clients nous ont insultés. Ils ont été mis dehors.

Dans cet établissement, d’ordinaire ouvert 24 heures sur 24, on ferme désormais à 6 h du matin pour pouvoir tout aseptiser avant la réouverture à 10h du matin. On se sert de la Covid-19, qui est quelque chose de négatif, pour montrer qu’on peut toujours se divertir ou travailler dans de bonnes conditions."

Roman Aureglia, croupier à la roulette européenne

Roman Aureglia
Roman Aureglia Photo Jean-François Ottonello

"Aux tables de jeux, on a des protocoles sanitaires très stricts. À chaque relève, toutes les heures donc, un nettoyage de poste est effectué : les outils, la boule, la caisse, tout ce que le croupier a touché. Un client ne peut pas s’asseoir à une place tant qu’elle n’a pas été nettoyée par le valet. Au poker, au blackjack et au punto banco, la jauge de clients a été baissée pour chaque table [4/5 clients, selon le jeu, contre 7 avant la Covid-19, N.D.L.R.].

Au début, on ne pouvait plus prendre les enjeux sur parole. Les mesures ont été assouplies, ce qui est beaucoup plus confortable pour nous ainsi que pour les clients. La partie est moins ralentie, on peut envoyer plus de boules à l’heure. Au début, on avait aussi la visière en plus du masque, c’était assez contraignant à cause de la buée. On a aussi rajouté des micros à table pour mieux entendre les clients."

Thierry Boratynski, directeur adjoint des caisses

Thierry Boratynski
Thierry Boratynski Photo Jean-François Ottonello

"Avec Franck Canestrier, nous nous occupons de toutes les caisses des casinos de Monte-Carlo et Café de Paris, de tous les comptes des tables - pour voir si elles sont bénéficiaires ou déficitaires sur la journée - et des machines. Tout ce qui est argent (jetons, chèques, espèces…) c’est nous.

À la relève de la table, quand on ramène les jetons à l’intérieur, on nettoie et désinfecte toute la boîte. On les laisse 8 h sans manipulation. On a également une machine d’ozone qui a été mise en place, dans lequel on place les jetons pendant trente minutes. ça enlève tout ce qui est virus.

On perd beaucoup de temps pour le nettoyage, c’est un vrai service à part. Mais ça en vaut la peine. Au niveau des changeurs, quand on démarre le service, tout est propre. Quand le client revient avec des jetons et veut le changer contre de l’argent, on isole ces jetons pour les nettoyer dans la foulée.

Par ailleurs, deux fois par semaine, quelqu’un vient avec un appareil spécial qui pulvérise du produit - de l’eau oxygénée à 8 % - dans les salles de comptée et les locaux de caisses avec la masse complète de notre jetonnerie, laquelle s’avère considérable. Pendant deux heures, on ne peut pas se rendre dans une pièce. On a la garantie que tout est neutre après cela."


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