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Où en sommes-nous : les constats d'Alain Finkielkraut

Mis à jour le 14/10/2018 à 05:02 Publié le 14/10/2018 à 05:02
Nicolas Galup et le public ont interrogé Alain Finkielkraut sur le dernier ouvrage qu'il a dirigé : Des animaux et des hommes.

Nicolas Galup et le public ont interrogé Alain Finkielkraut sur le dernier ouvrage qu'il a dirigé : Des animaux et des hommes. Cyril Dodergny

Où en sommes-nous : les constats d'Alain Finkielkraut

Société, religion, civilisation : le philosophe est intervenu autour de ces thèmes, hier au Palais de l'Europe. Il a balayé un large spectre de sujets, du vivre ensemble aux réseaux sociaux

Une salve d'applaudissements résonne dans le Palais de l'Europe. Il est 14 h 30, hier après-midi. Alain Finkielkraut s'installe sur la grande scène qui trône face à une salle comble. Professeur émérite à l'École polytechnique, reçu à l'Académie française en 2016, il est venu participer aux Colloques de Menton. Thème de l'entretien animé par Nicolas Galup, le rédacteur en chef de la chaîne de télévision Azur TV : « Où en sommes-nous ? Société, religion, civilisation ». Le philosophe et écrivain a donc livré ses constats sur ces trois thèmes, notamment. Morceaux choisis.

Sur la société

« On parle énormément de vivre ensemble aujourd'hui, au moment même où notre société se fracture », lance Alain Finkielkraut. Il cite notamment la préface du livre Une France soumise, rédigée par Elisabeth Badinter : « Une nouvelle société s'impose insidieusement au sein de notre République, tournant le dos à celle-ci, visant exclusivement le séparatisme voire la sécession ».

Le penseur évoque encore un rapport présenté en 2004 par Jean-Pierre Obin, un cadre de l'Éducation nationale, consacré aux signes et manifestations d'appartenance religieuse à l'école.

Ces documents, dit-il, analysent des « phénomènes qui témoignent de la profondeur de cette fracture », telles les « dérives du communautarisme ». Conclusion : « La France se transforme, malgré elle, en société multiculturelle. C'est la réalité démographique. La France va donc être obligée, à un moment donné, de tenir compte de son nouveau visage et d'abandonner son modèle républicain assimilateur. »

Sur la religion

Il analyse ensuite un « retour du religieux » dont il est beaucoup question. Dans des sociétés « moins confiantes dans la modernité », démarre-t-il, « peut-être est-on tentés, quand on ne regarde plus en avant avec cette confiance, de regarder en haut ». Ainsi, « il est vrai que les catholiques, en tant que tels, interviennent plus dans l'espace public qu'ils ne le faisaient naguère. On l'a vu à l'occasion de la Manif pour tous et cela peut recommencer ». Mais cela « ne pose pas de problèmes particuliers à l'école et ne se manifeste pas par le séparatisme ou la sécession. Le problème que connaît l'Europe aujourd'hui, ce n'est pas le retour du religieux, c'est l'irruption d'une certaine forme d'Islam, la volonté d'une certaine forme d'islamisme de régner sur l'Islam ». Citant encore le rapport Obin - « Dans le Nord, des élèves musulmans sont insultés par d'autres quand ils mangent des produits qui ne sont pas halal » -, il précise : « Il y a des musulmans qui veulent profiter de la liberté à l'occidentale et qui en sont empêchés. C'est à ceux-là qu'il faut venir en aide par une attitude ferme et intransigeante. »

Sur la civilisation

Au micro, Nicolas Galup interroge Alain Finkielkraut sur « les réseaux sociaux, l'instantanéité, la globalisation, le politiquement correct ». Il répond longuement sur les réseaux sociaux : « Un nouveau type de communications se constitue. Mais si les réseaux sociaux ont un tel succès, ce n'est pas simplement parce que la technique nous les apporte, mais parce qu'ils satisfont une aspiration à l'égalité. Il y a un désir d'égalité très fort dans les sociétés démocratiques. Et avec les réseaux sociaux, ce désir semble réalisé parce que toutes les paroles sont mises au même niveau. Il n'y a plus d'experts, il n'y a plus de journalistes, il n'y a plus d'écrivains, tout le monde a, à égalité, droit à la parole. » Il voit là une « démesure égalitaire » : « On se venge, à travers les réseaux sociaux, des hiérarchies, de toute forme de supériorité. Le ressentiment se donne libre cours. » C'est la formule du « nihilisme », et « là est le danger ».


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