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Nice : ils ont tout tenté Cette solidarité, c’était beau

Mis à jour le 05/11/2019 à 10:31 Publié le 05/11/2019 à 10:31
L’adjudant-chef Hervé Blanquart avec son chien Ebola, devant Julien Mennenson et Fenzy.

Nice : ils ont tout tenté Cette solidarité, c’était beau

Après 22 heures de lutte, les sapeurs-pompiers ont découvert le corps sans vie de Jacqueline, ensevelie après l’affaissement d’un talus à Nice. Hier, son quartier partageait émotion et colère

Visages graves, uniformes couverts de poussière, les sapeurs-pompiers commencent à quitter la petite rue Sevan, quartier de la Madeleine. Il est 10 h hier. Traits tirés, le lieutenant-colonel Olivier Pauletti s’avance vers les micros et caméras pour annoncer la nouvelle tant redoutée : « La victime a été localisée. Je vous confirme qu’elle est décédée. »

Jacqueline Mampreyan, 71 ans, a enfin été retrouvée au prix d’une nuit d’efforts. Après le passage de la tempête Amélie à Nice, le talus qui jouxte sa maison s’est soudain affaissé dimanche midi. Ces 80 m3 de terre ne lui ont laissé aucune chance.

« J’étais en train de lui parler..., raconte une voisine, bouleversée. Elle a vu la scène. « Je suis rentrée parce qu’avec ce qui était tombé, ça ruisselait de partout. Elle nettoyait sa terrasse, elle enlevait des feuilles. Par la fenêtre, je lui ai dit de rentrer, de faire ça plus tard... Elle n’a pas eu le temps. Elle m’a dit : “Tu passeras tout-à l’heure prendre le café ?” Ce sont ses derniers mots. »

Recherches périlleuses

à cet instant, « des blocs sont tombés, puis tout s’est écroulé ». La voisine a crié, appelé Jacqueline. En vain. Et la course contre la montre s’est engagée pour les pompiers. Il leur aura fallu vingt-deux heures pour dégager le corps de la retraitée. Des recherches intenses, délicates, périlleuses.

« Les sapeurs-pompiers se sont donnés avec cœur pour déblayer la zone, débriefe le capitaine Eric Brocardi, chef de la communication du Sdis 06. Les manœuvres étaient contraintes par les lieux exigüs, la maison étant à flanc de colline. La configuration de la terre, mêlée à des blocs de béton et à de l’eau, a gêné le travail des équipes cynophiles. » à cela s’ajoutait le volume important à évacuer. Et le « risque de suraccident » pour les secours. Quatre glissements de terrain nocturnes en attestent.

Une soixantaine de pompiers a été en permanence à pied d’œuvre, grâce à des renforts venus de toutes les Alpes-Maritimes. Finalement, la retraitée « se trouvait là où l’on avait concentré nos recherches depuis hier [dimanche] midi : derrière la maison, côté talus », constate Olivier Pauletti.

« Important pour eux »

Depuis la veille, la cité arménienne de Nice oscille entre émotion et colère. Voie privée ou pas, certains riverains estiment que la Ville aurait dû se préoccuper de l’entretien du quartier. Hier, 16 riverains n’ont pas réintégré leurs trois maisons respectives. Huit ont été relogés par la Ville, les huit autres ont compté sur leurs proches.

Mais hier, l’heure était au recueillement pour le mari et les deux fils de Jacqueline. Pour « un quartier dans la peine, pour une famille éplorée », dixit le maire Christian Estrosi, venu présenter ses condoléances. C’est pour eux que les pompiers n’ont « jamais lâché », explique le commandant Pauletti. Pour leur rendre Jacqueline, même sans vie. « C’était important pour eux. »

Admirables de dévouement, les sapeurs-pompiers ont bénéficié d’une aide bienvenue. Celle des habitants du quartier. En témoigne Frédéric Bandezian, 38 ans. Vice-président du comité de ce quartier où il a grandi, il est par ailleurs sapeur-pompier volontaire. Deux bonnes raisons de participer aux opérations de secours.

« Je n’étais pas en service. Je suis venu en tant qu’ami de la famille, précise Frédéric. Je connaissais surtout ses enfants. Quand j’ai su que c’était chez elle, je suis allé proposer un coup de main. J’ai demandé si ça ne gênait pas. Mais non, ils avaient besoin de bras. »

En bon connaisseur des lieux, Frédéric décrit une « configuration très, très compliquée. [Les sapeurs-pompiers] ont fait un travail de dingue. Il faut leur tirer notre chapeau ! Ce n’était vraiment pas facile. C’était à flanc de colline : à tout moment, ils pouvaient se prendre le reste… » De son côté, Frédéric a porté des bassines pour évacuer la terre, « avec d’autres bénévoles. Il y a eu un élan de solidarité de tout le quartier. Jeunes, moins jeunes… ça, c’était beau. Vraiment beau ».

Le capitaine Eric Brocardi, du Sdis 06, salue cette « chaîne humaine » qui a facilité l’évacuation des gravats. « Le voisinage a été présent, aussi, pour soutenir l’action des pompiers. Ils ont donné de leur personne. Dans ce genre de situation, l’humain prend tout son sens. »

Eric Schwinn, un riverain, révèle : « Dans ce quartier, c’est un peu comme un village, on se connaît, mais on ne s’aime pas toujours… Mais quand on est dans le souci, on est toujours tous là les uns pour les autres… »

Le président du comité de quartier Codei Madsup, Christian Gagne, évoque lui aussi cet élan : « Il faut tirer notre chapeau aux pompiers. Ils ont été extraordinaires. Ils ont travaillé toute la nuit sans relâche, malgré 4 éboulements successifs alors qu’ils avançaient dans leur opération de secours. Et puis il faut saluer tous les bénévoles, des gens du quartier, des jeunes aussi, qui sont venus spontanément prêter main forte… ça fait chaud au cœur. » Et Véronique, riveraine, de confirmer : « ça fait du bien de voir ça… Il y avait même des jeunes de Riquier et de Cimiez… C’était une solidarité à la hauteur de ce que Jackie était, de ce qu’elle nous donnait… »

Hier matin, les sapeurs-pompiers quittent les lieux, après une nuit d’efforts pour dégager la victime.
Frédéric Bandezian, enfant du quartier et secouriste, a prêté main-forte avec des bénévoles pour retrouver Jacqueline.

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