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Non, des chiens ne sont pas morts empoisonnés à Menton

Des publications sur les réseaux sociaux alertent depuis plusieurs jours sur des cas de chiens empoisonnés à Menton. Pourtant, ni la police ni les vétérinaires ne sont au courant.

Margaux Boscagli Publié le 23/09/2021 à 08:50, mis à jour le 23/09/2021 à 10:03
La rumeur a été lancée après qu’une internaute ait évoqué la présence de « boulettes empoisonnés » dans un quartier de la ville. Jean-François Ottonello

C’est une publication, postée la semaine dernière sur un groupe Facebook de locaux et partagée depuis jusqu’à 400 fois, qui a lancé la rumeur. Sur celle-ci, une internaute met en garde quant à la présence de "boulettes empoisonnées pour tuer les toutous" dans le quartier des Sœurs Munet.

"Un labrador est mort et un bébé border est entre la vie et la mort! Alors attention!", alerte l’anonyme sur le réseau social. En commentaires, les réponses de certains habitants intriguent. "Je confirme, j’ai perdu ma chienne la semaine dernière à cause de ça. Si vous trouvez la personne concernée, merci de me contacter", écrit ainsi une jeune femme. "Ah je connais aussi quelqu’un dont le cocker a été empoisonné à proximité des tennis", appuie une autre. Rapidement, les riverains s’emportent. Des chiens sont-ils empoisonnés à Menton?

Aucune consultation chez les vétérinaires

Si la première a bien perdu sa chienne, une staffie âgée de 4 ans "en pleine santé", en début de mois, rien ne confirme qu’il s’agit du fait de "boulettes empoisonnées". Car aucune autopsie n’a été réalisée après le décès de l’animal. "C’est en regardant sur internet avec les éléments que nous avions: vomissements, langue gonflée, rapidité du décès… que nous avons vu qu’il s’agissait d’un empoisonnement. Puis j’ai entendu qu’il y avait plusieurs cas similaires et j’ai vu la publication sur Facebook", explique la concernée.

Pourtant, dans la commune, aucune clinique de vétérinaire n’a eu affaire aux cas décrits récemment. Une seule était au courant de la rumeur qui circule sur le réseau social, après avoir été sollicitée par des clients inquiets. "Les vomissements sont des motifs de consultation fréquents mais il ne s’agit pas forcément d’empoisonnement. Et si empoisonnement il y a, disons avec de la mort-aux-rats, cela peut prendre plusieurs semaines", commente-t-on du côté du cabinet vétérinaire du Careï. Même étonnement au cabinet du vétérinaire Frédéric Mathieu.

 

"Si des chiens étaient morts empoisonnés, je pense qu’on le saurait", estime quant à elle Roberta Renzini, vétérinaire dans le Borrigo. Pour la médecin, ces affirmations sont à prendre avec précaution: « Sans autopsie, on ne peut pas savoir, explique-t-elle. J’ai déjà reçu des clients qui me disaient que leur animal était en parfaite santé, puis on découvrait qu’il y avait un problème à l’intestin, une insuffisance cardiaque… Les signes précurseurs ne sont pas toujours là et un décès brutal peut avoir plusieurs causes: une dilatation de l’estomac, une insuffisance respiratoire…".

Un premier signalement en avril

Au commissariat de Menton, aucune plainte ou main courante à ce sujet n’a été déposée. Mais l’histoire donne une impression de déjà-vu. En avril dernier, un message d’alerte similaire avait été relayé en masse sur un autre groupe Facebook. Ce dernier évoquait ces mêmes "boulettes empoisonnées", dans le quartier du Careï cette fois. Là aussi, la publication avait suscité l’émoi et l’agacement de nombreux riverains. Mais certains habitants étaient déjà sceptiques… "Ce sont des bêtises. Il y a beaucoup de propriétaires de chiens dans le quartier et personne n’a vu ça ou n’en parle à part cette dame", commentait l’un d’entre eux.

Un risque réel

Chocolat, pesticides, raticide, plantes… La liste des produits potentiellement toxiques pour les chiens est exhaustive. Et les symptômes variés. Le risque, pouvant aller de la simple indigestion jusqu’à la mort, étant réel, il est bon de les connaître.

Les signes avant-coureurs les plus courants sont digestifs (vomissement, diarrhée) et nerveux (agitation, tremblements voire convulsions). "L’animal peut paraître amorphe, indiquant que quelque chose ne va pas, mais souvent l’effet n’est pas immédiat, souligne Roberta Renzini, vétérinaire à Menton. Un empoisonnement à la mort-aux-rats, par exemple, provoque une hémorragie dans l’organisme. Cela met donc en moyenne 14 jours."

À l’exception de l’empoisonnement au colchique, une plante mortelle pour le chien, qui entraîne de fortes douleurs et crampes abdominales ainsi que des vomissements "dans la demi-heure qui suit l’ingestion". La présence de sang dans les vomissements est alors un signe qui ne trompe pas.

Offre numérique MM+

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