Où en est le chantier du Pôle d'Echange multimodal à Menton? On fait le point

Entamée en avril 2021 avec les travaux de mise en accessibilité des quais, suivis du lancement de la création d’un pôle d’échange multimodal, en décembre, la mue de la gare va bon train.

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Alice Rousselot Publié le 24/11/2022 à 21:05, mis à jour le 24/11/2022 à 21:03
Trois temps de travaux programmés jusqu’en avril 2024: réaménagement du bâtiment de la gare, creusement d’un parking et création d’un nouveau parvis. Photo Jean-François Ottonello

Depuis près d’un an, les Mentonnais sont nombreux à s’arrêter au milieu de l’escalier de l’avenue Albert Ier pour observer les travaux entrepris là où se trouvait autrefois le parvis de la gare.

Car le chantier a beau être fermé au public pour des (logiques) raisons de sécurité, il n’en demeure pas moins visible de tous. La mise en accessibilité des quais a débuté en avril 2021, répondant à une forte attente des usagers, mais c’est bien la construction d’un pôle d’échange multimodal (PEM) - entamée en décembre dernier - qui attire aujourd’hui le chaland. Avec ses grosses machines et son trou de plus en plus béant sous le hall de la gare. Avec son air de fourmilière en plein air.

L’objectif de ce nouvel aménagement? Il est triple: valoriser l’offre de transports publics en facilitant l’intermodalité le long de l’axe Nice - Monaco - Italie; permettre au plus grand nombre de voyageurs d’opter pour le ferroviaire ; repenser et redynamiser le quartier de la gare.

Les travaux, programmés jusqu’en avril 2024, s’échelonnent eux aussi en trois temps : une phase de reconfiguration et de réaménagement du bâtiment de la gare, une autre de creusement et de construction du parking sous-terrain, et une dernière de création d’un nouveau parvis.

Pour rappel, le PEM est réalisé sous maîtrise d’ouvrage SNCF Gares & Connexions. Et cofinancé par l’État, la Région Sud, le Département, SNCF Gares & Connexions, et la Communauté de la Riviera française - très attachée à ce projet d’envergure.

 

Assez exceptionnel sur le plan technique.

"C’est un chantier en milieu urbain, avec des fondations profondes, et des moyens structurels peu habituels", résume Philippe Kraus, directeur de projets à SNCF Gare et connexions.

Ajoutant que tout se déroule comme prévu: "On tient le planning".

1. La mise en accessibilité de la gare

Deux ascenseurs ont été crées pour accéder aux différents niveaux de la gare. Photo Jean-François Ottonello.

Entamée en avril 2021, la mise en accessibilité de la gare était la première opération menée - avec le dévoiement des réseaux enterrés du parvis.

"On a reprofilé les quais, repris les enrobés et les bandes blanches podotactiles", indique Philippe Kraus. Soulignant que pour accéder plus facilement aux différents niveaux de la gare, deux ascenseurs ont été créés.

 

Un sous-terrain (par Gare et connexions), un autre sur le quai central (par SNCF Réseau). À une dame croisée quelques mètres plus loin qui lui demande pourquoi des "petits trottoirs" ont été faits au milieu des quais, le responsable répond: "C’est pour avoir le niveau du quai au niveau du train. Avec une pente permettant d’avoir un cheminement lisse."

L’éclairage, la sonorisation et la signalétique doivent également être modernisés. Tandis que plusieurs dispositifs dédiés aux Personnes à Mobilité Réduite (PMR) ont été mis en place, tels que la pose de barrières antichute en bout de quais ou la mise aux normes d’accessibilité de l’escalier.

Depuis les quais 1 et 1bis, on peut déjà voir - au-dessus de la marquise - l’allure que la façade du bâtiment aura, fait remarquer Philippe Kraus. Peinte avec des teintes claires voulues par les Architectes des Bâtiments de France.

2. Le hall des voyageurs

Hormis la vente de billets, la présence de w.c. ou encore des bornes livre-service, le hall des voyageurs abritera les bureaux des agents et les locaux techniques. Photo Jean-François Ottonello.

Les travaux dans le hall voyageurs avancent également à grand pas. Pourquoi ne pas avoir détruit le bâtiment? "Cela aurait coûté très cher de déplacer les installations techniques qui gèrent les feux, les aiguillages. On travaille sur la partie client sans toucher à la partie technique", répond Philippe Kraus.

Avant de rappeler que le hall comprendra un espace prévu pour la vente de billets, un pour une salle d’attente et des w.-c. publics, ainsi que des bornes libre-service, des distributeurs de friandises, le photomaton… Derrière, en back-office, se trouveront les bureaux des agents, ainsi que des locaux techniques.

"Le bâtiment sera livré fin février 2023. Mais l’accès restera contraint jusqu’à mars 2024", glisse Philippe Kraus. Rappelant que de nouveaux accès à la gare ont dû être créés pour la durée des travaux - en l’absence de parvis.

On entre ainsi dans le bâtiment par les deux extrémités où se trouveront, à l’avenir, des commerces. Les travaux au niveau de l’escalier de l’ancien bar "Chouchou"? Ils sont à l’arrêt.

 

"Nous n’avons pas pu faire les choses comme prévu: l’ouvrage n’est pas construit avec des éléments structurants et ne tient pas. Nous avons proposé une solution aux ABF, qui l’ont refusée."

L’installation restera donc en l’état - avec quelques améliorations telles que la mise en place d’un réel garde-corps - jusqu’à ce qu’une solution convenant à tous soit trouvée.

3. Le parking sous-terrain

Le parking sous-terrain comprendra 350 places dont une partie réservée à l'intermodalité. Des bornes électriques seront également installées sur des places dédiées. Photo Jean-François Ottonello.

Le parking sous-terrain comptera au total près de 350 places pour les habitants et visiteurs, dont 180 dédiées à l’intermodalité et 10 équipées de bornes électriques. S’ajoutera un dépose-minute pour les véhicules particuliers.

"D’un point de vue pratique, les ouvriers ont à ce jour creusé 8 mètres - soit la moitié de ce qui doit l’être. Sur l’emprise du futur parking, plusieurs chantiers sont menés en parallèle", expose Philippe Kraus. Il y a d’abord un travail de fondation, passant par un forage de pieux.

"Il s’agit d’aller chercher le sol sain sous le parking. L’entreprise réalise cette opération soit avec une sorte de "vis sans fin", soit via une technique vibratoire - cela dépend de l’état du terrain et de la géologie."

Il y a aussi, parallèlement, la création de murs de ceinture en parois moulées, liaisonnés dans le sol par des tirants.

"Le godet de la grue verte passe entre deux murets de guide. On excave la terre sur la largeur de la paroi qu’on veut. Quand l’empreinte est faite, on met un liquide à base de ciment pour tenir les parois en terre", explique le responsable.

 

Indiquant que des éléments de ferraillage sont par ailleurs créés pour être ensuite glissés dans lesdites empreintes.

"On coule alors du béton sur 2, 4, 6 mètres. De sorte que toute la périphérie est jointée de murs. On peut alors continuer à creuser. Quand tout aura été excavé, la dalle pourra être construite."

Le gros œuvre sera fini d’ici à fin 2023. Mais il restera à faire l’aménagement intérieur, après que l’exploitant du parking aura été nommé. On devrait ainsi pouvoir s’y garer à l’été 2024.

4. Le pont

Pour qui se promène rue Albert Ier, impossible de ne pas remarquer que le pont qui arrivait sur le parvis de la gare ne débouche désormais plus sur rien. Photo Jean-François Ottonello.

Pour qui se promène rue Albert Ier, impossible de ne pas remarquer que le pont qui arrivait sur le parvis de la gare ne débouche désormais plus sur rien.

"Le mur de soutènement a dû être démoli. Le pont n’ayant plus d’appui, un échafaudage a été installé. Quand la structure du parking sera terminée, un mur permettra de le maintenir de nouveau", souligne le directeur de projet.

Les observateurs les plus aiguisés remarqueront néanmoins que des traces de béton récentes sont apparues sur l’ouvrage. "Durant la phase préparatoire, il a été nécessaire de le réparer; les appuis étaient détériorés."

Philippe Kraus mentionne par ailleurs la présence d’un théodolite sur la base de l’escalier du Chouchou. Cet outil de géomètre, qui prend des mesures toutes les cinq minutes, permet de vérifier que les ouvrages aux environs du chantier ne bougent pas. "Nous avions installé le même système sur la voie, lors des travaux de pose des tirants, pour s’assurer qu’il n’y ait pas de mouvement sur la plateforme."

 

5. Une nouvelle esplanade

L'ancien parvis va laisser place à une nouvelle esplanade après la création du parking sous-terrain Photo Jean-François Ottonello.

Pour les usagers réguliers de la gare, difficile d’imaginer aujourd’hui que le parvis se déployait au même niveau que les bâtiments. Sans grande surprise, la création d’une nouvelle esplanade au sortir du hall voyageurs sera la dernière phase de ce vaste chantier.

Car il faut logiquement attendre que le parking soit fait pour pouvoir créer la dalle qui constituera sa base. L’aménagement est déjà connu: un auvent sera inséré sur la façade du bâtiment principal, une place urbaine piétonne sera créée, des tonnelles ombragées seront installées pour le confort des voyageurs et des passants.

Cinq emplacements seront réservés au stationnement des taxis. Tandis qu’un parking destiné aux vélos sera aménagé, de même qu’un arrêt de bus aux normes d’accessibilité. Dans la même logique multimodale, des liaisons entre la gare SNCF et la gare routière seront mises en place.

L’info

La démolition du parvis a nécessité des aménagements en amont. Une rampe a notamment dû être construite pour que les ouvriers de la SNCF accèdent à leur base travaux située sur les voies - qui leur permet par exemple de mener des chantiers sur les tunnels côté Nice.

Le chiffre

30.000. C’est le nombre de m3 de terre qui vont être excavés, au total, pour la réalisation du parking sous-terrain.

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