“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

L'autorisation de tir sur les perruches invasives fait polémique à Valbonne

Mis à jour le 18/10/2019 à 19:42 Publié le 18/10/2019 à 19:00
"Pourquoi leur tirer dessus" s’interrogent les militants de la cause animale.

"Pourquoi leur tirer dessus" s’interrogent les militants de la cause animale. Photo archives Nice-Matin

L'autorisation de tir sur les perruches invasives fait polémique à Valbonne

L’opération de tir sur ces oiseaux exotiques avortée à Valbonne n’en finit pas de faire frémir les défenseurs de la cause animale. L’arrêté qui encadre ces actions est valable jusqu’en 2021.

Étrange, on dirait que cette histoire de perruches a coupé le sifflet de la préfecture… Malgré nos - nombreuses - sollicitations, les services de l’État n’ont pas désiré s’exprimer sur les battues menées contre l’espèce exotique. Et pourtant, un arrêté en date de janvier 2019, a bel et bien été émis à ce sujet.

Les cris d’orfraie poussés par les militants de la cause animale provoqueraient-ils ce silence radio?

Une possibilité à ne pas écarter au vu de l’impact de ces derniers sur l’opération qui devait être initialement menée au début du bois à Valbonne. Après l’annonce de la battue visant les perruches à collier dans la commune, les réseaux sociaux sont montés au créneau. Certaines personnes, appartenant notamment à l’UPA 06 - Urgence pour un animal -, n’ont pas hésité à se rendre directement sur place.

>>RELIRE. Les autorités s'attaquent aux perruches invasives: une battue organisée ce mardi sur la Côte d'Azur

Une présence qui, curieusement, a eu l’air de faire son effet. "La battue n’a pas eu lieu", résume une des membres du réseau de protection animale: "Personne n’est venu à notre rencontre."

Un répit pour les espèces zonant dans le coin, mais pas franchement pour ceux qui s’enquièrent de leur sort sur le long terme: "Nous ne sommes pas du genre violents chez UPA 06. Nous étions surtout venus pour engager une discussion. Et comprendre les motivations qui peuvent pousser à organiser de telles opérations."

Parce que ce qui coince, ce n’est pas la question d’un quelconque effarouchement d’oiseau, disons… classique. Mais la gradation dans la démarche.

En clair: il s’agit de tirer directement sur les Psittacula krameri (sous certaines conditions évoquées dans le texte).

Une action qui soulève bien des interrogations: "Habituellement le public n’est pas averti de telles actions. Et c’est évident que ce n’est pas la première du genre! D’autres vont suivre… On ne voit pas l’intérêt de leur tirer dessus. Vraiment. Une va mourir, le groupe s’envoler et ensuite quoi? Quel est le but?"

Ne comprenant pas la justification d’une telle décision, l’UPA 06 ne voit ici qu’une réponse à "un inconfort humain": "Les personnes qu’elles importunent sont celles qui entendent leur cri ou voient les fruits de leur jardin picorés. Franchement, ce n’est pas un peu trop extrême de vouloir les tuer? Cette espèce n’a pas d’impact sur la faune locale!"

Une position rejoignant celle de la Ligue de protection des Oiseaux (LPO) qui, dans un rapport, détaille ses conclusions sur l’espèce.

Pour la faire courte, si l’association déclare qu’"il semble nécessaire de la surveiller, car elle pourrait prendre la place d’autres espèces dans les cavités qu’elle occupe", elle assure que "son cantonnement aux espaces urbains n’en fait cependant pas une espèce nécessitant régulation ou suppression". Pourquoi? "Son impact sur d’autres espèces n’est pas actuellement très documenté."

Sans surprise, la préfecture des Alpes-Maritimes ne partage pas l’avis de la LPO. Dans l’arrêté elle précise noir sur blanc qu’elle "est susceptible de porter atteinte à la petite faune aviaire" et responsable de "dommages occasionnés dans les exploitations agricoles maraîchères et fruitières".

Si l’UPA 06 demande: "Pourquoi l’opinion des citoyens n’est pas prise en compte?" L’arrêté évoque "une consultation du publique réalisée sur le site Internet de la préfecture" (menée entre le 20 décembre 2018 et le 11 janvier 2019, ndlr). Mais là aussi, faute de réponse de cette dernière, impossible d’en connaître le résultat.

Quoi qu’il en soit, le réseau de protection animale ne compte pas se laisser clouer le bec: "On veut comprendre. Et on reviendra sur le terrain."

un recours?

Et là, vous vous dîtes: "Eh mais dis donc si arrêté il y a, recours il peut y avoir!" Alors oui. Mais non. Puisque selon l’article 6 du texte en question, ce recours doit être fait dans un délai de deux mois à la suite de la publication de l’arrêté.

Lorsqu’on jette un coup d’œil au tampon faisant foi, on comprend que cette période est dépassée depuis bien longtemps : le texte rédigé par le service Eau agriculture forêt espaces naturels de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) est en date du 23 janvier 2019.

"Euthanasiés par choc crânien" après capture

Faute de n’avoir pu questionner directement avec les services de l’État, voici l’arrêté « prescrivant la lutte contre une espèce exotique envahissante » : la perruche à collier.

villes concernées
Il est précisé que "des opérations de destructions par piégeage et par tir" seront effectuées en priorité à: Nice, Saint-Laurent-du-Var, Cagnes-sur-Mer, Saint-Paul-de-Vence, la Colle-sur-Loup, Mougins, Grasse, Châteauneuf-de-Grasse et le Rouret.

Durée
Cet arrêté est applicable depuis le 23 janvier 2019 et le sera jusqu’au 31 décembre 2021.

Calibre
Sous le "contrôle et la responsabilité du lieutenant de louveterie", ces "opérations destruction à tir se feront à l’aide de fustil de chasse de calibre 12, 16, 20 ou 410".

Évoluant en groupe, l’espèce installe son nid dans une cavité d’arbre, de rocher ou de bâtiment.

Euthanasie
Quant aux captures, ces dernières doivent se faire "à l’aide de pièges non vulnérants". Si les animaux ne sont pas blessés lors de cette étape, on passe sur une autre donne pour la suite puisque, comme le texte le précise: "Les animaux capturés seront euthanasiés par choc crânien".

Distance
Si, normalement, il n’est pas autorisé de tirer à moins de 150 mètres d’une habitation, le texte donne une dérogation à cette obligation aux "personnes habilités à réaliser les opérations de destruction".

Information
L’article 5 de l’arrêté précise qu’un rapport "des ces opérations sera transmis au préfet", montrant ainsi que l’information concernant ce sujet circule.

"Et si on protégeait les cultures?"

Consciente que la présence des perruches à collier puisse "gêner les personnes possédant des arbres et cultures", l’UPA 06 s’interroge: "Pourquoi ne pas protéger les cultures plutôt que de tirer sur les oiseaux?"

Une question à laquelle "répond" l’arrêté. Car ce dernier défend une théorie: l’inefficacité des autres moyens de lutte. Selon les rédacteurs du texte – qui expliquent que "l’effarouchement visuel et acoustique" n’aurait donné aucun résultat –, la "protection des cultures par bâches ou filets n’est pas praticable en raison de la petite taille des exploitations".

Un drôle d’oiseau tropical...

A l’origine, la perruche à collier ou Psittacula krameri pour les puristes vit dans les forêts tropicales d’Afrique subsaharienne et d’Inde.

Mais elle a su s’adapter à nos milieux en préférant les zones boisées et également urbaines avec nos parcs. Vivant entre vingt et trente ans, les membres de cette espèce adoptent un régime alimentaire dit granivore-frugivore (fruits, céréales, bourgeons...)

Évoluant en groupe, l’espèce installe son nid dans une cavité d’arbre, de rocher ou de bâtiment.

Se reproduisant dès la fin de l’hiver, la perruche réalise des couvées de deux à six œufs. Vendue comme oiseau de cage, elle est présente à l’état sauvage dans plus d’une trentaine de pays.

En Europe, une douzaine d’Etats sont concernés de l’Angleterre et la Belgique jusqu’à la Grèce et la Turquie.
Source: LPO


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.