Ocean Viking: près de 180 migrants ont quitté la presqu'île de Giens

Le tribunal administratif de Toulon a annulé ce lundi le maintien en "zone d’attente" d’une famille guinéenne. Deux Pakistanais ont également été autorisés à quitter Giens.

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Eric Marmottans Publié le 22/11/2022 à 14:10, mis à jour le 22/11/2022 à 14:07
La zone d’attente de Giens s’est vidée de la quasi-totalité des rescapés de l’Ocean Viking. Photo Luc Boutria

La quasi-totalité des migrants de l’Ocean Viking a quitté la presqu’île de Giens, à Hyères. Quelque 234 hommes, femmes et enfants ont transité par le village vacances transformé en "zone d’attente" internationale à leur arrivée à Toulon, le vendredi 11 novembre.

Dix jours plus tard, seulement sept étrangers sont encore maintenus à Giens. Parmi ceux qui ont quitté les lieux, il y a d’abord une quarantaine de mineurs non accompagnés confiés à l’aide sociale à l’enfance. Ensuite, une soixantaine de personnes déclarées éligibles au statut de demandeur d’asile. Enfin, une centaine d’autres libérées par la justice pénale pour des questions de procédure.

Le tribunal administratif de Toulon a ajouté ce lundi six personnes, dont trois enfants, à ces « sortants ». La juridiction a considéré qu’elles devaient bénéficier d’un examen de leurs demandes d’asile, malgré un avis défavorable de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) qui avait dépêché des agents pour des entretiens préalables sur la zone internationale créée ad hoc.

Une mère et trois enfants

Ainsi, deux Pakistanais obtiennent une seconde chance. Ces deux jeunes hommes sont originaires d’un même village du Cachemire, dans une zone que se disputent le Pakistan et l’Inde. L’un a évoqué son appartenance à une organisation indépendantiste, le Front de libération du Jammu-et-Cachemire. L’autre a raconté avoir pris la décision de fuir les "explosions de bombes".

À l’énoncé de la décision la concernant, Mariam s’est effondrée de soulagement. Elle aussi pourra tenter de convaincre à nouveau l’Ofpra du bien-fondé de sa demande. Escortée par la police aux frontières, cette Guinéenne a suivi l’audience avec sa fille de 7 ans et deux enfants d’une cousine, encore plus jeunes.

"Madame, cela ne vaut pas reconnaissance du statut de réfugié", a relativisé le juge. Selon son récit, cette femme est partie "au début de l’année 2021" pour échapper à un homme violent après un mariage forcé. "Son récit est précis, elle a dit des choses d’une triste réalité", confie son avocat Me Lauris Leardo.

Réduits en esclaves par les passeurs

"Ces gens ont dû en passer par plusieurs mois en enfer. En Libye, ils ont été réduits en esclavage, on les a fait travailler pour payer leur passage. Ils ont ensuite entrepris un voyage en mer long et périlleux, et sont arrivés à Toulon dans un état psychologique vulnérable", a appuyé Me Marc Oreggia, aux intérêts des deux villageois du Cachemire.

Selon Lucien Giudicelli, secrétaire général de la préfecture appelé à témoigner à la barre du tribunal administratif, "tous les sortants de la zone d’attente de Giens ont été orientés sur le dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile - même ceux qui n’avaient pas à l’être - à Marseille, Aubagne, Manosque, La Londe…" Soit près de 180 personnes qui disposent d’un visa de huit jours pour entamer leurs démarches.

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