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On vous dit tout sur les combats médiévaux qui auront lieu ce samedi à Monaco

Mis à jour le 14/02/2019 à 08:45 Publié le 14/02/2019 à 11:00

On vous dit tout sur les combats médiévaux qui auront lieu ce samedi à Monaco

A grands coups de hache ou d'épée, ils s'affrontent tout en armure. Ca s'appelle le béhourd. Cette discipline d'apparence plutôt brutale n'est pas une nouveauté et répond à des règles bien précises.

Le béhourd, s’il est revenu au goût du jour dans les années 2000, n’est pas une pratique sportive d’aujourd’hui. Bien au contraire. Ses origines remontent au Moyen-Âge, comme vous l’aurez compris.

À cette époque-là, "le tournoi désigne un événement où les protagonistes se rencontrent pour s’affronter entre groupes de chevaliers, à cheval et avec toutes sortes d’armes. Des hommes d’armes et mercenaires roturiers peuvent aussi y prendre part, à pied, pour le compte d’un seigneur, peut-on lire sur un document historique de la fédération française de béhourd. Au début, tel qu’il est décrit dans les ouvrages de Chrétien de Troyes au XIIe siècle, le tournoi se pratique en rase campagne, avec de nombreux chevaliers (parfois plusieurs milliers, comme au tournoi de Lagny qui rassemblait plus de 3.000 chevaliers à la fin duXIIe siècle, soit près de 10 000 protagonistes en imaginant les écuyers, valets, hommes d’armes et mercenaires)."

Ils s’affrontent alors en deux groupes, selon leurs affiliations et allégeances. Avec brutalité, certes, mais sans donner la mort. Au contraire, les tournoyeurs tentent de se capturer les uns les autres, pour obtenir des rançons, ou de capturer les chevaux de leurs adversaires. Lorsque le champ de bataille n’est plus occupé que par un camp, ce dernier remporte la victoire.

"C’est avant tout la gloire de leur nom et de leur maison que recherchent les tournoyeurs. Ils combattent pour mériter d’être des chevaliers et pour l’honneur de leur faction. Il en découle deux buts secondaires: s’entraîner à la guerre et plaire aux femmes", lit-on sur le document.

Un règlement dès 1460

Si les débuts se pratiquent avec peu ou pas de règles, le béhourd se dote d’un vrai règlement au XVe siècle sous René d’Anjou, vers 1460.

"Ces règles ressemblent beaucoup à celles d’aujourd’hui. Des armes non aiguisées, interdiction des coups d’estoc. La société était en train de changer. Il y avait moins l’esprit chevaleresque d’avant où les cavaliers s’affrontaient en première ligne", retrace Edouard Eme, président de la fédération française de béhourd.

Le béhourd est revenu au goût du jour, donc, en Russie. Dans le cadre de reconstitutions historiques principalement mais sans véritables règles qui régissent le tout.

Pour démocratiser la pratique, un règlement était nécessaire. Aujourd’hui, selon Edouard Eme, plus de trois cents personnes appelées "tournoyeurs" s’adonnent aux joies du béhourd. Un peu plus de 4.000 dans le monde. Un sport de combat médiatisé, apprécié des institutions publiques et des familles. "Ce n’est plus marginal", expose-t-il.

 


Une pratique strictement réglementée

Agence de Monaco.Illustration de Béhourd. Papier : annonce Thibaut Parat sur la tenue à Monaco de combats médiévaux sous le chapiteau de Fontvieille, prévu le 16 février 2019.
Agence de Monaco.Illustration de Béhourd. Papier : annonce Thibaut Parat sur la tenue à Monaco de combats médiévaux sous le chapiteau de Fontvieille, prévu le 16 février 2019. Photo DR

À l’image des sports de combat, le béhourd est une pratique strictement encadrée. Au cœur de la lice, des arbitres encadrent ces joutes et tranchent d’éventuels coups litigieux. De nombreuses règles ont été édictées. Voici les extraits les plus parlants*.

Les règles du jeu
En cinq contre cinq, le but est simple: décimer l’équipe adverse. Non pas par une mise à mort, bien entendu, mais en mettant au sol ses ennemis. "Le combattant doit abandonner dès lors qu’il a un troisième appui à terre: un bras, un genou, les fesses ou le bouclier. Les autres ne peuvent alors plus le toucher", détaille Philippe Rebaudengo, secrétaire général de l’association monégasque de combat médiéval. Idem si l’un de ses éléments de protection est cassé ou perdu. L’affrontement se joue en deux manches gagnantes.
En profight – comprendre un duel en un contre un – la confrontation se joue aux points ou par KO et les frappes au sol sont autorisées pendant dix secondes.

Les armes et armures
Hache, épée et sabre, hallebarde, fauchon, masses d’armes, bouclier… "Les armes sont non aiguisées", rassure-t-il. Les équipements de protection, eux, doivent être des répliques d’armures médiévales et avoir les caractéristiques suivantes: correspondre à des sources historiques du XIIIe au XVIIe siècle, utiliser des matériaux historiques (métal, cuir, tissu, ficelle, rembourrage), couvrir les organes vitaux et articulations, être en bon état… Il y a, donc, la protection officielle.Mais aussi l’officieuse, disons la couche supplémentaire : culottes renforcées, dorsale pour protéger la colonne vertébrale et d’autres protections pour le corps.

Les coups
"Il n’y a pas d’estoc autorisé, c’est-à-dire qu’on ne peut pas piquer. On est obligés d’appliquer une frappe du haut vers le bas ou latéralement", poursuit Philippe Rebaudengo.
Tous les coups, poussées, pressions avec les armes, bras, mains, jambes, pieds, bouclier, tête, épaules sont autorisés. On ne peut, toutefois, pas les exercer sur les pieds, l’arrière des genoux, l’aine, la nuque, la base du crâne et sur le visage découvert de l’adversaire.  Des coups interdits, qu’ils soient accidentels ou intentionnels, peuvent être sanctionnés par une réprimande, voire une disqualification.

Cartons
Comme au football, le "knight marshall" peut dégainer un carton. Jaune, pour une violation des règles. La couleur peut virer au rouge s’il existe des violations graves ou répétées de la part d’un combattant.

*Fédération française de béhourd, 10 juin 2016.


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