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Philharmonique : pour la Toussaint, Elie est là Quatre heures au piano pour accompagner les Nibelungen

Mis à jour le 01/11/2019 à 10:19 Publié le 01/11/2019 à 10:19
De haut en bas et de gauche à droite : la soprano Keri Fuge, dans le rôle de la mère de l’enfant ressuscité ; le baryton Matthew Brook, dans le rôle d’Élie et le chœur de Birmingham. 	(DR)

Philharmonique : pour la Toussaint, Elie est là Quatre heures au piano pour accompagner les Nibelungen

Ce dimanche, le monumental oratorio de Mendelssohn sera donné par la 1re fois à Monaco

Qui est Élie ? Un prophète d’Israël ayant vécu au IXe siècle avant J-C, après la mort de Salomon. Il a défendu le Dieu d’Israël contre celui des mécréants, Baal, vénéré par la reine Jezabel. Élie entra en conflit avec la belle Jezabel avant de réaliser plusieurs prodiges et de s’envoler au ciel.

L’histoire d’Élie a donné lieu, au XIXe siècle, à la création d’un oratorio monumental, d’une durée de plus de deux heures, composé

par Mendelssohn - compositeur universellement connu pour sa « Marche nuptiale ». Ce musicien romantique et élégant avait une parfaite connaissance de la Bible et de la religion, étant né dans une famille juive avec des tantes catholiques et une épouse calviniste.

L’oratorio « Élie » fut créé en 1846 dans la ville anglaise de Birmingham. Curieusement, il n’a encore jamais été interprété en Principauté. Il le sera ce dimanche pour la première fois, plus d’un siècle et demi après, avec le Philharmonique de Monte-Carlo sous la direction de son chef Kazuki Yamada. Le chœur ne sera autre que celui de Birmingham - la ville de la création - venu spécialement pour ce concert. L’œuvre sera chantée dans sa langue originale, l’anglais, et non en allemand - langue en laquelle elle a été traduite par la suite et en laquelle elle est le plus souvent interprétée.

Comportant des passages bouleversants, elle est écrite dans un style situé au croisement du classicisme (façon « Passion » de Bach ou « Messie » de Haendel) et du romantisme. Elle comprend... quarante-deux épisodes constitués d’airs, de trios ou quatuors vocaux, de grands chœurs ou de passages orchestraux.

L’œuvre ressemble à un opéra - mais un opéra non mis en scène - dans lequel interviennent plusieurs personnages. Tous les épisodes s’enchaînent de manière continue. Pour se retrouver dans le déroulement de l’œuvre, nous vous donnons ici quelques repères qu’il serait bon d’avoir assimilés avant d’assister au concert.

Voyons d’abord quels chanteurs interprètent quels personnages. Le baryon incarne le prophète Élie. Le ténor interprète successivement le prophète Abdias et le roi impie Achab. La soprano incarne la femme dont Élie va ressusciter l’enfant, puis prête sa voix à un jeune serviteur ainsi qu’à un ange. La mezzo-soprano interprète, elle, suivant les épisodes, le rôle d’un ange ou celui de la reine impie Jézabel. Quant au chœur, il représente tour à tour le peuple d’Israël, les prêtres de Baal ou un chœur d’anges.

L’histoire se déroule en deux grandes parties. Dans la première, vous entendrez Élie annoncer la menace d’une sécheresse destinée à punir le peuple impie. Vous l’entendrez se rendre ensuite chez la femme dont il ressuscitera l’enfant. Puis il s’opposera aux prêtres de Baal, déchaînant un incendie sur l’autel de leurs rites païens. La pluie se mettra enfin à tomber, clôturant la période de sécheresse. Deuxième partie : la reine Jezabel, hostile au Dieu d’Israël, menace de mort Élie. Celui-ci s’enfuit dans le désert, découragé. Dieu se montre à lui et il monte au ciel.

Les chanteurs solistes seront quatre Britanniques, la soprano Keri Fuge, la mezzo Karen Cargill, le ténor Robert Murray et le baryton Matthew Brook. Il est amusant de penser qu’ils devaient intervenir, avec le chœur de Birmingham, au lendemain du Brexit si celui-ci avait eu lieu comme prévu le 31 octobre.

Mais, on le sait, la musique transcende les époques et les frontières. Nous en aurons une belle preuve dimanche !

C’est plus qu’une habitude, c’est une récompense : depuis plusieurs années, chaque saison, l’unique, l’insurpassable, l’incomparable Jean-François Zygel (photo) vient à Monaco pour accompagner au piano la projection d’un grand film muet. Et chaque année, on admire son talent dans l’art d’improviser, dans la façon d’entrer en complicité avec les films qu’il accompagne, dans la manière de donner des couleurs sonores aux images noir et blanc, dans l’habileté de créer sur l’instant des partitions que d’autres mettraient des mois à écrire.

Année après année, ce pianiste improvisateur qui est aussi producteur à France-Inter et sur France 2, a successivement illustré le « Fantôme de l’opéra », « Faust », la « Veuve joyeuse ». Mais cette année il va dépasser les bornes.

Dimanche, il sera au clavier pendant plus de... quatre heures (deux heures trente de 11 heures à 13 heures 30 et deux heures de 15 heures à 17 heures) pour accompagner le film muet de Fritz Lang, réalisé en 1924 et récemment restauré, les « Nibelungen ». Cette fresque cinématographique comprend deux parties : la « Mort de Siegfried » et la « Vengenace de Kriemhild ».

L’opération sera réalisée en collaboration entre l’Opéra de Monte-Carlo et l’Institut audiovisuel. Bien sûr, le sujet des « Nibelungen » suscite chez les mélomanes des réflexes wagnériens, puisque c’est cette légende qui a inspiré Wagner pour les quatre opéras de sa « Tétralogie ». Alors Jean-François Zygel sera-t-il tenté d’emprunter des thèmes à Wagner ? On le saura dimanche.

En tout cas, lorsqu’en 1924 on posait la même question à Fritz Lang, celui-ci répondait :

« Ce qui m’intéressait, c’est de faire vivre une saga allemande d’une manière différente de l’opéra wagnérien : sans barbes, etc. Dans les « Nibelungen », j’ai essayé de montrer quatre univers différents. D’abord la forêt primitive où vivent le difforme Mime, qui apprend à Siegfried à forger son épée, le dragon et le royaume souterrain d’Alberich, gardien nabot du trésor des Nibelungen, qu’il maudit lorsqu’il est abattu par Siegfried. Deuxièmement, le château enveloppé de flammes de la reine amazone d’Islande, Brunhilde. Troisièmement, le monde stylisé, légèrement dégénéré, trop civilisé du royaume des Burgondes, sur le point de se désintégrer. Et enfin le monde des hordes asiatiques sauvages des Huns et leur choc contre le monde des Burgondes. »

Qu’en sera-t-il de l’approche de Jean-François Zygel ? On le saura dimanche. Avec lui, on peut s’attendre à tout. Surtout au meilleur.


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