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Opération réconfort avant le déploiement de la 5G

Mis à jour le 19/06/2019 à 10:17 Publié le 19/06/2019 à 10:17
Les rayonnements de la 5G seraient les mêmes que ceux des téléphones existants.

Opération réconfort avant le déploiement de la 5G

Sous le feu des critiques, la cinquième génération de téléphonie et d’internet mobile sera déployée à Monaco en juillet. Monaco Telecom et les pouvoirs publics veulent rassurer

Nous vous en parlons dans nos colonnes depuis plusieurs mois : Monaco sera bientôt le tout premier pays intégralement couvert par la 5G.

Cette nouvelle génération de téléphonie et d’internet mobile suscite de nombreuses inquiétudes dans l’opinion publique en général, et même à Monaco (lire ci-dessous).

Alors hier, Monaco Telecom et le gouvernement ont organisé une conférence de presse destinée à expliquer et rassurer. Parce que c’est toujours mieux de savoir de quoi on parle.

Qu’est-ce que la 5G ?

Aujourd’hui, votre téléphone fonctionne la plupart du temps en 4G, parfois en 3G. « Il y a même 1 % des utilisateurs de Monaco Telecom qui sont en 2G. » Si on veut faire simple, ça correspond à la vitesse de transmission des données sur votre téléphone. Ce qu’on appelle le débit. La 5G est dix fois supérieure à la 4G, et 30 fois supérieure à la 3G.

Pour qui ?

Il ne s’agit pas d’une technologie destinée à quelques initiés ou professionnels exigeants. Martin Péronnet, directeur général de Monaco Telecom, l’a dit : « La 5G, c’est pour tout le monde. Dans quelques années, tous les terminaux seront aux normes 5G. »

Pourquoi ?

« Pour se projeter dans un monde qui continue à évoluer vers le numérique, il faut qu’on ait les technologies de demain », a déclaré Martin Péronnet. En clair : on n’arrête pas le progrès. La qualité des vidéos et des photos ne cesse d’augmenter, il y a de plus en plus d’objets connectés, et le consommateur en veut de plus en plus, et le veut de plus en plus vite. « L’usage d’internet est devenu majoritairement mobile. Tous les ans, le volume de données échangées double. Aujourd’hui, le premier mode d’accès à sa banque, c’est par smartphone. »

Christophe Pierre, directeur du développement des usages numériques complète : « Si on ne fait rien, d’ici un an et demi, on arrivera à saturation sur les fréquences 4G. On voit déjà que dans certains événements, comme le Grand Prix, les communications ont des difficultés à passer. » D’ailleurs, sous 18 mois, le réseau 2G devrait disparaître de Monaco, ses utilisateurs étant accompagnés vers une autre solution.

Pour quel usage ?

« C’est un réseau aussi efficace que la fibre, et qui est sans fil. N’importe quelle machine industrielle devient autonome et pilotable à distance sans la contrainte d’une connexion fixe », explique Martin Péronnet. Un argument valable également pour la télémédecine et la télésurveillance.

Côté média, télécharger un film en très haute définition ne prendra pas plus qu’une poignée de secondes.

Avec le développement de l’internet des objets et de la Smartcity, cette technologie devient incontournable. Sous peu, tout sera connecté pour apporter un maximum de services. « A-t-on besoin de cela ? » demandent les détracteurs. Sûrement pas un besoin vital. Mais nous n’avions pas non plus besoin de téléphone mobile il y a vingt-cinq ans. Et aujourd’hui, qui envisagerait de s’en passer ?

Ils sont nombreux, dans la population, à s’inquiéter. Si les Monégasques et les résidents sont habituellement frileux avec la presse, hier matin au marché de la Condamine, c’était carrément hivernal. « Je ne dirai rien, j’ai trop peur qu’on me reconnaisse », a-t-on souvent répondu. Sur les réseaux sociaux, un groupe baptisé « 5G Monaco » a fait son apparition. Mené par Helena Krajewicz, de nationalité monégasque, et son mari Rob Rowland, un ingénieur britannique, il a accueilli plus de 200 membres en quatre semaines. « Les gens se bougent parce que nous sommes inquiets. On installe quelque chose qui n’a pas été testé. Quelles vont être les conséquences ? Nous échangeons des publications sur ce sujet. Nous nous documentons autant que possible. »

Et un certain nombre de questionnements apparaissent, comme dans le groupe Facebook Monaco 2023, emmené par Stéphane Tomatis Moreau : « Est-ce qu’on a besoin de ça à Monaco alors qu’on a la 4G jusqu’au douzième sous-sol ? On ne nous a rien expliqué du tout sur ces antennes. On devrait attendre d’avoir plus de recul. »

Si aucune info rassurante n’a filtré jusque-là, c’est que les équipes chargées du développement n’auraient pas vu venir la polémique. « Ce sont les mêmes ondes que la 4G et la 3G. Elles sont juste utilisées de façon plus efficiente. Ce qui permet de faire plus de choses avec moins d’énergie », explique Martin Péronnet. Le directeur de l’Action sanitaire, Alexandre Bordero, se veut rassurant lui aussi : « Les ondes sont les mêmes que celles qu’on utilise depuis vingt ans. Il y avait alors 1 milliard d’utilisateurs dans le monde. S’il y avait eu une épidémie de cancers liés à cela, on l’aurait su. » Il n’y aurait donc pas plus de risques que maintenant.

D’autant moins de risque, selon les autorités, que les normes monégasques d’émission sont dix fois plus restrictives que les normes européennes, qui sont elles-mêmes 50 fois inférieures au seuil qui induit l’apparition des premiers effets sur l’organisme. Cette norme est-elle appelée à évoluer ? Christophe Pierre, directeur du développement numérique, est catégorique : « Il n’est pas question d’un changement de normes dans les années à venir. » Et encore moins de risque, puisque les antennes utiliseront mieux l’énergie pour cibler seulement les utilisateurs en cas de besoin, et pas la totalité de la population.

Sur les antennes, plus nombreuses et plus proches, là aussi, on éclaire notre lanterne : « Il y aura 27 antennes, réparties de façon transparente sur le territoire, et il y aura un cadastre électromagnétique. Elles seront implantées aux mêmes endroits que les antennes actuelles, en hauteur. Les abris voyageurs n’auront pas d’antenne émettrice, juste des récepteurs permettant de transformer le signal en wifi. » Le développement d’antennes de mobilier urbain, qui avait été évoqué à Pékin, n’interviendra finalement pas avant saturation des premières antennes, donc pas avant quatre ou cinq ans, d’après Martin Péronnet.

S’il existe des études qui montrent des « effets possibles » des rayonnements électromagnétiques sur l’organisme, comme l’étude américaine NTP qui avait défrayé la chronique en corrélant les rayonnements et certaines formes de cancer, la revue European Scientist décrypte : « Lorsque des effets (...) sont observés, c’est pour des niveaux d’exposition qui dépassent largement les valeurs maximales d’exposition autorisées. En pratique, ces limites ne peuvent pas être atteintes avec les technologies de communication sans fil couramment utilisées (antennes relais, téléphones mobiles, wifi…). »

En l’état actuel des connaissances et des projets, il semble donc que les inquiétudes ne soient pas fondées. Ce qui ne doit pas empêcher de garder l’œil ouvert sur l’évolution de la situation.

Martin Péronnet présentant les antennes 5G, au siège de Huawei dans la banlieue de Pékin, lors d’une mission du Monaco Economic Board, en septembre 2018.

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