On a retrouvé un témoignage sur l'accident du yacht du prince Albert Ier au cours d'une campagne scientifique au Spitzberg

Le lundi 9 avril 1951, "L’Espoir" de l’époque publiait le témoignage de Félix Camia sur l’accident survenu au yacht princier au cours d’une campagne scientifique du souverain.

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JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 21/11/2022 à 10:00, mis à jour le 21/11/2022 à 14:16
L’équipage du Princesse-Alice, mythique yacht du prince Albert 1er, en 1899. Photo Archives du Palais princier

C’est une archive rarissime sur l’actualité de l’époque, fournie par Loris Camia, le petit-fils du matelot Félix qui accompagnait le prince Albert Ier dans une campagne scientifique au Spitzberg. C’était en juillet 1903. La vie ne devait pas être si paisible aux portes du pôle Nord. Dans un décor de glace, royaume de la froidure par excellence, le récit puissant et émouvant de ce marin monégasque révélait une histoire dans la grande Histoire de la Principauté.

L’alerte personnage de 77 ans racontait dans "L’Espoir" (titre donné au quotidien du soir avant sa disparition au bénéfice des nombreuses éditions locales et départementales publiées par Nice-Matin., ndlr) l’événement in situ qu’il avait vécu pendant la campagne scientifique du prince Albert Ier au Spitzberg.

Loin de toute fiction, il s’agissait d’un témoignage d’autant plus précieux qu’il était question de l’accident survenu au yacht "Princesse-Alice". En ce mois de juillet 1903, le navire-laboratoire s’échouait sur un rocher dans la baie découverte par la mission monégasque. Un temps oublié où les processus d’échanges d’informations se faisaient pratiquement en morse…

Des liens fraternels noués

Au fur et à mesure de la lecture, on a l’impression d’être présent, voire acteur dans cette nature des plus hostiles. Certes, une foule d’images surannées rappelle cette époque révolue. Mais elle atteste surtout, et sans aucun doute, du sentiment de passion pour l’océanographie ancré dans l’héritage scientifique du prince savant. Aucune fioriture. Juste une richesse de détails. Un partage sincère, intime où les indices les plus probants révélaient les efforts successifs entrepris afin d’obtenir une hypothétique flottaison de la goélette après l’échouage.

 

Imaginé, présumé, ce retour à la navigation retrouvée était plus compromis encore par un temps qui s’annonçait glacial, alimenté par la neige et des icebergs.

Un mot d’ordre apparaissait pourtant salvateur : alléger le trois-mâts. Des tonnes de matériels étaient débarquées et mises à l’abri sur le rivage. Quant au charbon, assurément vital pour résister à la rudesse hivernale qui s’annonçait, il finissait désespérément au fond de l’océan. Le délestage n’était pas inutile.

Finalement, le "Princesse-Alice" pouvait enfin reprendre la mer et les travaux scientifiques reprenaient avec bonheur. D’ailleurs, le déchaînement des éléments et les avaries, si l’on se réfère aux propos du matelot Félix, n'avaient pas entamé le moral de la famille des chercheurs-accompagnateurs qui se replongeaient dans leurs travaux jusqu’à la résilience. Jusqu’à décrire une puissance des liens fraternels noués à la fin de la campagne.

"Chacun se dispersait avec la tristesse qui préside toujours la séparation des hommes, racontait-il à nos confrères. Ils avaient poursuivi ensemble une tâche élevée et ils avaient appris à s’estimer dans la bonne comme dans la mauvaise fortune."

La mission au Spitzberg prenait fin le 31 août 1908, avec le retour au Havre, puis un passage en cale sèche du bateau pour remise en état à Liverpool. On notera en conclusion l’annonce de la statue à la mémoire du prince Albert Ier, inaugurée dans les jardins Saint-Martin où ce navigateur scientifique apparaît toujours en timonier vêtu d’un ciré et remettant sans cesse le cap sur la Méditerranée.

 

Il était bon de rappeler l’existence de ce document afin de témoigner une nouvelle fois d’un héritage précieusement conservé dans son écrin du Musée océanographique de Monaco. Une marque de vénération respectueuse avant d’entamer un autre hommage proche pour commémorer le centenaire de la naissance du prince Rainier III.

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