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"Nous parlions déjà de ces rénovations depuis quelques mois": l'un des trois palaces de Monaco ferme ses portes

Mis à jour le 10/11/2020 à 20:24 Publié le 10/11/2020 à 20:21
Le palace de l’avenue de la Madone, entièrement rénové une première fois en 2003, devrait garder son atmosphère et son style.

Le palace de l’avenue de la Madone, entièrement rénové une première fois en 2003, devrait garder son atmosphère et son style. Photo Jean-François Ottonello

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"Nous parlions déjà de ces rénovations depuis quelques mois": l'un des trois palaces de Monaco ferme ses portes

Le palace ferme ses portes le 30 novembre afin de lancer un vaste chantier de seize mois qui sera interrompu d’avril à septembre 2021, pour assurer l’activité pendant la haute saison.

Dans une année noire pour l’hôtellerie de luxe, l’hôtel Métropole Monte-Carlo ferme ses portes le 30 novembre prochain. Mais ce n’est pas une mauvaise nouvelle. À la différence d’autres établissements de la Côte d’Azur, forcés à l’hivernage par la crise sanitaire, le palace monégasque, lui, a choisi d’entamer sa métamorphose.

C’est un signal fort dans un secteur sinistré. Alors que sur ses mois d’été, l’hôtel a réalisé un chiffre d’affaires de 50% inférieur à l’an passé, et qu’actuellement le taux d’occupation des chambres oscille entre 10 et 15%, la famille Boustany, propriétaire du Métropole, a choisi d’investir pour miser sur l’avenir.

"La situation sanitaire nous a stimulés pour aller encore plus vite. Nous parlions déjà de ces rénovations depuis quelques mois, nous avons choisi d’anticiper le timing, détaille le directeur général, Serge Ethuin. Nous pensons que 2021 sera toujours une année en pointillé et que c’est seulement début 2022 que l’industrie de l’hospitalité va reprendre. Il faudra être prêt, et nous le serons."

Les équipes de l’hôtel travaillent depuis plusieurs semaines sur ce méga chantier qui va transfigurer l’hôtel. L’ambition est haute, comme le budget.

"Notre société propriétaire a décidé de ne rien épargner pour atteindre notre objectif, assure le directeur général. C’est une vision à long terme. En investissant au moment où tout va mal, on sait qu’on n’aura pas de retour sur investissement dans les trois ou quatre prochaines années, ce sera plutôt sur des décennies."

Les sommes engagées restent confidentielles mais estimées à plusieurs millions d’euros.

Trois phases

Le chantier se fera en trois temps. Une fermeture totale du 1er décembre jusqu’au début du mois d’avril 2021, pour une première étape de travaux dans tous les espaces techniques de l’hôtel, notamment les cuisines qui seront détruites et reconstruites.

Deuxième phase: une réouverture totale d’avril au 30 septembre 2021 pour assurer la saison estivale. Puis une seconde fermeture pleine, du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022 pour, cette fois, refaire toutes les chambres. Objectif: inaugurer un Métropole flambant neuf au printemps 2022.

Pourquoi cette stratégie? "Nous pensons avant tout au confort de nos clients. Hors de question pour nous de faire des rénovations très bruyantes avec un hôtel ouvert. Pendant les mois de réouverture, les travaux continueront discrètement dans des endroits que les clients ne voient pas."

La reprise de l’activité pendant les mois d’été assurera des rentrées de trésorerie pour l’établissement. Mais pas seulement.

"Notre société propriétaire joue la carte de la destination de la Principauté. Tous les événements principaux de Monaco, et on espère qu’ils auront lieu, se déroulent de la mi-avril à fin septembre. Nous ne souhaitions pas, après une période difficile, pénaliser la destination en fermant un de ses trois hôtels de luxe pendant la saison."

Le style Jacques Garcia renouvelé

Inauguré en 2004, le Métropole connaîtra, après des rénovations intermédiaires ces dernières années, sa première mue.

Un changement dans la continuité avec le même designer. La famille Boustany fait confiance à nouveau au décorateur Jacques Garcia pour revoir les styles des chambres, des suites, du restaurant gastronomique et du salon Méditerranée.

"Ce sera du Jacques Garcia des années 2020, souffle Serge Ethuin, qui reste discret sur le style choisi. L’ADN de l’hôtel, chaleureux et convivial, va être absolument conservé. Nous avons mis dix-sept ans à créer et construire la réputation de cet hôtel, il n’y aura pas d’interruption drastique de cet état d’esprit. Mais Jacques va rafraîchir selon ses idées du moment."

Outre la décoration, l’établissement devrait passer de 125 chambres et suites à 116 clés, offrant la possibilité de nouvelles suites plus spacieuses. Mais pas de démesure à l’horizon.

"Nous ne sommes pas dans l’orientation du gigantesque. On privilégie notre atmosphère chaleureuse et accueillante. Certes, nous allons nous équiper d’innovations technologiques, mais nous offrirons au client de les utiliser ou pas. Nous n’allons pas devenir un hôtel high-tech." L’affirmation devrait rassurer les clients friands du côté cosy du palace.

"Notre maison ne sera pas dénaturée, notre positionnement ne sera pas modifié. Notre envie est de surprendre nos clients habitués. Ils sont en général très bien logés chez eux, nous voulons leur offrir ce qu’ils n’ont pas". Pour voir le résultat, il faudra patienter seize mois.

"Il n’y aura pas un licenciement économique pendant cette période"

Forcément, l’immense chantier lancé dans le palace ouvre un volet social pour les 200 employés en CDI. Mais la direction de l’hôtel se veut rassurante.

"Il n’y aura pas un licenciement économique au Métropole pendant toute cette période de travaux. Nous nous sommes engagés auprès de nos collaborateurs, auprès de l’État. Nous garderons tous nos CDI", confirme Serge Ethuin.

Ces derniers mois, faute d’activité intense, l’établissement n’a pas reconduit les CDD parmi ses équipes. Mais les contrats à durée indéterminée sont maintenus.

"Nous voulons conserver nos talents au Métropole, ce sont eux qui font le succès de l’hôtel. Avec une fermeture longue, nous aurions pris le risque de perdre un certain nombre de salariés qui auraient décidé d’aller ailleurs."

75% du salaire brut maintenu

Concrètement, pendant les deux périodes de fermeture, les 200 CDI vont basculer en chômage technique. Comme il sera fermé, l’hôtel ne peut pas bénéficier du CTTR pour ses employés, dispositif qui court jusqu’au 31 mars.

"Cependant, le gouvernement nous accompagne en partie, pendant les périodes de fermeture, via le processus de CTT qui existe depuis longtemps en Principauté. Il nous permettra de maintenir l’emploi, détaille Serge Ethuin. Et les mesures que nous avons prises vont au-delà de cette aide. Le CTT doit couvrir 70% du salaire brut, nous montons à 75%, tout en maintenant un salaire minimum pour les gens payés à la masse, les avantages sociaux, la part patronale de la mutuelle, et le 13e mois sera versé à 100%."


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