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Otello : apothéose de la saison lyrique

Mis à jour le 23/04/2019 à 10:16 Publié le 23/04/2019 à 10:16
Autour du personnage de Desdémone avec, au balcon, l’intervention d’un choeur d’enfants de l’Académie de musique.

Autour du personnage de Desdémone avec, au balcon, l’intervention d’un choeur d’enfants de l’Académie de musique. Alain Hanel - OMC

Otello : apothéose de la saison lyrique

La représentation de l’opéra de Verdi, avec le ténor américain Gregory Kunde, fera date dans l’histoire de la Salle Garnier

La saison lyrique se termine. Après le « Samson et Dalila » hollywoodien du début de l’année dominé par la flamboyante soprano Anita Rachvelischvilli, après la reprise de l’excellente version de « Falstaff » de Jean-Louis Grinda transformant le personnage en « roi du poulailler », après l’ « Ariodante » de rêve orné par les vocalises magiques de Cecilia Bartoli et après l’ « Enlèvement au Sérail » de luxe présenté dans les wagons de l’Orient-Express, il semblait impossible de faire plus extraordinaire en matière de production lyrique.

Un sommet de bonheur lyrique

Eh bien c’est pourtant ce qui arrive avec l’ « Otello » de Verdi donné depuis dimanche. Voici l’apothéose de la saison. On atteint un sommet de bonheur lyrique. Dans l’histoire de la Salle Garnier, on parlera de l’« Otello de 2019 ».

On se souviendra de la performance vocale du ténor américain Gregory Kunde, vaillant comme un jeune premier, apparu dans la force de l’âge et dans la toute puissance de sa voix, en ayant pourtant - on a peine à le croire - quarante ans de carrière derrière lui ! On se souviendra, à ses côtés, de la bouleversante Desdémone de Maria Agresta, au chant ample et doux, qui, le dimanche de Pâques, lors de la première du spectacle, interpréta avec une frémissante beauté l’ « Ave Maria » qui précédait l’assassinat de son personnage. On se souviendra de la prestation sombre et fascinante de George Petean, incarnant un Iago luisant de haine, distillant le poison de son mensonge pour pousser Otello à tuer sa femme Desdémone.

Cette histoire shakespearienne portée par une musique sublime se déroule dans les beaux décors d’un palais vénitien. La mise en scène d’Alex Aguilera, d’un classicisme fort apprécié n’en est pas moins raffinée et fouillée. Elle se situe sur deux niveaux, utilisant en hauteur une passerelle entre deux étages du palais. Elle nous met le feu au premier acte, allumant un réel brasier au centre de la scène. Elle transforme en piscine le traditionnel lit de mort de Desdémone, apportant son pouvoir purificateur à l’eau qui éclabousse le personnage.

Ajoutez à cela la puissance des chœurs - complété à l’acte II par la présence d’un groupe vocal d’enfants de l’Académie de musique. Rajoutez l’excellence de la direction d’orchestre de Daniele Callegari et la beauté du Philharmonique, aussi admirable dans la douceur des cordes qu’impressionnant dans les éclats guerriers auréolés de solos de trompette et vous aurez compris, si vous vous apprêtez à aller voir cet « Otello », qu’une soirée d’exception vous attend.


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