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Pas de coronavirus chez les deux patientes du CHPG Les pharmacies en rupture de stock

Mis à jour le 26/02/2020 à 11:28 Publié le 26/02/2020 à 11:28
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Pas de coronavirus chez les deux patientes du CHPG Les pharmacies en rupture de stock

Les deux femmes hospitalisées lundi après-midi à Monaco ne sont pas atteintes par le coronavirus. On fait le point sur la situation hier soir

L’épidémie n’a pas (encore) touché la Principauté mais le vieux dicton « Mieux vaut prévenir que guérir » semble faire son effet. Coronavirus oblige. Il est toutefois de plus en plus compliqué de trouver des masques de protection dans les pharmacies monégasques. Alors, reste une solution : commander sur internet.

« Les étals sont vides »

« On ne parle pas encore de psychose mais la demande est très forte ces dernières semaines », explique Loïc Gimbert, pharmacien. Les masques sont contingentés, c’est donc très difficile de répondre à la demande de nos clients. »

Le phénomène se confirmait hier à Monaco. Toutes les pharmacies du cœur de la Principauté sont en rupture de stock. Les étals sont vides. Seul produit restant : le gel hydroalcoolique.

Dans la rue Grimaldi, les trois pharmacies avouent leur impuissance. Certaines savent qu’aucune livraison ne sera faite dans la semaine, d’autres gardent encore espoir.

À la Pharmacie internationale, au 22 rue Grimaldi, Loïc vient « d’apprendre que le grossiste est en rupture de stock ». Plus loin, devant le comptoir de la pharmacie Ferry, les clients viennent à tour de rôle demander un masque : « J’ai deux boîtes entières de masques mais ça ne suffira pas. Je préfère être prévoyante », s’inquiète une cliente.

Corinne, la responsable de l’officine, a connu un week-end chargé. De nombreux Italiens sont venus la dévaliser : « C’est la folie en ce moment ! Après les Chinois et les Italiens, c’est au tour des locaux de venir en masse », indique-t-elle.

Les prix s’envolent sur internet

Certains clients, avisés de la difficulté, se rendent directement dans les magasins de bricolage, eux aussi en rupture de stock ces derniers jours. C’est notamment le cas de Denis Verrando, le gérant de Brico Pro, à Fontvieille.

Face à l’inquiétude de leur clientèle, les pharmaciens tentent de rassurer. Exemple au centre commercial de la galerie de Fontvieille : « On essaye de leur transmettre les premières mesures d’hygiène comme se laver les mains, éviter les transports publics et surtout porter des gants », explique Antonio Sillari.

Communiquer sur les normes des masques est aussi essentiel. Seuls les FFP2 sont efficaces, explique le pharmacien.

De son côté, Rodolphe Berlin, président de Brico Pro, qui annonçait hier dans nos colonnes avoir vendu plus de mille masques pour la seule journée de lundi, assure pouvoir « être approvisionné assez rapidement ».

Faute de pouvoir trouver des masques à Monaco, les clients se tournent donc vers internet. Un coup d’œil sur le web suffit pour constater l’ampleur de la pénurie. Les prix s’envolent. Les masques se vendent entre 5 et 10 euros, contre 50 centimes à 2 euros en général. Et aucune garantie de livraison n’est offerte. La réception du colis pourrait même durer plus d’un mois…

L’inquiétude n’aura duré que quelques heures pour les deux femmes hospitalisées lundi au Centre hospitalier Princesse-Grace (CHPG). Elles ne sont pas atteintes du coronavirus. Les prélèvements effectués et étudiés par le centre d’analyse des hôpitaux publics de Marseille sont négatifs aux tests Covid-19. L’information est tombée hier matin. Pour mémoire, lundi, une malade avait été prise en charge par les pompiers de Monaco puis conduite au CHPG. La seconde, Italienne, était arrivée aux urgences, accompagnée de son époux. Lui est très vite sorti du service, mais son épouse a dû passer la nuit à l’hôpital. Des prélèvements ont été réalisés et aussitôt envoyés à Marseille qui les a détectés négatifs.

Mais le vent d’inquiétude a continué à souffler hier.

Alors, à 17 heures, pour rassurer tout en expliquant les risques sanitaires d’une propagation du coronavirus, une conférence de presse était organisée au Ministère d’État autour de Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales et de la Santé. Point sur la situation.

« Être prêt quand ça arrive »

Alors que la propagation du virus se poursuit aux portes de Monaco, Didier Gamerdinger a rappelé toutes les mesures prises par le gouvernement, en lien avec les pompiers, le CHPG et les autorités françaises pour « être prêt quand ça arrive ».

Résultats en 6 heures

Après Paris, Lyon et Marseille, d’ici quelques jours, Nice sera le centre d’analyses des prélèvements de Monaco. La proximité de la ville permet de raccourcir de 12 à 6 heures le délai d’attente des résultats. Le test ne se fait pas à Monaco car il est « très particulier », selon Yann-Erick Claessens, chef de service des urgences du CHPG.

Entre 40 et 60 lits à Pasteur

Les malades possiblement porteurs du coronavirus sont admis au CHPG, dans un secteur sécurisé pour éviter la contamination, pour les prélèvements rhino-pharyngés et l’attente des résultats. En cas de résultats positifs, ils seront transportés à l’hôpital Pasteur, à Nice, où une unité de 40 à 60 lits a été prévue. « La prise en charge des malades nécessite une équipe ayant les compétences en infectiologie d’un centre expert. Sur le plan logistique, le transfert à Nice a du sens », souligne Yann-Erick Claessens. Le Dr Olivia Keïta-Perse tient à souligner : « Nous avons des compétences en infectiologie au CHPG. »

Combien de cas suspects à Monaco ?

Ni les médecins ni le gouvernement ne veulent communiquer le nombre de cas de suspicion ayant conduit à des prélèvements. « Cela relève du secret médical », explique le chef de service des urgences du CHPG. Le conseiller-ministre de la Santé souligne que « tous les tests ont été négatifs. Évidemment, c’est un apaisement. » Mais le problème s’inscrit dans la durée : « Il faut s’attendre à ce que d’autres prélèvements soient réalisés dans les prochaines heures », explique le chef de service.

Mesures de confinement

Alexandre Bordero, directeur de l’action sanitaire, explique : « On va devoir prendre des mesures de confinement à domicile si une personne d’un foyer est malade. »

Réunion à Rome

Rome a réuni hier, en urgence, les ministres de la Santé des pays limitrophes. Les Monégasques n’étaient pas présents. « Nous allons nous caler par rapport aux décisions qui sont à prendre », note Didier Gamerdinger.

Et la rentrée scolaire ?

« Alexandre Bordero s’est rapproché d’Isabelle Bonnal, directeur de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. Sur l’accueil des élèves dans les établissements scolaires, nous prendrons une décision ce mercredi », précise conseiller-ministre.

Quel médicament ?

Le docteur Claessens explique que ni le Tamiflu ni la Nivaquine n’ont d’effets sur le coronavirus. « Il n’y a pas d’antiviral connu ou rendu public à ce jour. »

Le montage photo, abondamment relayé sur Twitter, a pu interloquer les plus alarmistes. On y aperçoit un véhicule des sapeurs-pompiers de Monaco dit « de secours et d’assistance aux victimes », un fonctionnaire de la Sûreté publique et trois personnes portant une combinaison intégrale ainsi qu’un masque et des gants bleus. Le cliché a été pris ce lundi, lors de la prise en charge, par les sapeurs-pompiers, d’une femme présentant des symptômes du coronavirus. Une intervention classique répondant au protocole établi, voilà plusieurs semaines, par le gouvernement princier. « Si une personne se dit victime de symptômes comme une température élevée, des difficultés respiratoires et parfois des tremblements, qu’elle a voyagé en Asie du Sud-Est ou en Italie du Nord, qu’elle n’aille pas aux urgences, ni chez le médecin. Elle appelle les pompiers », martèle Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement - ministre des Affaires sociales et de la Santé. Au bout du fil, l’opérateur va questionner l’individu sur les symptômes, les voyages récents, le contact avec des cas potentiels. « On peut alors catégoriser la personne comme un cas suspect. Dans la foulée, on déclenche une conférence à trois avec un médecin référent du CHPG, lequel va prendre en compte l’aspect médical, détaille le lieutenant-colonel Norbert Fassiaux, chef de corps. Si on doit lever le doute, il va nous demander de la transporter au CHPG. » L’intervention nécessite donc un certain niveau de protection vestimentaire. Pour les soldats du feu comme pour la victime. « L’image peut traumatiser mais c’est un principe de précaution. C’est un cas suspect mais ça ne veut pas dire qu’il y a péril dans la demeure. » Débute alors l’examen clinique au CHPG. Un diagnostic est établi. Et, si besoin, un prélèvement rhino-pharyngé.

Lundi matin, le magasin Brico Pro a vendu plus de 1 000 masques FFP2 suite aux pénuries dans les pharmacies.	(Ph. A.Co.)

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